La ministre de la Transition écologique a annoncé ce mardi plusieurs mesures en faveur des animaux sauvages en France. Elles concernent notamment les animaux sauvages dans les cirques itinérants, les orques et les dauphins présents dans les delphinariums, ainsi que les élevages de visons présents sur le territoire français. Strasbourg avait d’ailleurs été précurseur en votant l’interdiction de spectacle d’animaux sauvages en avril 2018.

Depuis le printemps 2019, le ministère de la Transition écologique travaille en collaboration avec des associations, des professionnels, des élus et des experts sur les enjeux liés au bien-être de la faune sauvage captive en France. Après plusieurs consultations et concertations sur le sujet, la ministre Barbara Pompili a finalement annoncé ce mardi 29 septembre plusieurs mesures importantes : “Le gouvernement engage un tournant majeur pour les animaux sauvages dans notre société. Fauves, éléphants, singes, dauphins, ou encore visons, il est temps d’ouvrir une nouvelle ère dans notre rapport à ces animaux. Il est temps que notre fascination ancestrale pour ces êtres sauvages ne se traduisent plus par des situations où on favorise leur captivité par rapport à leur bien-être.

© Capture d’écran de la conférence de presse donnée par Barbara Pompili ce mardi 29 septembre.


La fin progressive d’animaux sauvages dans les cirques

Notre époque a changé. Elle est celle d’un rapport nouveau à l’animal sauvage. Bien plus qu’une menace ou qu’une proie, il est désormais avant tout, un être à préserver et à respecter dans son intégrité.” explique Barbara Pompili. Les nouvelles mesures visent donc à accompagner cette transition et ce changement de regard de la part des Français sur la captivité des animaux sauvages. La ministre de la Transition écologique annonce donc la fin progressive de la présence d’animaux sauvages dans les cirques itinérants. Cette transformation se fera par étapes et la priorité sera donnée aux animaux les plus inadaptés à l’itinérance, comme les hippopotames, les éléphants, puis les fauves. Près de 80 cirques et 230 animaux sont concernés en France. Le gouvernement met l’accent sur l’accompagnement des professionnels du secteur : “Nous allons accompagner les circassiens, les montreurs d’ours et les dresseurs de loups.” assure la ministre. Et “et soutenir la reconversion vers des spectacles sans animaux.Des formations seront également proposées pour les professionnels souhaitant se réorienter. Cette transition progressive prendra sans doute plusieurs années, entre cinq et dix ans selon l’association Code Animal, en lien avec le ministère. 

Les associations de défense des animaux ont bien évidemment accueilli la nouvelle avec enthousiasme.On est super contents ! C’est vraiment un jour historique pour la condition animale. C’est un aboutissement de 15 ans de travail et on est très content d’entendre ces nouvelles mesures.” réagit Alexandra Morette, présidente de l’association Code Animal à Strasbourg. La ville de Strasbourg s’était d’ailleurs déjà positionné sur le sujet depuis avril 2018 en votant une motion pour interdire les spectacles avec animaux sauvages. La municipalité avait donc déjà pris de l’avance, tout comme d’autres villes françaises : “De plus en plus de villes se positionnent contre les cirques avec animaux. Code animal a été la première association à travailler sur cette question avec les élus locaux. En fait, c’est déjà en train de changer et la loi va permettre d’accompagner ce changement.” indique la présidente d’association. Le cirque Arlette Gruss prévoit notamment de se produire au Jardin des Deux-Rives à Strasbourg en avril 2021, sans animaux sauvages. 

© Code Animal


Plus d’orques ni de dauphins dans les delphinariums et fermeture des élevages de visons

La ministre de la Transition écologique ajoute que la présence d’orques et de dauphins ne sera plus autorisée dans les delphinariums, car ceux-ci sont inadaptés à leurs besoins de mammifères marins : Nous n’autoriserons plus de nouvelle ouverture de delphinarium. Et pour les trois qui existent en France, nous cesseront l’introduction de nouveaux animaux et la reproduction en captivité. Le gouvernement compte consacrer une enveloppe d’environ 8 millions d’euros pour aider à la reconversion des cirques mais aussi pour les personnels présents dans les delphinariums. Il faudra cependant attendre deux ans environ pour qu’il n’y ait plus d’orques dans les delphinariums et prévoir sept à dix ans pour préparer et mettre en place des solutions pour les dauphins actuellement captifs. 

En France, les quatre élevages de visons qui sont exploités pour leur fourrure vont également devoir fermer. L’interdiction est fixée à cinq ans. Par ailleurs, le gouvernement va aussi “soutenir les actions collectives des parcs zoologiques pour l’amélioration des conditions de détention des animaux et l’encadrement de nouvelles normes pour des animaux aux besoins spécifiques.” En règle générale, il s’agira de contrôler davantage l’application des règles et des mesures imposées aux parcs zoologiques et de mettre en avant les structures exemplaires.

© Code Animal


Quel avenir pour ces animaux ? 

Les animaux concernés ne peuvent pas être remis en liberté. Il faut donc trouver une solution pour chaque individu, “presque au cas par cas” précise Barbara Pompili. Certains pourraient donc être placés dans des zoos et d’autres pourraient aussi rester avec les circassiens qui décideraient de s’établir dans un lieu fixe. Mais ceux-ci seraient alors contraints de respecter les règles auxquelles les zoos doivent actuellement se plier. L’association Code animal travaille notamment avec le ministère sur ces questions : Il faudrait créer des structures d’accueil et créer un fond pour aider les structures d’accueil préexistantes. On se tient aussi à disposition pour solliciter notre réseau européen pour le replacement des animaux.” précise Alexandra Morette. Mais l’association a également lancé la campagne “Créons des sanctuaires en France !” accompagnée d’une pétition et propose de transformer les trois zoos publics du territoire en refuges et sanctuaires. Des lieux qui pourraient ainsi accueillir les animaux concernés par les nouvelles mesures.

Pour les associations, c’est donc une belle victoire à célébrer, mais sans pour autant perdre de vue les prochains objectifs :Ensuite, on va travailler sur la notion de structure d’accueil et permettre une bonne transition. Et pourquoi pas après, aller remettre en question les parcs zoologiques.

© Code Animal


© Photo de couverture : Code Animal

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here