Le confinement a vu une constante de la vie strasbourgeoise changer du tout au tout : alors que notre ville était un peu le paradis du trafic de cigarettes (coucou Kehl), l’obligation de rester chez soi a forcé les fumeurs à s’approvisionner encore plus localement que d’habitude. Dans un but affiché d’aider les buralistes locaux français et dans un autre but – bien moins affiché – de récolter masse taxes, les députés français ont voté un amendement qui réduit le nombre de cartouches achetées à l’étranger. On vous en dit plus.

De quatre cartouches à une

Lors de l’examen du troisième budget rectificatif pour 2020, un amendement portant sur la restriction des achats à l’étranger a été voté. Ici, la restriction qui nous intéresse est évidemment liée aux cigarettes : désormais, en revenant de Kehl vers Strasbourg, quand vous passerez la frontière allemande, il ne sera possible d’avoir sur vous qu’une cartouche, au lieu de quatre d’habitude. Plus généralement, chaque personne revenant d’un pays européen ne pourra transporter qu’une cartouche de cigarettes contre quatre auparavant, soit 250 grammes de tabac en vrac contre 1 kilo jusqu’à présent.

Un amendement pour protéger les buralistes

Cet amendement a donc été rajouté par les députés dans l’idée de protéger le secteur des buralistes, durement touché par le trafic des cigarettes aux frontières. En effet, à titre d’exemple, les prix des produits du tabac français expriment des écarts de + 50 % avec l’Espagne, + 35 % avec la Belgique, + 65 % avec Andorre, + 45 % avec le Luxembourg et enfin de + 35 % avec l’Allemagne. Comme le tabac est moins taxé chez nos voisins, forcément, cela implique plus d’achats là-bas.

La poésie de l’allemand. © Nicolas Kaspar pour Pokaa

Des buralistes qui ont profité du confinement pour retrouver leur clientèle. En effet, à partir du 17 mars dernier, et jusqu’au 15 juin, c’en était fini de Kehl et ses cartouches pas chères. Les Alsaciennes et les Alsaciens ont dû revenir chez les buralistes locaux, avec les paquets de cigarettes à 10 euros. Les buralistes ont d’ailleurs dû se réhabituer à une telle fréquentation, puisque le volume des cigarettes livré en Alsace a fortement augmenté : 33,4 % dans le Bas-Rhin, 22,2 % dans le Haut-Rhin. Mais maintenant que Kehl a rouvert les portes de ses tabacs, il existait un risque de voir les buralistes alsaciens à nouveau désemparés. D’où le souci de l’harmonisation européenne.

La question du tram

En lisant des articles réalisés sur le sujet dans les médias locaux et régionaux qui ont élevé le bâtonnage – la reprise mot pour mot d’une dépêche de l’AFP, ndlr – au rang d’art, il a toujours été question du transport des cartouches en voiture. Mais à Strasbourg, on a la particularité de pouvoir aller en Allemagne presque sur un claquement de doigts, grâce à la ligne D de notre cher réseau CTS !

Dans l’article 575 I du code des impôts, qui a donc été amendé il y a quelques jours, il est mentionné que pour les cartouches de tabac à fumer, la loi s’applique également à toute personne qui transporte ces quantités à bord d’un moyen de transport collectif. Donc, si vous circulez dans le tram en provenance de Kehl avec plus d’une cartouche, la police peut vous réprimander. Il n’y a donc pas d’exception strasbourgeoise. Néanmoins, avec la facilité de prendre le tram et d’effectuer des allers-retours, pas sûr que Strasbourg perde rapidement sa place de paradis numéro uno du trafic illégal de cigarettes

Ce nouvel amendement voté il y a quelques jours a été mis en place pour protéger les commerces de proximité, les buralistes, notamment frontaliers, souffrant énormément des différences de taxes sur les cigarettes entre la France et les autres pays. À voir ce que cela va donner sur Strasbourg, pour qui le tram vers l’Allemagne fait figure d’exception dans le paysage français.

1 commentaire

  1. C’est parfaitement illégal de limiter l’achat de tabac en quantité.
    La loi Schengen dis que  » il y a libre circulation des personnes et des marchandises dans l’espace Schengen  » !
    On peut donc acheter autant de tabac que l’on veut

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