Parce que l’Alsace regorge de sportives et de sportifs et parce que certains sports ne bénéficient pas d’une médiatisation suffisante, Pokaa continue sa série de portraits sur les clubs qui représentent notre région au niveau national. Aujourd’hui, présentation de la section futsal du FC Kingersheim, qui défend les couleurs de l’Alsace en première division française.

Lorsqu’on était enfants et qu’on jouait au foot, la saison hivernale signifiait souvent que l’on rentrait dans des gymnases, pour pouvoir continuer à jouer sans trop avoir froid. On pratiquait alors du foot en salle, ou futsal. Une sorte de football aux règles de handball, en cinq contre cinq. En plus technique, mais également en plus physique. Un tremplin pour de nombreux joueurs professionnels de football, dont Ronaldinho, Neymar, Xavi, ou encore Mohamed Salah. En France, Wissam Ben Yedder est passé notamment passé par l’école du futsal.

Jusqu’à présent néanmoins, l’Alsace n’avait pas de club de en première division nationale dans le domaine du futsal. Les choses ont désormais changé. Pour en comprendre la raison, il faut regarder du côté du Haut-Rhin, et plus précisément de Kingersheim. Une commune qui possède en effet une section futsal en D1, soit le plus haut échelon national.

Un joueur de l'équipe du FC Kingersheim futsal en pleine lutte avec un joueur adverse
© Rom Djé Photographie – Document remis


Le FC Kingersheim, section futsal : un joli parcours de copain

Créée en 2015, la section symbolise le parcours de quelques copains qui ont cru en un projet, selon Jawad Belaïnoussi, entraîneur de la section : « Monsieur Salim Dridi, le manager général, avait joué dans différents clubs de la région au plus haut niveau. Il a voulu faire sa propre section et s’est attaché au FC Kingerhseim, qui lui a ouvert la porte. À partir de 2015, il a mobilisé des copains à lui avec qui il avait pu jouer, et ils on construit cette équipe ». De son côté, Jawad Belaïnoussi se greffe au projet en 2017.

Très vite, la bande de copains cartonne au niveau régional, enfilant les buts comme des perles. Championne dès l’année de sa création, elle dispute les barrages d’accession au niveau national. N’ayant pas peur de sauter quelques étapes, elle les réussit et accède donc en deuxième division nationale. Le tout, en moins de neuf mois. Un apprentissage aisément maîtrisé : « À partir de là, le club participe au championnat de France de D2. Et dès la première saison à ce niveau on finit deuxième. Sur les années suivantes, on finit encore deuxième ou premier ex-aequo ».

L'équipe du FC Kingersheim futsal
© Mikaïl Akinci – Document remis


L’exigence du haut niveau

Finalement, lors de la saison 2020-2021, interrompue pour cause de Covid, la section réussit à monter en première division. Tout de suite un autre niveau : « L’apprentissage n’est pas facile parce que c’est un autre monde. Il y a un tel écart entre la D2 et la D1. On a en plus perdu pas mal de joueurs sur le mercato estival ». Un apprentissage difficile qui se retranscrit au classement puisque, pour le moment, la section pointe à la dernière place du championnat. Néanmoins, Jawad Belaïnoussi est loin de se décourager :« On fait en sorte de travailler chaque jour à l’entraînement pour effectuer le maintien cette année. Ça doit être une année de transition pour se structurer sur les prochaines saisons au niveau sportif. »

Il faut dire qu’en plus de la difficulté du très haut niveau, le futsal en lui-même se révèle très exigeant : « Il faut des qualités physiques, une bonne VMA, un bon cardio. On est sur de l’explosivité, des courses rapides. Il faut avoir des qualités techniques, mais également tactiques. En fait, plus on monte de niveau, plus la tactique est primordiale ». Une exigence qui demande beaucoup sur le plan mental : «  Évidemment, le mental a une grosse place dans ce sport, dans le sens où l’on est beaucoup sur des transitions attaque-défense. C’est difficile mentalement d’enchaîner de tels retours, tout en sachant garder une certaine lucidité, même quand on tire sur la corde. Pour pouvoir encore courir trente secondes ou une minute en plus, ce qui fait toute la différence en futsal, il faut avoir un sacré mental ».

© Mikaïl Akinci – Document remis


Le futsal, un sport qui prend de l’ampleur

Grâce à ses succès, la section futsal permet de mettre son sport un peu plus en valeur en Alsace : « On a ramené pas mal de joueurs internationaux, qui ont mis un coup de projecteur à la région et à la pratique du futsal ». Son objectif désormais ? Emmener avec elle tous les autres clubs de la région. « On essaye d’être une locomotive pour l’Alsace. D’autres clubs alsaciens sont en D2 nationale, comme Neuhof et Pfastatt. Nous, on se doit d’être exemplaires, pour essayer de tirer tout le monde vers le haut. » Une volonté de la jouer collectif, afin que tout le monde y trouve son compte, et puisse progresser.

Cette évolution s’accompagne de celle du futsal, qui prend davantage d’ampleur au niveau national. Cela débute chez les jeunes, de plus en plus attirés vers ce sport : « C’est le plus pratiqué dans l’UNSS, le sport scolaire et universitaire. Les ligues s’aperçoivent donc qu’il existe un vivier, et il ne faut pas les perdre ». Au-delà, cette montée en puissance du futsal passe également par l’apparition de contrats fédéraux dès l’année prochaine, sécurisant un peu plus financièrement les joueurs. Et permettant ainsi la professionnalisation du sport. Enfin, il devient de plus en plus important médiatiquement : « Au niveau national, on voit des articles qui apparaissent de plus en plus dans la presse. La D1 de futsal est même désormais diffusée sur une plateforme. On peut donc suivre son club, ainsi que tous ses matchs. En plus, c’est un outil qui nous permet à nous, entraîneurs, de travailler sur l’aspect vidéo. »

Un joueur de l'équipe du FC Kingersheim futsal en pleine action
© Rom Djé Photographie – Document remis


Un rôle à jouer dans la société

Désormais, au niveau du projet sportif, la section futsal du FC Kingersheim souhaite se maintenir en première division. Tout comme continuer son travail de formation des jeunes et développer son équipe féminine. Au-delà de tout cela néanmoins, elle souhaite encore plus s’impliquer sur le terrain social et associatif : « Notre devoir à nous est d’aider les personnes dans le besoin. On fait des actions au niveau des maraudes avec l’asso Collectif Pour Plus Tard. Une fois par mois on récupère des denrées alimentaires et on les met à disposition des SDF de la ville de Mulhouse. On échange avec eux et on essaye de trouver des solutions ». Ils réalisent également des actions avec les centres sociaux de la ville de Mulhouse, prônant l’intégration par le futsal. Une réussite, puisqu’un jeune de 18 ans, rencontré de cette façon, a depuis intégré l’effectif de l’équipe.

Leur travail ne s’arrête pas là, puisque la section futsal va également à la rencontre d’un public en situation de handicap : « On joue avec eux au billard, à la console ou au baby-foot. Il est important dans cette période de donner de notre force et d’échanger avec des personnes qui ont connu des difficultés par le passé. Ce sont en plus nos premiers supporters, donc on veut maintenir tous ces liens-là. Ça nous permet de garder les pieds sur terre ».

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