Récemment, on vous parlait du fait que Strasbourg pesait dans le game de la santé et de l’innovation médicale. Il s’avère que Mulhouse n’est pas mal non plus dans le genre. En effet, la start-up mulhousienne Spinali Design, connue pour son maillot de bain connecté, se lance de nouveau en éclaireur dans le domaine de l’intelligence artificielle liée à la santé, et plus précisément contre le coronavirus. Avec un produit : des gants connectés qui se désinfectent à la lumière, rendant obsolète le gel hydroalcoolique. On vous en dit plus.

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Le confinement comme point de départ de la réflexion

Comme pour beaucoup de monde, le confinement a été le point de départ d’une nouvelle réflexion : comment changer le monde à son échelle ? Pour Romain Spinali, responsable innovation de Spinali Design joint par téléphone, et Marie Spinali, la PDG, c’était avec ce gant : « L’idée est venue durant le confinement. On a eu le sentiment qu’il y avait une envie, une demande pour quelque chose de beau. Tout ce qu’il y avait en rapport avec la Covid était négatif : on s’est retrouvé avec des masques jetés au sol, des visages toujours masqués… »

Dès lors, le but de cette start-up 100% choucroute était simplement de faire quelque chose qui soit à la fois utile, local, mais surtout beau : « Nous on s’est dit qu’il pouvait exister quelque chose d’esthétiquement qualitatif, plus local et plus durable. Pour que localement on montre notre savoir-faire. Un beau produit quoi. Ce n’est pas seulement un gant qui combat le virus, c’est quelque chose de beau. »

© Spinali Design – Document remis

Des gants qui remplacent le gel hydroalcoolique

Faire quelque chose de beau et d’utile c’est bien, mais savoir exactement comment ça fonctionne c’est mieux. « Ces gants s’utilisent comme des gants normaux. Après utilisation, sans rien faire, s’ils reçoivent des UV-A ou UV-B– les UV les plus classiques, responsables notamment du bronzage, ndlr – et sont exposés à la lumière naturelle, ils vont se désinfecter en quelques minutes voire quelques secondes grâce au dioxyde de titane sur le tissu du gant, un catalyseur qui accélère la dégradation des agents pathogènes. » Quelque chose de fort utile en ces temps de coronavirus, où se laver les mains demeure un geste barrière essentiel.

Néanmoins, comme on se rapproche de l’hiver, la lumière naturelle va se faire moins forte – à moins que le changement climatique passe par-là – et il faut trouver d’autres sources de lumière. Sachant que ta lampe de bureau ne suffira pas. Pas de panique à bord toutefois, Spinali Design a des solutions : « On peut utiliser une application smartphone, qui va pouvoir me dire si l’intensité de ces UV est suffisante pour avoir entièrement désinfecté les gants. » Une manière d’allier leur savoir du textile et de l’intelligence artificielle. 

© Spinali Design – Document remis

Les premières livraisons se feront fin septembre et début octobre, et la paire de gants est déjà disponibles en pré-commande sur le site pour 59. Enfin, le gant a une pile qui a une durée de vie de 300 jours si on l’utilise huit heures par jour. Dans l’esprit, exit donc le gel hydroalcoolique et les mains qui sentent comme si vous vous étiez renversés du Stroh ou du Spiritus sur les mains 24h/24. Bien que cela ne doive pas nous exempter de nous laver les mains, c’est plutôt stylé.

De la difficulté d’être une start-up locale en France

Si Spinali Design n’en est pas à son coup d’essai niveau innovation qui claque à l’international, sa subsistance en local est bien plus compliquée, comme me l’explique Romain Spinali : « C’est difficile au quotidien. Les entreprises s’illustrent localement avant de s’installer internationalement et là, localement, on dépend de verrous politiques avec du clientélisme par outrance. Il y a un problème de détection et d’accompagnement en France. » Si politiquement la situation est complexe, ils peuvent néanmoins compter sur le soutien de l’Université de Haute-Alsace et de Pierre-Alain Muller ainsi que de l’ADIRA, afin de créer des liens avec les entreprises pour faciliter le développement économique.

Il y a des portes qu’il reste à ouvrir… © Spinali Design – Document remis

Néanmoins, la situation reste donc compliquée, alors que la start-up souhaite réellement produire localement : « Par exemple, il y a un bâtiment pour produire nos gants, on a besoin de place, on essaye d’acheter 800 m2 au prix demandé et on ne veut pas nous le vendre, pour mettre une galerie d’art à la place. On parle quand même d’un produit qui est déjà connu internationalement et à Mulhouse on se retrouve sans place pour produire ça. C’est incompréhensible. On se bat pour pouvoir produire le gant en Alsace et il y a plus de journalistes qui nous ont contactés que de responsables du développement économique. Personne se dit « qu’est-ce que Mulhouse pourrait faire de et pour cette innovation ? C’est triste et c’est dommage, surtout que Mulhouse s’est construite grâce à l’innovation. Mais là on est au point mort. »

Il nuance un peu son propos par après : « Tout n’est pas noir ou blanc non plus, mais dans une ville de taille moyenne, il faut une volonté collective de la très grande majorité pour mobiliser les ressources permettant l’émergence et le développement d’innovation. C’est un des défis pour Mulhouse. » Et on espère que cet esprit d’entreprise va continuer.

Avec ce gant connecté, Spinali Design se place encore une fois en pionnière de l’innovation. Surtout dans le domaine de la santé, de plus en plus important et présent dans notre vie. Alors on ne peut que soutenir une telle démarche, qui prouve encore une fois à quel point l’Alsace est une terre d’innovations en tout genre.

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