La réputation de Strasbourg en matière de deux-roues n’est plus à faire, l’étiquette “Capitale des vélos… volés” colle à la peau de la ville. Pour tenter de la décoller, la municipalité souhaite tester un nouveau système pour lutter contre le vol de vélos. 500 volontaires sont nécessaires et pourront découvrir ce dispositif expérimental.

Strasbourg, c’est plus de 700 kilomètres de pistes cyclables et 6000 Vélhop. Une ville au sein de laquelle les cyclistes règnent en maîtres et enfourchent leurs bicyclettes à la moindre occasion. Mais tous ces usagers représentent aussi un vivier inépuisable pour les voleurs qui convoitent ce précieux trésor strasbourgeois. Selon la Police Nationale, près de 2050 plaintes ont été déposées en 2017 sur l’ensemble de l’Eurométropole. Et sachant que la grande majorité des Strasbourgeois ne portent pas plainte, les chiffres seraient, en réalité, bien plus élevés. 

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Un trackeur fixé à son vélo

Alors que les malfaiteurs rivalisent de nouvelles techniques et astuces pour commettre leurs méfaits, la Ville a choisi de contre-attaquer en imaginant un tout nouveau dispositif afin de lutter contre le vol, le recel et la vente illicite de vélo. Une expérimentation d’un an, pour laquelle elle est à la recherche de 500 volontaires qui sont prêts à faire poser un trackeur sur leur vélo. Pour espérer être sélectionné, il faut répondre à un formulaire de 28 questions. L’appel à volontaires a été lancé ce mardi et 250 personnes y ont déjà répondu.

L’adjoint au maire en charge des mobilités alternatives Jean-Baptiste Gernet et celui en charge du numérique Paul Meyer, ont travaillé pendant un an sur ce projet : « On a lancé le marché public en juin l’année dernière, pour chercher une solution pour lutter contre le vol de vélos, qui est un fléau à Strasbourg, et on s’est rendu compte qu’il n’y avait pas de solution aboutie et fiable sur le marché. On avait des réponses assez incomplètes, on a échangé avec des start-ups pendant plusieurs mois. Et finalement, c’est l’entreprise ANOLOC, basée à Schiltigheim qui a su répondre à toutes les attentes qu’on avait. » explique Jean-Baptiste Gernet.

Du plus répandu, au plus cher, en passant par de l’ancien, ou encore de l’électrique, tous les types de vélos sont acceptés précise l’adjoint : « On cherche à avoir une diversité de vélos pour que les voleurs soient un peu déroutés. L’idée, c’est d’envoyer un message aux voleurs et leur dire que plusieurs seront traqués et qu’ils ne le sauront pas. Le but, c’est vraiment que la peur change de côté. » Différents types de trackeurs seront aussi installés afin d’égarer les voleurs.

© Vivien Latuner


La géolocalisation uniquement activée en cas de vol

Ce sont près de 80 000 euros qui ont été investis dans ce projet pour acquérir ces trackeurs. L’objectif est d’avoir des cas concrets, où un vélo pourra être retrouvé. Le fonctionnement est plutôt simple. Lorsqu’un des vélos équipés d’un trackeur disparaît, le participant disposera d’une application sur son téléphone pour signaler le vol, l’endroit où celui-ci a été commis, ou encore l’heure. Si le cycliste n’aura pas lui-même accès à la localisation, le message sera cependant transmis au SIRAC (Service de l’information et de la régulation automatique de la circulation), et à des opérateurs disponibles 24h/24 et 7j/7, qui pourra déclencher la géolocalisation et le mettre en lien avec la police.

Le volontaire doit ainsi autoriser le traitement et l’envoi de ses données personnelles au SIRAC, au Comité d’Action Deux Roues 67 (CADR67), et à ANOLOC (fournisseur du trackeur). Son accord est valable un an soit la durée de l’expérimentation et prend fin au bout de celle-ci. Mais il peut également retirer son consentement à tout moment et ses données seront alors supprimées : « Pour nous, le but, ce n’est pas du tout de récolter des données ou autre. La géolocalisation n’est qu’activée lorsqu’un vol est constaté et ne sert donc qu’à retrouver le vélo. »

Dans le contrat que les usagers rempliront, ils s’engagent à ne pas révéler où se trouve le trackeur : « Nous, on ne révélera pas où se trouve les trackeurs et on demande aux cyclistes de ne pas le dire s’ils arrivent à le repérer. Il faut aussi qu’ils acceptent qu’il y ait des modifications légères sur le vélo, que le CADR67 effectuera au moment d’installer le trackeur. » Par ailleurs, tous les vélos qui n’auraient pas encore été gravés avec un marquage Bicycode, le seront gratuitement, au moment de l’expérimentation.

Pour ceux qui souhaiteraient participer au projet, le questionnaire de sélection est accessible par ici !

© Vivien Latuner


© Aurélien Bouron

2 COMMENTAIRES

  1. « Par ailleurs, tous les vélos qui n’auraient pas encore été gravés avec un marquage Bicycode, le seront gratuitement, au moment de l’expérimentation. »

    Donc pas de Bicycode, pas de tracker. C’est malin…

  2. Il faudrait aussi aller plus loin dans les risques que prennent les voleurs de vélos étant donné l’enjeu planétaire écologique et de vie en communauté. Il faudrait qualifier le vol de vélo ou autres installation écologique de crime contre l’environnement avec des peines plus lourdes pour dissuader de prendre ce risque par rapport au potentiel bénéfice.

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