Accueillir un jeune au sein de leur foyer pendant un an, c’est le pari que de nombreuses familles alsaciennes font sous l’impulsion de l’association Foyer Notre Dame et de son dispositif Réseau Accueil Solidaire. Spécialisée dans l’accueil et l’accompagnement de jeunes, de demandeurs d’asile et de réfugiés, la structure est encore à la recherche de nouvelles familles d’accueil cette année.




Porté par l’Association Foyer Notre Dame, le Réseau d’Accueil Solidaire est un dispositif qui met en lien des mineurs et des familles d’accueil bénévoles. Ces jeunes qui sont arrivés en France sans leurs parents sont entre 13 et 16 ans et ont automatiquement pris en charge par la CEA (Collectivité Européenne d’Alsace) et le service de protection des mineurs. Après avoir connu un parcours de vie difficile, être accueilli au sein d’un foyer peut s’avérer décisif pour ces jeunes qui tentent de se faire une place dans un pays dans lequel ils n’ont pas grandi.

Originaires principalement d’Afrique de l’Ouest, d’Afghanistan, du Pakistan, du Bangladesh, de l’Europe de l’Est et du Caucase, ces jeunes ont leur famille au pays. Le but du dispositif, « c’est vraiment proposer une immersion culturelle et une prise en charge du quotidien, offrir un climat familial chaleureux, le gîte et le couvert.«  indique Élodie Maillot, cheffe de service Réseau Accueil Solidaire. Pour les familles prêtes à franchir le pas, c’est une expérience pleine de richesses et une belle rencontre qui les attend. 

© Tamara Leroy / Pokaa


6 jeunes déjà placés et 6 jeunes encore à la recherche d’une famille

Le Foyer Notre Dame est à la recherche tout au long de l’année de familles situées dans le Bas-Rhin pour loger de jeunes migrants. « Depuis le Covid, on a des difficultés à recruter des familles. » regrette Élodie Maillot. Actuellement, six jeunes entre 13 et 16 ans ont déjà été placés en Alsace et six autres attendent encore de trouver une famille.

L’objectif du Réseau Accueil Solidaire, c’est de trouver le jeune et la famille qui se correspondront le mieux : « On ne travaille aucun accueil dans l’urgence, on prend le temps, on veut que les choses soient soignées. Mais il faut savoir que ce sont quand même des gamins qui ont la pêche, qui sont volontaires, qui ont une soif de vivre assez incroyable. Ce n’est pas du tout le même profil que les ados qui ont grandi en France. Ils sont là pour avoir une deuxième chance dans la vie et s’y accrochent fortement. » Pour une famille dont les membres travaillent beaucoup et ne sont pas là de 7 h à 19h par exemple, le dispositif va plutôt proposer à un jeune plus autonome d’y emménager : « Il faudra qu’il aille en cours tout seul. Après, ce sont des jeunes qui ont traversé la moitié du monde à pied, donc pour beaucoup, ce n’est pas un souci. » D’autres sont plus petits et ont besoin de se sentir inclus dans une fratrie. On leur proposera donc plutôt une famille avec d’autres enfants.

Dans l’idéal, il est préférable que la famille dispose d’une chambre individuelle qui sera réservée au jeune. « Il faut aussi avoir une certaine disponibilité, parce que ce sont des jeunes scolarisés et comme tous les enfants, il faut suivre leur scolarité. Donc pas d’obligation particulière, mais il faut être disponible pour lui comme on le serait pour ses propres enfants. Le premier critère, c’est avant tout la motivation, l’envie de découvrir l’autre et de partager.«  précise Élodie. Tout type de famille est accepté, avec ou sans enfants, famille monoparentale, jeunes parents, retraités, etc.


Comment ça se passe ?

Évidemment, la famille est accompagnée tout au long de l’année. Cinq travailleurs sociaux et une juriste restent à ses côtés et auprès du jeune notamment pour assurer un suivi au niveau de la scolarité, de la santé et d’un point de vue administratif. La famille est également soutenue financièrement afin de subvenir aux besoins du jeune. La CEA verse 374 euros par mois pour l’hébergement, l’électricité et la nourriture et l’association fournit de l’argent de poche et apporte son aide pour les loisirs, ou encore le remboursement d’autres frais comme des cours de musique ou des équipements sportifs. « Nous, on s’adapte au degré d’implication souhaité par la famille. Une à deux visites par mois sont prévues dans les familles et on garde un lien téléphonique en permanence. » explique la cheffe de service Réseau Accueil Solidaire.

Pour les familles bas-rhinoises intéressées, il faut remplir un dossier via le site internet, suite à quoi un entretien, une visite à domicile et un rendez-vous avec un psychologue du conseil départemental seront organisés. Les accueillants qui le souhaitent pourront aussi renouveler l’expérience chaque année, jusqu’à ce que le jeune soit majeur.

Pour obtenir plus d’informations sur le sujet ou bien se proposer en tant que famille d’accueil, c’est par ici !

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