Le 7 mars dernier, une petite révolution s’opérait dans le monde du cinéma strasbourgeois. En effet, après 30 ans sous le même gérant, l’Odyssée située rue des Francs-Bourgeois changeait de mains. L’association du Troisième Souffle remportait la délégation de service public et devenait ainsi gérante du cinéma pour une durée de 5 ans. Nouveau nom, nouvelle programmation et même nouveau bar, les lieux vont bientôt changer. On fait le point.



« On est à un moment important pour le cinéma et l’audiovisuel ». Jeanne Barseghian n’y va pas pas quatre chemins pour ouvrir la conférence de presse relative au nouveau projet de cinéma municipal ce lundi 11 avril. La maire de Strasbourg et sa municipalité ont en effet fait bouger les choses concernant leur cinéma, situé rue des Francs-Bourgeois en plein centre-ville. 

© Pokaa


Le Cosmos, un cinéma « ouvert sur la Ville »

Premier changement : le nom. Alors que pendant 30 ans, l’Odyssée nous faisait voyager, désormais ce sera au Cosmos de mettre de l’ordre dans notre univers. Un nom qui, selon Till Zimmermann, président du Troisième Souffle, représentera bien l’objectif du cinéma : « Le cosmos n’a pas de centre, c’est tout le temps en mouvement, ça change. Il a des choses grandioses et des choses plus discrètes. Le cosmos inclut tout le monde. C’est un renouveau, mais pas non plus un big bang. C’est à la fois simple et complexe ». Pour l’instant, on part davantage sur du complexe, niveau explications.

Quoiqu’il en soit, le Cosmos souhaite être « un cinéma généreux ouvert pour les habitantes et les habitants », comme le détaille Jeanne Barseghian. Sur le papier, il aura ainsi à cœur de mettre en avant la question de l’éducation à l’image, dans tous les quartiers de Strasbourg et pas seulement le centre-ville. En effet, l’équipe du Troisième Souffle souhaite « construire de nouvelles relations avec le public ». Le tout, afin de « créer un cinéma qui nous ressemble et qui rassemble ». Comme marraine et parrain, le cinéma aura pour sa première saison la réalisatrice Rachel Lang et Alain Della Negra, réalisateur et enseignant à la HEAR .

© Mathilde Piaud pour Pokaa


Une programmation « co-construite »

Lors de la conférence de presse, le Troisième Souffle a également annoncé que l’association se transformera cet été en coopérative, avec 14 personnes, dont la plupart viennent du domaine culturel et de la restauration. Cet aspect de coopération influencera d’ailleurs sur la programmation, que la future équipe souhaite « co-construite et montée avec tous les acteurs ». Partant du principe que « la proposition de films ne suffit plus à contenter la clientèle », le Troisième Souffle veut ainsi proposer quelque chose de différent.

Lors de la conférence de presse, peu d’annonces concrètes ont été dévoilées. Néanmoins, on peut mentionner le fait que la programmation se déclinera en cycles d’une durée de trois à quatre semaines autour de deux axes : le cinéma comme un art et le cinéma comme témoin des enjeux sociétaux en cours. Le Troisième Souffle a à ce sujet évoqué des thématiques comme l’immigration ou les mouvements LGBTQI+. On peut également noter des idées d’événements, comme une rentrée cinématographique locale, ou encore des cartes blanches aux réalisatrices et réalisateurs invité(e)s. Le tout, dans un objectif de 3 300 séances par an, soit environ neuf séances par jour. Pour un prix que l’association souhaite garder abordable, soit un plein tarif à 8 euros, 2 euros 50 pour les séances jeunes publics et un tarif réduit à 5 euros, disponible selon des critères pas encore fixés, ou sur un carnet de 10 tickets. 

© Nicolas Kaspar/Pokaa


Un nouveau bar

Dernière nouveauté, le bar change lui aussi de nom. Désormais, le Café de l’Odyssée s’appellera le « Bardu ». Dans ce nouveau lieu, on pourra trouver de la bière, du vin et de la petite restauration, dans une démarche responsable quant au type de produits utilisés, avec un périmètre maximum de 200km pour les producteurs et maraîchers choisis. Le bar aura également un objectif de zéro-déchet, sans que plus de détails soient donnés. Enfin, il souhaitera également organiser des expositions, avec des artistes locaux.

Toutes ces nouveautés passeront évidemment par des travaux, qui ont débuté ce lundi 11 avril. À hauteur de 850 000 euros, ils devront redonner une fraîcheur au hall d’entrée et au bar, mais surtout veiller à garantir l’accessibilité pour les personnes en situation de handicap ainsi qu’une mise en sécurité, en remplaçant les équipements techniques vétustes. Les travaux devraient se terminer fin d’année 2022, ce qui amènerait à une ouverture prévue pour début 2023.

Pour les cinq prochaines années, un nouveau cinéma municipal va donc s’implanter dans la vie des Strasbourgeoises et Strasbourgeois. Une vraie opportunité de faire du cinéma municipal une place forte de la création, de l’originalité et de la culture strasbourgeoise. Selon Jeanne Barseghian : « On a assisté à la naissance du Cosmos ». En espérant qu’en 2023, on pourra se plonger dans son univers. Qui reste, pour le moment, encore nébuleux.

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