L’affaire du grand spectacle d’été avait agité les milieux politiques strasbourgeois il y a deux semaines. Une fois les polémiques tassées, on peut désormais passer au plus important : le programme événementiel de notre été strasbourgeois. Lors d’un point presse organisé ce jeudi 4 mars, Jeanne Barseghian et Guillaume Libsig, adjoint en charge de la politique événementielle, ont présenté les deux temps forts de cet été : le grand spectacle d’été et les Docks, qui seront bien différents des années précédentes. On fait le point.

Un thème : l’imagination

C’est une Jeanne Barseghian souriante qui a pris la parole ce jeudi 4 mars lors d’un point d’étape concernant les festivités d’été à Strasbourg. En effet, pour la maire de Strasbourg, l’heure est venue de se projeter vers du positif : « Aujourd’hui, il est temps de nous concentrer sur des perspectives positives pour la ville. Redonner de l’enthousiasme et de l’espoir pour les Strasbourgeoises et Strasbourgeois. » Le but de la municipalité cet été ? « Faire du printemps et de l’été des moments forts de retrouvailles », comme le précise la maire, faisant état d’un constat d’isolement, d’usure de cette crise qui s’arrête et qui revient.

Les beaux jours et l’arrivée de l’été motivent en effet à repenser la ville autrement. C’est en partie pour cela qu’a été choisi le thème de cette année : l’imagination. Ou, plus précisément, l’invitation à l’imagination. Cette invitation prendra plusieurs formes, comme le détaille Jeanne Barseghian : « On veut libérer, déconfiner l’imaginaire des Strasbourgeoises et des Strasbourgeois avec l’ensemble de nos partenaires, les artistes et aussi les créateurs ». Une invitation qui tient aussi pour imaginer la ville de demain. À ce sujet, Jeanne Barseghian ajoute : « Ce sera finalement une période de tous les possibles, se réapproprier la ville, des expériences sensorielles nouvelles, des moments collectifs avec la volonté de faire vivre la créativité dans notre ville. »

© Pokaa


Les deux grands temps forts de cet été

Cette période estivale, la vraie première sous le sceau de la municipalité écologiste, durera cette année d’avril à octobre, pour l’ensemble des beaux jours. Elle s’organisera autour de deux grands temps forts : le grand spectacle d’été et les Docks.

Les illuminations et le grand spectacle d’été place du Château et au Parc naturel urbain

C’était l’objet de toutes les polémiques et jérémiades municipales ces deux dernières semaines : le grand spectacle de la cathédrale représente l’un des gros temps forts de l’été à Strasbourg, que ce soit pour les habitants et les touristes. Comme c’est dans leurs habitudes depuis qu’elle est au pouvoir, la municipalité écologiste décide d’innover. C’est ainsi que le grand spectacle d’été se tiendra du 3 juillet au 29 août, sur deux sites : la place du Château, dans le centre-ville, et le Parc naturel urbain (PNU), à la Montagne Verte. Pour la première, Jeanne Barseghian vise « une valorisation de l’ensemble de la place ». Pour le second, Guillaume Libsig explique qu’il y aura deux implantations au sein de l’immense parc naturel : « Il y aura une implantation tour du Schlossel et une parc Schweitzer, mais peut-être aussi d’autres installations, au parc Eugène Imbs et au théâtre de verdure si c’est possible ». S’ils avaient au départ pensé à huit sites, le choix de ces deux sites a été réalisé « parce qu’ils permettent de proposer une offre nouvelle qui n’existait pas jusqu’alors, sans trop se disperser en gardant notre volonté d’avoir des spectacles d’envergure », explique Jeanne Barseghian. Guillaume Libsig ajoute : « Les autres sites vont devenir partie intégrante des projets de soutien et de dynamisation. »

L’objectif de ce grand spectacle d’été ? Proposer des expériences immersives qui permettront de valoriser les patrimoines. Jeanne Barseghian développe : « On souhaite faire dialoguer le minéral et le végétal, le patrimoine historique et naturel remarquable de notre ville. Pour développer un moment de déconnexion et projeter de l’émerveillement en journée comme en nocturne ». En effet, les animations du grand spectacle d’été se déclineront en deux parties : en journée et en soirée. En journée, il y aura des « espaces de repos, de pause et ludiques, mais également des ateliers et des animations en journée », selon Jeanne Barseghian. En soirée, il y aura la valorisation des différents patrimoines, au niveau de l’image et du son, que ce soit dans un lieu comme dans l’autre. Il y aura donc un spectacle de son et lumière, mais qui pourra aller plus loin, selon les propositions, glisse Guillaume Libsig. 

La cathédrale, côté place du Château. © Nicolas Kaspar/Pokaa
La Tour du Schlossel. © Nicolas Kaspar/Pokaa


Les Docks d’été

Deuxième temps fort, un événement qui fait de Strasbourg la plage la plus prisée pour les familles : les Docks d’été. Pour s’adapter aux contraintes sanitaires, cette année, comme l’année dernière, les objets mutualisés, comme les transats, ne seront pas utilisables. Tout comme la base nautique. Cela ne signifie pas pour autant qu’il y aura rien assure Guillaume Libsig, souhaitant « transformer les contraintes en opportunités ». À la place, il y aura de l’innovation, puisque ce sera un quartier flottant entier qui sera installé sur l’eau et qui se développera sur toute une partie du bassin et du canal de la presqu’île Malraux, formant « une oasis au cœur de la ville », comme le promet Jeanne Barseghian.

© Caroline Alonso/Pokaa


Une programmation adaptable en temps de Covid

 

Vous l’avez sans doute compris depuis le temps, le Covid demande une adaptation constante au niveau des politiques événementielles. Sur la question des jauges, la municipalité n’a pas encore, comme nous tous, beaucoup de visibilité sur l’après, comme l’explique Jeanne Barseghian : « Nous ne savons pas qu’elles sauront les obligations, d’où l’adaptabilité du cahier des charges. On veut être certain que notre proposition puisse être réalisable. » Mais la maire de Strasbourg reste confiante : « Cette programmation devra tenir compte de la situation sanitaire. Nous sommes confiants, dans le sens où ces deux temps forts un certain nombre de protocoles et de précautions ».

D’autant plus que tous ces questionnements sur la période du Covid pourraient bien pousser la municipalité écologiste à réfléchir sur le sujet même de la politique événementielle, comme le détaille Guillaume Libsig : « On veut questionner l’espace public d’en faire un laboratoire pour identifier des pistes d’amélioration du quotidien des habitants, avec l’équité territoriale comme maître-mot ». Mais également sur ce qu’il advient du mobilier urbain après le départ de l’événementiel, et notamment quels équipements peuvent définir de nouveaux usages pour la suite, notamment sur le PNU. Des questions qui montrent que malgré les difficultés imposées par la crise du Covid, il est toujours possible de préparer l’après.

Ces deux gros temps forts de l’été en amèneront d’autres. C’est en avril que la municipalité dévoilera l’intégralité de la programmation prévue. Mais l’objectif est de proposer dans tous les quartiers de Strasbourg une offre qui intègre tous les pans de notre société, tout comme des espaces d’expressions artistiques et citoyennes. Ce sera également le moment d’évoquer d’autres temps forts culturels, comme Pelouses Sonores, Contretemps et Pelpass, tributaires de la jauge de 5 000 personnes assises. Quoiqu’il en soit, ce genre de nouvelles permettent enfin de se projeter vers les beaux jours. Et cela nous met franchement du baume au cœur.

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