Quand il s’agit d’évoquer d’illustres personnalités alsaciennes, ce sont souvent les noms de Bartoldi, du capitaine Dreyfus, d’Albert Schweitzer, du Mime Marceau, de Pierre Hermé, de Matt Pokora ou encore de Sébastien Loeb qui viennent spontanément en tête. Des hommes. Mais l’Alsace a aussi vu naître de nombreuses femmes d’exception. Suivez le guide !


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Marie Tussaud

Née à Strasbourg en 1761 sous le nom de Marie Grosholtz, elle est la fondatrice du musée de cire londonien Madame Tussauds. Musée qu’elle a ouvert à 74 ans, après une vie passée à sculpter les effigies des Grands de son siècle. Parmi ses œuvres les plus célèbres, on trouve les portraits de Napoléon, Robespierre, Voltaire, Rousseau, ou encore Benjamin Franklin.

© « A Portrait Study by John T. Tussaud » — John Theodore Tussaud (1921)


Catherine Trautmann

Aujourd’hui vice-présidente de l’Eurométropole, Catherine Trautmann, née Argence, a une belle carrière politique à son actif. Députée du Bas-Rhin dans les années 80-90, elle entre au gouvernement formé par Rocard le 13 mai 1988 en tant que secrétaire d’État chargée des personnes âgées et des personnes en situation de handicap. Elle devient ensuite ministre de la Culture et de la Communication et porte-parole du gouvernement Jospin en 1997. Députée européenne de 1989 à 1997 et de 2004 à 2014, elle fut aussi maire de Strasbourg.

© Pokaa


Ilse Jordan

Femme de lettres d’origine allemande née à Bischwiller (au nord de l’Alsace), Ilse Jordan commence sa carrière d’enseignante dans le Bade-Wurtemberg avant de prendre un poste à l’école allemande de Shanghaï en 1926. Pendant ses vacances, elle voyage en Chine et dans tout l’Extrême-Orient, ce qui fera d’elle la première occidentale à effectuer en solitaire une traversée de Taïwan (alors appelée Formose), sous occupation japonaise.


Anne Kuhm

Originaire de Haguenau, cette gymnaste a remporté six fois le titre de championne de France et participé aux Jeux olympiques de Londres en 2012. Un beau palmarès a seulement 24 ans.

© Sofiiiiiiiiiiiiiia / Wikimedia commons


Katia Krafft

Vulcanologue haut-rhinoise, Katia Krafft est particulièrement connue pour avoir œuvré, avec son mari, à démocratiser la géologie et l’étude des volcans. D’abord institutrice, puis professeur de mathématiques, elle passe le concours de l’École normale en 1957 avant de suivre des études de physique et géochimie à l’université de Strasbourg. À 20 ans, elle reçoit même un prix pour ses travaux en vulcanologie. Elle et son mari Maurice Krafft, sillonnent ensuite le globe pour étudier des volcans en éruption. Mettant parfois leur vie en danger dans cette entreprise, ils sont surnommés les volcano devils par les vulcanologues américains. Une nuée ardente leur finalement coûtera la vie en 1991, sur les pentes du mont Unzen au Japon. Mais Katia Krafft reste une éminence dans son domaine, et est encore aujourd’hui connue comme étant l’inventrice du chromatographe de terrain, un appareil qui permet d’analyser les gaz volcaniques.


Odile de Hohenbourg

Plus connue en Alsace sous le nom de Sainte Odile, Odile de Hohenbourg serait née à Obernai, dans la seconde moitié du VIIe siècle. Elle est la fille du duc d’Alsace qui, fort déçu d’avoir une fille, aveugle de surcroit, décide que cette dernière doit mourir. Sa mère parvient toutefois à l’éloigner de son père, et la confie avec sa nourrice, à une parente, au monastère de Palma (aujourd’hui connue sous le nom de Baume-les-Dames, dans le Doubs). La légende raconte qu’elle aurait recouvré la vue à l’âge de 15 ans, grâce à son baptême. Mais elle lui prête également d’autres miracles, comme la guérison d’un lépreux, ou la découverte de la fameuse source du Hohenbourg, plus connu aujourd’hui sous le nom de Mont Sainte-Odile. C’est elle qui aurait transformé le château situé au sommet en couvent féminin, dont elle aurait été la première abbesse. Elle fut canonisée au 11e siècle, puis proclamée sainte patronne de l’Alsace par le pape Pie XII en 1946.

© Ralph Hammann / Wikimedia Commons


Adélaïde Hautval

Psychiatre diplomée de l’université de Strasbourg et issue d’une famille protestante, Adélaïde Hautval est une rescapée des camps de concentration. Arrêtée en 1942 alors qu’elle traverse la ligne de démarcation entre la zone libre et la zone occupée, elle est emprisonnée à Bourges. C’est là qu’elle prend la défense d’une famille juive maltraitée par un soldat allemand. Les autorités nazies lui disent alors « puisque vous défendez les Juifs, vous partagerez leur sort« , et lui font porter une étoile jaune sur la poitrine avec un bandeau « amie des Juifs ». Transférée d’une prison française à une autre, elle finit par être déportée à Auschwitz en 1943. D’abord chargée de soigner les détenues allemandes, elle est ensuite affectée à un bloc dont le médecin-chef pratique des mutilations – comme la stérilisation des femmes, en brûlant leurs organes avec des produits caustiques. Elle refuse de participer. Lorsqu’il lui est demandé d’assister le nouveau médecin en chef dans ces mêmes tâches, sous peine d’être exécutée, elle refuse encore et toujours. Grâce à un subterfuge, elle échappe à l’exécution. Lorsque le camp ferme, elle est libérée en 1945 mais choisit d’y rester deux mois de plus pour s’occuper des malades qui ne sont pas en état d’être transportés. Elle fut décorée de la Légion d’honneur en 1945 pour son dévouement auprès des autres déportés, et déclarée Juste parmi les nations en 1965.


Claire Heitzler

Originaire du Haut-Rhin, Claire Heitzler est une pâtissière de renom. Apprentie de Thierry Mulhaupt, elle fut meilleure apprentie d’Alsace en 1996 avant de travailler dans les établissements les plus prestigieux. À la tête de la pâtisserie du Beige Alain Ducasse de Tokyo pendant trois ans, elle prend ensuite les rennes celle de l’hôtel Park Hyatt de Dubaï avant d’entrer au Ritz à Paris. Sur son CV également, un poste de « chef de la création sucrée » chez Ladurée, avant de se lancer dans la formation à destination des professionnels de la restauration. Parmi ses distinctions, on note aussi le titre de chef pâtissière de l’année 2012 décerné par la revue Le Chef, et celui de pâtissière de l’année 2013 remis par le très réputé Gault et Millau.

© DR / Cuisine Actuelle


Christine Ferber

En matière de pâtisserie toujours, il faut citer la copropriétaire de la Maison Ferber, célèbre notamment pour ses confitures. Il s’en vend plus de 200 000 pots dans le monde chaque année. Fille, petite-fille, et arrière-petite fille de pâtissier, Christine Ferber remporte en 1979 la Coupe de France des pâtissiers. C’est en 1980 qu’elle fonde son propre atelier en Alsace, avant d’être élue « Pâtissier de l’année » par le Guide Champérard. Les passionnés de pâtisserie la connaissent également pour ses nombreux ouvrages.

© MlibFR / Wikipédia


Antonia de Rendinger

Révélée au grand public grâce à l’émission « On n’demande qu’à en rire » présentée par Laurent Ruquier sur France 2, Antonia de Rendinger est originaire de Schiltigheim. Cette comédienne et humoriste a étudié à Strasbourg (deux maîtrises en ethnologie et lettres modernes et un diplôme de sociologie). En parallèle de son cursus universitaire, elle monte sur les planches de la Ligue ouverte et libre d’improvisation théâtrale amateur, plus connue sous le nom de la Lolita. Après un passage au Québec, elle suit des cours au TJP de Strasbourg et rejoint la compagnie Inédit Théâtre en 1999. Aujourd’hui, elle compte de nombreux spectacles et one-woman show parmi ses créations.

© Starus / Wikipedia


Vitaa

« Mel… assied toi faut que je te parle… » Une phrase qui symbolise toute une époque. La co-interprète de Confessions nocturnes – Charlotte Gonin de son vrai nom – est originaire de Mulhouse ! Depuis ce succès en duo avec Diam’s, elle a sorti cinq albums et a collaboré avec Maître Gims, Jul, Stromae ou encore Claudio Capeo. Si vous devez donner un nom de chanteur interprète alsacien en plein milieu d’un dîner, voici donc une alternative à Matt Pokora.

3 COMMENTAIRES

  1. Pourquoi ne pas ajouter Catherine Hubscher, la célèbre ‘Madame Sans-Gêne » de la cour napoléonienne, née à Altenbach et à qui fut consacrée une célèbre pièce de théâtre ?
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Madame_Sans-G%C3%AAne

    On peut aussi penser à la figure de la Réforme protestante Catherine Zell, née à Strasbourg : https://fr.wikipedia.org/wiki/Catherine_Zell

    Ou les artistes Anne-Antoinette Saint-Huberty (cantatrice) : https://fr.wikipedia.org/wiki/Catherine_Zell
    Charlotte Engelhardt (autrice de théâtre) : https://fr.wikipedia.org/wiki/Catherine_Zell
    Hilla de Rebay (peintre allemande) : https://fr.wikipedia.org/wiki/Catherine_Zell

    Ou encore la résistante et pédagogue Elisabeth Abegg : https://fr.wikipedia.org/wiki/Catherine_Zell

    Que du beau monde 🙂

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