Après une prise de conscience de son impact environnemental et de sa responsabilité, le bailleur social Batigère, basé à Strasbourg, s’est fixé un objectif : rendre ses logements plus vertueux et moins gourmands en énergies. On a essayé d’en savoir plus.



Avec plus 4,5 millions de logements sociaux en France, les bailleurs sociaux font partie des acteurs majeurs du logement : “En tant que bailleur, on a un rôle dans la société assez important”, constate Raphaël Dufraisse, responsable du développement immobilier du groupe Batigère en Alsace. Conscient du nombre de logements dont il a la charge, le bailleur a en effet réalisé l’importance de ses choix en termes d’environnement : “Je pense qu’il y a une prise de conscience des bailleurs de leur impact environnemental, du fait qu’on a un rôle à jouer dans la transition écologique.” Et d’ajouter : “En termes de dépenses énergétiques et de pollution, le logement représente une grosse part, dans la construction ou l’entretien. On ne peut pas ne pas agir, on a une responsabilité sur ce qu’on va laisser aux générations futures ”. 

En 2018, le secteur résidentiel était, en effet, à l’origine de 13% des émissions de CO2 en France. C’est notamment la production et la consommation d’énergies qui est responsable des émissions de gaz à effet de serre, avec principalement un coupable : le chauffage. Celui-ci représentait, à lui seul, 66 % de la consommation d’énergie des ménages en 2016, selon le CEREN. Les qualités techniques des logements, telles que l’isolation ont donc un impact direct sur la quantité de ces émissions.

Moins d’énergie consommée c’est aussi de potentielles économies : “Nous notre objectif c’est d’avoir des bâtiments qui sont environnementalement performants, ce qui a l’avantage de réduire l’empreinte carbone mais aussi de réduire les charges des locataires. Le logement c’est un des premiers postes de dépense des familles entre la location, les charges, l’énergie…Selon l’INSEE, le logement représentait, en effet, pas moins de 16,3% des dépenses des ménages français en 2017, s’imposant ainsi comme le deuxième poste le plus important juste derrière le transport. Un chiffre qui monte jusqu’à 22,1% chez les 20% de ménages les plus modestes, dépassant toutes les autres postes de dépense.

© Groupe Batigère / Document remis


Rénover au cas par cas

Pour atteindre ses objectifs, le groupe Batigère agit sur deux plans : la rénovation énergétique et la construction de nouveaux logements. Dans tous les cas, la réduction énergétique passe en partie par l’isolation des logements : “Plus on isole, moins on consomme d’énergie. Et même si l’isolation est parfaite, il faut malgré tout que l’air puisse sortir et il y a quand même besoin d’appareils électriques”. L’autre fer de lance du bailleur, c’est donc la source des énergies consommées. “La deuxième marge de manœuvre, c’est d’aller vers les énergies renouvelables, même si cela amène d’autres problématiques. Met-on des panneaux photovoltaïques, des chaufferies collectives ? Ces équipements coûtent chers et demandent de l’entretien.

© Mathilde Cybulski / Pokaa

Le groupe agit tout d’abord grâce aux travaux de rénovation énergétique sur d’anciens bâtiments. “On a de gros projets de réhabilitation thermique. Ce sont parfois des passoires énergétiques”, constate Raphaël Dufraisse.

Alors que le programme Climaxion se met en place dans le Grand Est, le groupe Batigère se prépare en effet à réhabiliter ses logements dont la classe énergétique est la moins bonne. “Chaque bâtiment est étudié au cas par cas pour voir comment peut-on faire baisser sa dépense énergétique, en fonction des contraintes. L’isolation par l’extérieur n’est pas toujours possible, par exemple si un bâtiment est classé aux Architectes et Bâtiments de France (ABF), mais l’isolation par l’intérieur peut réduire la taille des logements”, explique le responsable du développement immobilier. Des rénovations sont actuellement prévues à Molsheim et Entzheim. “On a décidé de les isoler par l’extérieur, de changer les fenêtres, les portes mais aussi de changer les radiateurs et les ballons d’eau chaude.

Véritable enjeu de société, le sujet ne concerne d’ailleurs pas uniquement les bailleurs mais bien tous les acteurs du logements, incités à réhabiliter leurs logements. Différents programmes, notamment à l’échelle locale voient ainsi le jour. C’est le cas, par exemple, du Programme d’Intérêt Général (PIG) mis en place par l’Eurométropole de Strasbourg et l’Agence nationale de l’habitat (Anah). Les aides de ce dernier ont en effet pour objectif l’amélioration de l’habitat ancien.


Financer la transition écologique

Le groupe Batigère agit quant à lui également à la source, lors de la construction de nouveaux logements. “Il y a déjà un environnement législatif particulier chez les bailleurs, explique-t-il. L’État nous impose de rénover les logements mais nous impose aussi des normes assez dures dans la construction neuve.” Le groupe a ainsi élaboré un cahier de conception, tentant de devancer les normes qui progressent rapidement. “À Reichstett on vient de terminer le premier bâtiment passif, en construction neuve. Il produit plus d’énergie qu’il n’en consomme. Il a par exemple des panneaux photovoltaïques sur le toit, du soufflage d’air chaud et pas de radiateur avec une chaufferie à bois dans la ZAC de Reichstett.

rivétoile immobilier
© Hugo Favre – Napoli / Pokaa

Le groupe se préoccupe aussi des extérieurs : “Il faut que nos locataires aient moins de charges et vivent dans un meilleur environnement. On cherche aussi à améliorer tout ce qui est espaces verts. Nous avons une grosse réflexion sur les arbres à planter pour créer des îlots de fraîcheur, pour le rafraîchissement des villes et la qualité de vie des locataires.

Malgré tout, selon Raphaël Dufraisse, la transition n’est pas si facile. “On sent bien qu’il y a une véritable volonté des bailleurs d’y aller mais il y a quand même des freins : que ce soit le coût des travaux ou les problématiques qui se posent en termes de réalisation, détaille-t-il. Ce qui marche bien par exemple c’est la ventilation double flux mais avec les crises sur les micro-processeurs et les matières premières, les électriciens n’ont plus de stock. Certains bâtiments sont aussi plus difficiles à rénover. On est liés à l’avancée industrielle, aux coûts des matériaux et même à l’environnement politique.

Malgré tout le responsable du développement immobilier est confiant : “ Au fur et à mesure les normes vont se durcir et nous, nous allons encore nous améliorer.

© Groupe Batigère / Document remis

*Article soutenu mais non relu par Batigère

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