Elle capte notre regard, intrigue et nous interpelle : depuis quelques semaines, une fresque géante s’étend sur le mur séparant la M35 des abords de la Montagne Verte à Strasbourg. Une œuvre participative de street-art à la fois coup de poing, et coup de force technique, qui nous alerte sur l’urgence climatique. À découvrir.

Visible depuis l’Ill, et courant sur 150 mètres le long du mur antibruit de la M35, on aperçoit depuis quelques semaines un brasier duquel s’échappe un message. « UNE ACTION, UNE RÉACTION, UN CATACLYSME » peut-on lire sur cette peinture murale, dans une typographie stylisée, et empruntée en partie aux Pixadores [mouvement de « graffeurs acrobates » et vandals né à São Paulo, Brésil]. Pour encadrer cet incendie ravageur : deux visages qui nous regardent, et nous interpellent.

© Jean-Paul Verset
© Jean-Paul Verset
© Jean-Paul Verset


Une fresque géante participative

Derrière cette peinture, on retrouve tout d’abord une collaboration entre deux street artistes dont on reconnaît la patte : APAIZ et DeDe La Plume, ainsi que les mots du rappeur strasbourgeois Dah Conectah. Participative, elle s’est par ailleurs faite à plusieurs mains : celles des membres de l’association l’Atelier du Club (ADC) d’une part, et de l’autre, des jeunes du centre socio-culturel de la Montagne Verte, pour dix jours de travail. Un travail colossal pour une œuvre monumentale.

Alertant sur le changement climatique (comme les méga feux qu’elle symbolise ici), cette fresque dénonce l’implication des activités humaines, comme des conséquences de celles-ci sur l’humain. La phrase « Une action, une réaction, un cataclysme » prend un double-sens : on peut tout à la fois être responsable de l’effondrement de notre monde et de sa biodiversité, comme être à la source d’un changement et « d’un grand bouleversement des mentalités et […] de nouveaux modèles de société » écrivent d’ailleurs APAIZ et l’ADC dans une publication sur Facebook.

© Jean-Paul Verset



Si elle a été réalisée en partenariat avec l’Eurométropole de Strasbourg, cette création in situ, respectueuse du lieu dans lequel elle a pris place, inclus et sans recouvrir, les graffitis vandals déjà présents. « Pour rendre hommage à l’histoire du lieu et par respect pour les artistes qui sont intervenus avant [eux] sur le mur », précisent encore APAIZ et l’ADC.

Pour l’observer, deux solutions. De loin, on peut emprunter la voie des eaux, depuis l’Ill ; mais pour la voir de plus près, on troque le canoë contre le vélo, sur la piste cyclable qui la longe.


Pour retrouver les artistes

APAIZ
DeDe La Plume
L’Atelier du Club


© L’Atelier du Club

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