Ah l’amour… Les étincelles, les papillons dans le ventre et les étoiles dans les yeux. Les rencontres à des soirées, via des amis communs, au travail ou via les réseaux. Les premiers rendez-vous tant attendus au cinéma, au resto, au bord de l’eau. Les longues nuits l’oreille scotchée au combiné, à échanger nos secrets, nos visions de la vie. Les journées à se contenter d’amour et d’eau fraîche. Malheureusement, les restrictions actuelles ne jouent pas en faveur des grands romantiques. Nous sommes nombreux à nous sentir découragés dans notre quête de l’âme sœur. Pourtant, pour certains, la situation sanitaire n’a pas été un frein. Nous sommes allés à la rencontre de ces couples qui se sont créés ou renforcés grâce au confinement. De quoi panser les plaies de nos cœurs endoloris et re-motiver tous ceux qui sont en quête du grand amour, malgré la pandémie !

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« Avec l’absence de contacts physiques, il y avait moins de pression. »

C’est en tout cas le ressenti de Julien*, qui rencontre Charlotte* via une application de rencontre pendant le premier confinement. Le feeling s’installe et comme ils résident à proximité l’un de l’autre, ils profitent de leur sortie quotidienne pour se rencontrer et se balader ensemble plusieurs fois. « Il n’y avait aucun contact physique, on respectait strictement les règles. Et c’était agréable de se voir sans cette appréhension de « Est-ce que ça va se passer ? Est-ce qu’il faut que je l’embrasse ? Que je fasse le premier pas ? » ». Ce n’est qu’une fois le confinement levé que Julien et Charlotte se sont autorisés à sortir boire un verre dans un bar, et dîner l’un chez l’autre. « C’était bizarre. On a réalisé qu’en temps normal, se rencontrer autour d’un verre c’est le premier rendez-vous classique, ce que nous avons fait bien plus tard. C’est comme si on avait fait tout dans un ordre différent ».

© Yaël Becker

L’absence de pression, c’est aussi ce dont avait besoin Célia : elle sortait d’une longue histoire peu avant le confinement de mars 2020, et avait juste envie de se ressourcer, de penser à elle. « Une semaine après le début du confinement, Maxime m’ajoute de Facebook, on avait des amis communs. Il engage la conversation, et on commence à discuter chaque jours, à rire, à s’appeler des heures au téléphone, à se raconter nos vies… ». Pourtant, la jeune femme reste sur ses positions, elle a besoin de se retrouver et profite de ce temps entre parenthèse pour reprendre confiance en elle. De fil en aiguille, une complicité se crée entre elle et Maxime, des délires et des bons moments. Le confinement participe au fait qu’ils puissent se parler à longueur de journée, sans aucune pression de poser une étiquette sur la relation qui les lie.

© Yaël Becker / Pokaa


Le confinement en résidence étudiante

C’est dans le couloir de sa résidence étudiante que Mathieu* rencontre Camille*. Il vient de débarquer du Bénin pour ses études, il ne connaît pas grand monde et le confinement se dessine. Il croise alors Camille qui semble triste. Spontanément il va vers elle et ils partagent un premier dîner. « Après ça, on a échangé pas mal par sms, et comme le confinement a été annoncé, nous avions beaucoup de cours en distanciel. Nous en avons alors profité pour qu’elle me fasse visiter Strasbourg, surtout à vélo. Petit à petit, on se voyait de plus en plus souvent, jusqu’à ce que tous les soirs nous dinions ensemble ». De fil en aiguille, la confiance s’installe et au détour d’une série Netflix, ils échangent sur leurs précédentes relations amoureuses, sur leurs attentes et leurs désirs.

Puis, enfin, ce premier baiser échangé sur le palier de la chambre, les cours en visio du lendemain ratés, et l’envie de ne plus se quitter. Les fêtes de Noël, le Réveillon en tête à tête, comme une lune de miel avant l’heure… « Aujourd’hui, elle est rentrée pour quelques semaines dans son pays, nous explique Mathieu. Elle me manque beaucoup, on s’appelle tous les jours, elle pense même à écourter son séjour afin que nous puissions nous retrouver car on se manque trop… Je n’ai jamais vécu ça, c’est la première fille avec qui je me sens aussi épanoui et je ferai tout pour elle » nous livre le jeune homme.

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Ça passe ou ça casse

Tout jeune couple au moment du confinement, Mia* et Cyril* décident de passer cette période chacun de leur côté. « C’était un moment propice pour faire le point… On était dans notre petite bulle, chacun de son côté donc l’idéal pour voir si on se manquait, nous explique la jeune femme. On s’écrivait et c’était un début de relation sans que personne ne s’en mêle ou qu’il y ait de mauvaises langues ». Une petite entrevue volée lorsque l’un rentre du travail, une soirée improvisée autour de Harry Potter et enfin les retrouvailles tant attendues. « Le confinement et le post-confinement nous ont fait réaliser qu’on était clairement fait l’un pour l’autre alors on a décidé de s’installer ensemble. Depuis, nous vivons nos meilleurs moments ».

De leur côté, après quatre mois de relation, Aude et Florian ont fait l’incroyable pari de s’installer ensemble juste avant le confinement. « On s’est dit qu’on saurait vite si on arrive à vivre ensemble, nous explique la jeune femme. Mon père habite pas loin donc si il y avait eu un problème j’aurais pu aller làbas, ça m’a permis de pas me sentir enfermée je pense ». Après des ruptures douloureuses, elle avait besoin de se sentir rassurée avant de se lancer les yeux fermés, au contraire de son compagnon : « Lui il n’a jamais douté, c’est incroyable. Il a une confiance dans notre relation c’est un truc de fou ». Et finalement, l’amour fait son œuvre et le couple se rapproche de plus en plus, confirmant les certitudes de Florian.

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Un confinement productif

Que ce soit au niveau des projets professionnels ou de développer ses relations, certains ont trouvé dans le confinement et dans le couple une certaine productivité. C’est en effet ce que nous explique Pauline* et Jérôme*, respectivement étudiante et chercheur, jeune couple au moment du premier confinement, qui a profité de cette période particulière pour allier leurs compétences. « Je fais du montage vidéo en amateur, explique la jeune femme. On a fait des petites vidéos pour ses étudiants, que je me suis appliquée à illustrer avec des animations pour que ce soit le plus pédagogique possible, et de fil en aiguille on a décidé de créer notre chaîne YouTube de vulgarisation. Aujourd’hui, on a environ 1800 abonnés, on sort une ou deux vidéos par mois, j’ai beaucoup progressé en montage et ça nous plaît toujours énormément ! Et bosser ensemble sur le même projet qui, en plus, a du succès, ben ça rapproche ».

Quant à Amandine, la productivité était plutôt au niveau des expériences et des rencontres : « Après une séparation pas facile, je me suis inscrite sur les réseaux et j’ai vécu plusieurs histoires très torrides, tant sur le plan physique qu’émotionnel et intellectuel », nous explique cette jeune étudiante. Une première expérience à la Cinquante nuances de Grey, et aux allures SM, en passant par une relation profonde et purement épistolaire, des échanges de photos aguicheuses, des rencontres improbables à la messe et des départs en vitesse à deux heures du matin en plein confinement. Bref, une période riche en adrénaline, en expériences et en sensualité, dans une environnement plutôt morne. Et contre toute attente, elle nous annonce fièrement qu’elle y a également rencontré l’homme avec qui elle partage aujourd’hui sa vie, et qu’ils se sont fiancés il y a peu…

Passions d’un soir ou relations durables, le confinement a finalement vu naître des histoires trépidantes, drôles, mignonnes et torrides. Alors peut-être que ça n’enlève pas la morosité de la période, mais disons que ça ajoute peut-être quelques rayons de soleil au milieu de ces nuages gris. Et puis ça fera de belles anecdotes à partager autours de l’apéro, lorsqu’on pourra enfin tous se retrouver…

© Yaël Becker / Pokaa

* Noms modifiés afin de préserver l’anonymat des témoignages.

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