Les yeux rouges, la gorge qui gratte, des éternuements incessants, on l’a bien compris, c’est le printemps. Strasbourg semble peuplé de zombies, infectés par notre propre Mère Nature. Mais le pollen est-il vraiment plus présent cette année ? Spoiler : oui.


Invisible à l’œil nu, le pollen se compose de minuscules grains produits par les plantes pour se reproduire. Et oui parce que c’est toujours bien de le rappeler : le pollen, c’est le sperme végétal des plantes mâles. Et c’est donc ça que le vent transporte et qui atterrit sur nos visages et dans nos poumons.

Les premiers pollens apparaissent chaque année dès le mois de février et provoquent de nombreuses réactions allergiques comme des rhumes, des conjonctivites ou des maux de tête. Et au mois de mai, ce sont surtout les graminées qui envahissent Strasbourg. Référente régionale pollens et coordinatrice du réseau Pollin’air pour ATMO Grand Est, Anne Arounothay confirme qu’il est presque impossible d’y échapper : “On les retrouve pratiquement partout : dans les parcs, dans les champs, à la campagne, dans les arbres, etc.

Et pour observer l’évolution du phénomène chaque année, l’association en charge de la surveillance de la qualité de l’air dans la région a installé huit capteurs dans tout le Grand Est. À Strasbourg, c’est sur le toit des Hôpitaux universitaires qu’il se trouve et il aspire tous les jours 10 litres/minute, un débit d’air qui se rapproche de celui de la respiration humaine. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que ces derniers temps, il n’a pas chômé.

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© Coraline Lafon / Pokaa


Pourquoi on s’en prend plein le nez cette année ?

Le nombre d’arbres ou de végétaux n’a pas subitement explosé à Strasbourg cette année, mais la météo, elle, a clairement pété les scores. Comme on t’en parlait par ici, ce mois de mai a été le plus chaud jamais observé à Strasbourg. Et c’est ce qui explique l’augmentation des pollens dans l’air.

On n’a pas la même météo que l’an passée. L’an dernier, au mois de mai, c’était très pluvieux, humide et frais et à cause de ce temps, les quantités de pollens étaient beaucoup moins importantes. Pour donner un exemple, l’an dernier, sur la semaine du 17 mai 2021 on avait à peine 163 grains de graminées par m³ d’air. Cette année sur la même semaine, on est à 1061 grains par m³ d’air.” détaille Anne Arounothay.

Ce sont donc les températures élevées, le manque de pluie et le temps ensoleillé qui ont eu raison de nos poumons. Les plantes se sont réveillées plus tôt que d’habitude et le vent s’est chargé de déplacer tout ce beau monde jusque dans nos voies respiratoires.

printemps fleurs
© Coraline Lafon / Pokaa


Comment limiter la casse ?

 

Pour épargner au mieux les personnes allergiques ou soi-même si on est concerné, Anne Arounothay conseille à toutes celles et ceux qui ont un jardin de tondre leur pelouse régulièrement.

Mais aussi d’éviter d’étendre son linge dehors, car les particules se déposent sur les vêtements. Et pour éviter de ramener l’ennemi à la maison, mieux vaut également se laver les cheveux le soir et les vêtements portés au cours de la journée.


De plus en plus de personnes allergiques 

Ces dernières années, le nombre de personnes touchées par les allergies ont considérablement augmenté :En 1968 on avait 4% de la population qui était allergique. Et aujourd’hui dans les années 2020, c’est entre 20 et 30%.indique la référente régionale pollens ATMO Grand Est. Cette hausse est due à plusieurs facteurs parmi lesquels ont retrouve, sans grande surprise, le réchauffement climatique comme on vous l’expliquait un peu plus haut. 

Mais la pollution atmosphérique aggrave également les symptômes allergiques. “Certains polluants vont abîmer la paroi des grains de pollens, les casser et ces fragments de pollen sont tout simplement plus petits et vont pénétrer dans les voies respiratoires beaucoup plus facilement. Il y a aussi des polluants chimiques qui sont même capables de modifier la structure du pollen et le rende beaucoup plus allergisant.” complète Anne Arounothay.

Et si pour le moment, les mêmes types de pollens sont observés tous les ans à Strasbourg, la référente régionale n’exclut pas que de nouvelles plantes typiques du sud fassent leur apparition à l’avenir, comme l’olivier. Et ajoutent ainsi leur semence à celles habituellement propagées.

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© Hugo Favre Napoli / Pokaa

2 COMMENTAIRES

  1. Bonjours, allergique non standards depuis la naissance, je vie avec une page A4 d’allergies depuis 25 ans, les pollens étant exclus de cette liste, la raison est très simple, mon père est apiculteur.
    Un antidote naturel à cette sensibilité au pollen réside dans chaque miel produit à partir des végétaux responsable de la présence de pollen dans l’air.
    Faites moi confiance, prendre l’habitude de consommer un miel LOCAL chez un apiculteur qui propose un miel non transformé est la meilleure armes que vous trouverez face aux pollens ( deux tartines le matin et la journée est plus douce )

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