Dans cette année 2020 qui a chamboulé bon nombre de nos habitudes, certaines traditions démocratiques strasbourgeoises résistent. L’une d’entre elle concerne le Prix Sakharov pour la liberté de l’esprit qui, encore cette année, décerne un prix à des personnes et organisations défendant les droits de l’homme et les libertés fondamentales. Cette année, c’est l’opposition démocratique biélorusse qui est lauréate.

Qu’est-ce que le Prix Sakharov ?

Le Prix Sakharov pour la liberté de l’esprit est octroyé chaque année par le Parlement européen dans notre belle ville de Strasbourg. Il a été baptisé en mémoire du physicien et dissident politique soviétique Andreï Sakharov. Le prix avait été créé en 1988 pour rendre hommage à des personnes et organisations défendant les droits de l’homme et les libertés fondamentales. Pour la petite anecdote, Andreï Sakharov, que l’on vous présentait ici, a un deuxième prix à son nom, cette fois décerné par l’American Physical Society depuis 2006. Ce prix-là récompense « le leadership remarquable et/ou les réussites des scientifiques en matière du maintien des droits de l’homme ».

Doté de 50 000 euros, il est la plus haute distinction accordée par l’Union européenne aux actions en faveur des droits de l’homme. À titre d’exemple, Nelson Mandela, les mères de la place de mai en Argentine, Kofi Annan ou plus récemment Denis Mukwege ont pu recevoir ce prix. L’année dernière, c’était llham Tohti qui avait reçu le prix, pour son engagement en faveur des droits de la minorité ouïgoure en Chine. Économiste, chercheur et militant des droits de l’Homme, il est emprisonné depuis 2014 et purge actuellement une peine de prison à vie.

Le Parlement européen. © Nicolas Kaspar/Pokaa

L’opposition biélorusse récompensée pour son combat pour la démocratie

Cette année, c’est l’opposition démocratique biélorusse qui est récompensée du Prix Sakharov. La Biélorussie occupe une place à part en Europe, dans le sens où elle peut être définie comme la dernière dictature européenne. Le 9 août dernier, son président depuis 1994 Alexandre Loukachenko a encore une fois été réélu avec 80 % des voix. Un scrutin fortement entaché de fraude selon la communauté internationale.

Sauf que cette fois-ci, la révolte populaire a été impressionnante. Les manifestations biélorusses – surnommées la révolution des pantoufles ou la révolution des cafards – réunissent des milliers de personnes qui veulent voir un changement dans leur gouvernement. Quatre mois plus tard, malgré les arrestations et la répression du pouvoir, elles continuent de rassembler des milliers et des milliers de personne.

C’est en ce sens que l’Union européenne, à travers le président du Parlement David Sassoli, leur remet le Prix Sakharov 2020. Ici, l’opposition démocratique au Bélarus est représentée par le Conseil de coordination, une initiative de femmes courageuses ainsi que de figures politiques et de la société civile de premier plan. La remise des prix se déroulera le 16 décembre au sein de l’hémicycle de Bruxelles.

Une visioconférence pour en savoir plus sur le sujet

Si le sujet vous passionne et que vous souhaitez développer vos connaissances en la matière, cela tombe bien. Ce mercredi 16 décembre à 18h se tiendra une vidéoconférence multilingue sur le thème « Biélorussie, de la contestation à la transition économique », animée par Vladimir Vasak, Grand reporter à ARTe. Seront également présentes Jeanne Barseghian, notre maire à tous, et Julia Dumay, son adjointe en charge des relations européennes et internationales.

Au sein de cette visioconférence, de nombreux invités et invitées seront présents pour discuter de la situation. Il y aura Heidi Hautala, Vice-présidente du Parlement Européen en charge des droits de l’homme, Sviatlana Tsikhanouskaya, représentante de l’opposition démocratique en Biélorussie et candidate aux élections présidentielles de 2020 en Biélorussie, Veronika Tsepkala, représentante de l’opposition Biélorussie, Auheni Kryzhanouski, Docteur en Science Politique, chercheur associé au laboratoire SAGE et enseignant à Sciences Po Strasbourg et enfin Ioulia Shukan, maîtresse de conférence en études slaves à l’Université Paris Nanterre et chercheure à l’Institut des Sciences Sociales du Politique.

Si vous voulez suivre cette visioconférence, ce sera à travers le lien disponible juste ici.

Dans des temps compliqués, où la lutte pour les libertés est rendue plus compliquée encore par la crise sanitaire, il faut encourager et soutenir les aspirations au changement. Le Prix Sakharov est une bonne chose, mais il faudra que l’Union européenne aille encore plus loin par la suite. Pour pas que cette révolution en devenir ne se transforme pas en un lointain souvenir.


Prix Sakharov 2020 : Biélorussie : de la contestation à la transition démocratique ?

Visioconférence mercredi 16 décembre à 18h

Pour la suivre, cliquez sur ce lien


Photo de couverture : Homoatrox, Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0

Article soutenu mais non relu par la ville de Strasbourg*

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