Bienvenue dans le Jardin d’Elisa K : de délicates créations végétales d’une artiste en herbe et de nature passionnée. De son vrai nom Elisabeth Kiertzner, cette Strasbourgeoise de 52 printemps, à la double-nationalité hongroise – une identité à laquelle elle tient – a d’abord été musicienne. Une sensibilité artistique qu’elle tient de son enfance dans un univers bercé de musique classique. Après une première vie de prof de piano, de chant choral, et cheffe de chœur, elle change de cap professionnel pour rejoindre, aujourd’hui, le monde des assurances. En 2019, alors sans-emploi et en pleine remise en question, elle profite de ce temps pris pour elle pour se ressourcer dans la Nature. Découverte d’une artiste à la main verte, exposée en ce moment au Thé des Muses jusqu’au 2 février.


Amoureuse depuis toujours des plantes, concevant des herbiers « depuis gamine » et collectionnant, petite, les images des magazines, c’est très naturellement qu’elle s’est mise à en faire des assemblages, des collages. Fascinée depuis toujours par « l’esthétisme, les couleurs, la beauté, l’harmonie », et aimant « partager ce qu'[elle] voit » – de ses photographies de randonnées à ses découvertes artistiques –, ce nouveau projet porte bien son nom : « À fleur d’âme ».

« Epanouissement floral » © Elisa K

C’est en mars 2020 quand soudain, le monde s’arrête brusquement au premier confinement, qu’elle saisit les quelques instants de liberté que lui procurent ses balades dans la Nature pour glaner des feuilles, des fleurs, et s’atteler à cette nouvelle passion. Des heures d’évasion qui ont nourri sa création.

« […] Les grands rêveurs ont, dit-on, la tête dans les nuages, les personnages d’Elisa K semblent l’avoir dans les fleurs. « Designer végétal», elle se réalise dans la série « A Fleur d’Âme » en enveloppant ses sujets de fleurs et de plantes pour nous faire rêver de nature et nous rappeler que nous sommes de la même espèce : le Vivant ! […] », lit-on en présentation de son travail, qui était exposé en janvier dernier au Thé des Muses. Une première pour cette artiste plasticienne en pleine floraison, qui se réjouit de continuer à faire vivre, ailleurs, ses œuvres. Car ces dernières, nées de cette période particulière, entre confinements à répétition et reconstruction personnelle, ont agi comme une thérapie. En sont sortis une trentaine de tableaux !


Explorations urbaines et biodiver-cité

Si les plantes récoltées par Elisa K sont des témoignages des saisons et états d’âme qu’elle a traversées ces deux dernières années, elles le sont aussi de la nature qui l’entoure : toutes viennent de Strasbourg exclusivement. Des récoltes hasardeuses de plantes sauvages, trouvées ici ou là lors de ses balades citadines, dans les périmètres qui lui étaient alors autorisés. Des petites perles coincées entre deux trottoirs, ou glanées à l’Orangerie, au Jardin Botanique… Exceptés les géraniums de son balcon.

« Apparition furtive » © Elisa K

Avec ses tableaux, elle désire montrer la beauté ce que l’on croit être de vulgaires « mauvaises herbes », et valoriser la biodiversité de notre cité. « Loin de moi l’idée de voler des plantes dans un jardin », précise-t-elle : elle ne ramasse que ce qui est à terre, les feuilles qui tombent, les indésirables que l’on ne voit pas ou plus. Et parfois, quand le hasard fait bien les choses : elle récolte dans les parcs les déchets des jardiniers municipaux, avec leur accord, lorsqu’elle arrive au bon moment. Et bien que 2020 nous ait gâté d’un printemps radieux, elle fut surprise de découvrir que ce fut davantage ses trouvailles automnales et hivernales qui lui ont réservé le plus de couleurs.

Une fois rentrée chez elle, pour les faire sécher et durer, elle pose ses récoltes végétales délicatement dans de lourds ouvrages – de gros Larousse récupérés, entre temps, à Emmaüs. Comme avec ses herbiers d’enfant, elle expérimente avec parfois, des ratés : des plantes qui perdent leurs couleurs, qui se fragilisent ou moisissent.

Elle y voit « un art éphémère, assez aléatoire », et se dit que même sous verre, leur vie continuera probablement : « les plantes décideront de comment elles veulent évoluer ». Ainsi mêlées à jamais à ces visages encadrés par ses soins, les mots qu’elle écrit pour présenter son exposition prennent alors tout leur sens : « Je souhaite montrer le prolongement de l’être humain dans la nature dont nous sommes tous issus et où nos poussières se fondront à jamais ».



Le Jardin d’Elisa K sur Facebook


© Elisa K

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