Les théâtres profitent souvent de l’été pour mettre en pause leurs saisons avant la reprise à la rentrée… Mais ayant été plus confinés que nous ne l’avons nous-mêmes été – avec 8 mois de fermeture forcée – ceux-ci ont dû s’adapter, une fois encore. À l’instar du Maillon qui prolonge sa saison jusqu’en juillet. Du 2 au 4, avec Falaise, un spectacle poétique et acrobatique qui nous faisait déjà de l’œil en septembre dernier, accessible à partir de 10ans. Et du 16 au 18, une œuvre participative, gratuite, où se dérouleront des rencontres, des performances et des ateliers ouverts à tous : ARK. Une arche géante où se réfugier seul, mais surtout à plusieurs. À Strasbourg, la saison théâtrale sera estivale !



Le vertigineux Falaise : huit humains, un cheval et des pigeons sur scène

« Dans un monde qui tombe en miettes, Falaise fait naître des tableaux oniriques magnifiés par les corps et les voix, par l’humour du clown et la poésie du chant. » lit-on dans le programme. Deuxième partie d’un diptyque nommé Là, sur la falaise – créé par la compagnie franco-catalane Baro d’evel en 2018 – Falaise nous livre la vision d’un monde sombre, « au bord du gouffre », où l’humain est menacé de se faire absorber par le silence et le vide.



On dit souvent que rien n’est tout noir ou tout blanc, et Falaise, et son écriture en bichromie n’y fait pas exception. Quand le noir raconte la fin et l’oubli, le blanc nous parlera parfois d’espoir, dans un dialogue en deux couleurs qui se décline à l’infini : « Le noir et le blanc doit donner à ressentir les basculements subtils entre équilibre et déséquilibre, le choix du noir et du blanc c’est chercher l’épuré mais aussi chercher autour de la contagion mutuelle de ces deux couleurs, rendre palpable l’impasse d’un certain manichéisme, tout est lié, tout est relié, tout bouge tout se transforme. »

© Baro d’evel



Sur scène : de la danse, du cirque, du chant mais aussi des animaux, avec lesquels les artistes entrent en conversation dans une partition qui laisse place à l’improvisation. Prévu pour février, le spectacle s’est vu reprogrammé en juillet. Joie dans les cœurs, le Baro d’evel viendra donc bien avec sa troupe, ses pigeons et son cheval blanc, taper du sabot sur la scène du Maillon.

Quand ?
Du 2 au 4 juillet
Vendredi 19h, samedi et dimanche 18h
[L’événement Facebook]
+ d’infos par ici





ARK : cet été, montons à bord de l’arche du Maillon

Et si l’on se réfugiait au Maillon ? Du 16 au 18 juillet, le théâtre accueillera un projet collaboratif, participatif et accessible gratuitement au public strasbourgeois : ARK. Une arche géante, où l’on pourra se (re)poser, lire, converser, débattre du monde, ou manger le midi. Un espace de rencontres et d’échanges, après des mois passés à vivre distancés des uns des autres. Un projet qui réfléchit au vivre ensemble, à une époque où l’autre est trop souvent perçu comme un étranger.

Conçue dans le cadre de Moving Borders – un réseau de sept salles et lieux d’art européens – en réponse à la résurgence des nationalismes au sein de l’Europe, ARK se déplace d’une ville à l’autre. D’Athènes, à Dresde, en passant par Mülheim an der Ruhr, Porto, Utrecht, Varsovie ou ici, Strasbourg, cette arche itinérante crée un pont entre les cultures, les villes et les citoyens. Elle se construit in situ, en s’adaptant à son lieu d’accueil et aux dynamiques de sa ville-hôte.

© Atelier Poste 4



Pour la nôtre, c’est au cœur du Maillon que cette installation éphémère et modulable s’installera, construite et animée par des artistes français (Leyla-Claire Rabih, Antoine Cegarra, Élise Simonet et Mathilde Mertz) en collab’ avec la compagnie britannique Quarantine à l’origine du projet et des étudiants en scénographie et illustration de la Hear. Pour Strasbourg, ville européenne et transfrontalière, à la croisée des cultures, il s’agira de penser l’expérience de l’internationalité. Dans cet « espace de vie à la croisée de l’atelier de construction, de la salle de classe alternative, de l’agora, de la caverne et du terrier », les Strasbourgeois pourront s’arrêter un temps, et réfléchir, ensemble, à la question de « que devrions-nous sauver » dans notre arche, notre ARK strasbourgeois ?

Quand ?
Vendredi 16 et samedi 17 juillet
18h à 22h30
Dimanche 18 juillet
11h à 17h30

Performance / installation en accès libre
+ d’infos par ici


Le Maillon, Théâtre de strasbourg – scène européenne
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Fanny Soriano

*Article soutenu mais non relu par Le Maillon

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