En novembre dernier, dans le cadre de l’implantation d’une antenne bénévole à Strasbourg, nous avons rencontré Alice, marin-sauveteur en haute mer ainsi que François Thomas, le président de SOS méditerranée France. Ce jour là, juste avant que celui-ci ne débute un échange avec les Strasbourgeois, notamment concernant les actions à mener localement avec les bénévoles, nous nous sommes installés au coin d’une table du centre socio-culturel du Fossé des Treize. Nous avons évoqué son parcours, sa vocation, le poids et la symbolique de sa nouvelle casquette de président, ses plus belles histoires, ses interrogations et ses espoirs. Un échange fort, libre et décloisonné avec un homme posé, digne, non pas simplement concerné mais véritablement habité par les causes qu’il défend.

Crédit photo : Laurin Schmid (Sos méditerranée)
  • Vous êtes à la tête de SOS Méditerranée depuis le 15 juin 2019, vous connaissiez la mer avant de briguer ce poste. Mais qu’est ce qui vous a poussé à faire de l’humanitaire ?

Cela fait 45 ans que je suis dans le secteur maritime, je ne l’ai jamais quitté. Je suis marin de formation et j’ai toujours travaillé au contact de l’eau. Et puis un jour, juste avant de prendre ma retraite, j’ai assisté à une conférence de SOS Méditerranée, une association que je connaissais. Je pensais proposer du conseil, des audits ou de la formation « sécurité » car j’ai de l’expérience à ce sujet. Finalement on m’a demandé plus. Vous savez, on parle souvent de la France de la peur, de la haine, mais la France de l’accueil est plus grande et je fais partie de cette France là. J’étais retraité et je m’engageais alors dans une association humanitaire de sauvetage en mer, c’était quelque chose de formidable, une nouvelle page ouverte. Je pouvais donner de mes connaissances, c’était un grand honneur pour moi.

  • Comment est arrivée cette nomination ? Quelles ont été vos qualifications ?

Je me suis donc proposé pour un soutien technique, opérationnel, je pensais être un bénévole comme les autres si je puis dire. De discussion en discussion on m’a proposé la présidence. J’ai été très surpris mais aussi très fier. Et puis j’ai rencontré des personnes comme on en rencontre peu. J’avais une expérience dans l’environnement humanitaire. Si je dois résumer mon parcours, j’ai eu une douzaine d’années en tant que capitaine de la marine marchande où j’ai navigué jusqu’à avoir mon brevet de commandant. Ensuite, j’ai eu une formation complémentaire pour avoir un Master suivi d’une année en Afrique dans la manutention portuaire. J’ai ensuite travaillé douze ans dans une société qui a un contrat avec l’UE pour faire ce que l’on appelle « le monitoring des aides humanitaires et alimentaires ».

L’Union donnait alors beaucoup d’aide alimentaire et humanitaire à des organismes internationaux comme Le Programme Alimentaire Mondial, La Croix Rouge, Le Croissant Rouge ou des O.N.G. Je me suis donc beaucoup déplacé dans des zones de guerre, au Bangladesh par exemple ou en Corée du Nord. J’étais beaucoup en contact avec des personnes qui travaillaient dans l’humanitaire ou dans la logistique et j’étais évidemment très sensibilisé à ces problématiques.

Crédit Photo (Patrick Bart : Sos Méditerranée)

Après ces douze ans, j’ai travaillé pendant dix-huit ans dans une grande compagnie maritime française ou j’étais directeur Q.H.S.E (qualité, sûreté, sécurité, environnement). J’allais donc beaucoup sur des bateaux faire des audits, des formations etc…

  • Vous étiez déjà une sorte de régulateur ? Un porte-parole ?

Porte-parole je sais pas, mais aujourd’hui j’en suis un en quelque sorte car je suis confronté aux médias, et c’est un tout autre métier, c’est très nouveau pour moi. C’est normal, je suis président et donc bien plus médiatisé aujourd’hui que dans mon métier précédent. Mais j’ai très souvent été amené à prendre la parole devant des équipages, c’est donc presque une suite logique. Aujourd’hui ma mission est différente, c’est du sauvetage en mer avec tout ce que cela implique. SOS a trois missions principales : le sauvetage de vies humaines, la protection et l’accompagnement des rescapés à bord, (avec notre partenaire Médecins Sans Frontières), et le témoignage sur les réalités et les différents visages de la migration.

La première mission est bien-sûr la plus visible, la plus technique, elle demande beaucoup de compétences, d’ailleurs les sauveteurs que nous avons sont très professionnels…

  • J’ai échangé avec votre collègue Alice tout à l’heure et elle a effectivement fait preuve de beaucoup de professionnalisme et surtout, plus surprenant, de neutralité et d’une extrême douceur.

C’est vrai. Ils se remettent en cause tout le temps, ils font beaucoup de formations. C’est très compliqué car on pratique le sauvetage de masse, quelque chose de très particulier. Il faut éviter la panique, la moindre erreur peut amener au chavirement de l’embarcation pneumatique avec beaucoup de personnes à l’eau, des personnes sans gilet de sauvetage qui ne savent pour la plupart pas nager, on est au bord du drame à tout moment. Alice comme les autres a une gestion de tout cela assez extraordinaire. Ça ne s’apprend pas dans un livre, il y a la compétence et la détermination de tous ces marins mais il y a aussi autre chose…

Alice / Marin sauveteur pour SOS Méditerranée
Crédit Photo : Bastien Pietronave (Pokaa)
  • A quoi pensez-vous ?

Nous sommes très cadrés, très sérieux dans les tâches que nous réalisons, mais il y a quelque chose d’autre qui pour moi est très important : le respect du droit maritime. Nous sommes vigilants là-dessus. Nous sommes respectés car nous respectons ce droit à la lettre. Nous sommes dans des zones de recherche et de sauvetage, il y a donc des protocoles à suivre, notamment pour ne pas violer certains droits internationaux. Malgré notre strict respect du protocole on nous reproche encore beaucoup de choses.

  • Que vous reproche-t-on ?

Certains propagent le mensonge, de fausses informations sur nos missions, nos process etc…

  • Qui sont t’ils ?

Des partis politiques plutôt extrémistes qui nous attaquent en nous accusant d’être complices avec les passeurs ou d’être en contact avec eux. C’est faux ! Nous n’avons jamais eu de contacts avec les passeurs et nous n’en auront jamais. Ce n’est même pas envisageable. Le deuxième reproche que l’on peut nous faire c’est de créer un appel d’air.

  • Un appel d’air ?

En gros faire germer l’idée que la traversée est possible car nous sommes là, qu’un bateau (l’Ocean Viking) est là pour les sauver « au cas où ».

Mais c’est faux, elles pensent que si nous n’étions pas là les personnes ne traverseraient pas… Faux. Nous sommes là parce qu’il y a des personnes qui vont se noyer, qui prennent des risques et qui meurent, chaque jour, notamment car la situation est dramatique en Lybie. Cette année le nombre de morts en Méditerranée par rapport au nombre d’arrivées à explosé. Il y a moins d’arrivées, il y a moins de morts, mais si on prend le pourcentage de morts par rapport au nombre d’arrivées celui-ci est beaucoup plus important. Tout cela parce qu’il n’y avait plus aucun navire de sauvetage sur la zone.

  • Pourquoi ces bateaux sont absents de cette zone ?

Parce qu’il y a eu plusieurs bateaux de sauvetage d’O.N.G ou d’associations qui ont été bloqués en Italie ou à Malte. Et nous nous avons commencé à opérer avec l’Ocean Viking (successeur de l’Aquarius) uniquement à partir du mois d’août. Ce qui laisse une zone moins couverte qu’habituellement.

Pour revenir à l’appel d’air que nous avons évoqué tout à l’heure, le troisième élément qui démonte cette théorie ce sont les témoignages. Nous en avons recueilli depuis des années, les personnes que nous sauvons nous décrivent ce qui se passe en Libye. Plusieurs disent :

« Plutôt mourir en mer Méditerranée plutôt que de vivre en Libye, on fait ça pour survivre. »

Crédit Photo : Laurin Schmid (SOS Méditerranée)

Il faut s’en rendre compte. Lorsqu’une personne part avec un enfant on sait qu’on prend un risque certain, qu’on n’a plus le choix. J’entendais l’autre jour sur France Culture un philosophe qui disait qu’il y avait des choses pires que la mort, qu’on pouvait vivre de son vivant des tragédies plus terribles que la mort. Et lorsque ces personnes nous décrivent ces situations ahurissantes : des tortures, des viols, de l’esclavage, des exécutions, des fausses communes, c’est absolument abominable… on peut imaginer que de vivre cela au quotidien est pire que la perspective de traverser une mer déchaînée et de pouvoir y mourir.

On peut alors penser qu’à leur place on ferait pareil. On traverserait c’est certain. A partir de ce moment-là, la théorie de l’appel d’air est enterrée. Mais le sujet des migrations a toujours existé, et celles-ci ne s’arrêteront pas en construisant des murs. Parce qu’il y a eu, il y a, et il y aura des conflits, des difficultés climatiques, économiques, sociales, c’est le propre de l’Homme.

  • Qu’entendez-vous par là ?

Bouger, marcher, partir, s’enfuir, oui c’est le propre de l’Homme depuis la nuit des temps. Personnellement j’ai toujours rêvé de voyager, de m’évader. J’ai eu la chance de parcourir une soixantaine de pays et oui j’ai rêvé à des moments de m’arrêter en Australie ou pourquoi pas de poser mes bagages en Nouvelle-Zélande. Je crois qu’on est beaucoup comme ça non ?

  • Ce que vous voulez dire c’est qu’on a tous, un jour ou l’autre, eu l’envie de migrer mais que leur traversée n’est plus de l’ordre de l’envie mais du besoin vital ?

Bien-sûr, nous sommes tous des migrants ou nous pourrions tous le devenir. Il y a beaucoup de français qui le sont, je crois que le chiffre atteint plus de trois millions dans le monde. Quand on travaille à Montréal, à Singapour, Hong Kong…

« On dit que nous sommes des expatriés, mais nous sommes aussi des migrants ».

Il y a donc toutes sortes de raisons de vouloir partir de son pays. Cela peut-être la guerre, l’économie, la famille, l’aventure. Il y en a qui veulent le bonheur en Europe, d’autres en Asie… on a chacun sa propre raison. Et lorsqu’il y a des personnes qui se noient c’est notre devoir de les sauver, sans aucune distinction. En ce sens l’Union Européenne a placé des moyens en mer, mais depuis le mois de mars ces moyens, notamment matériels et maritimes, ont disparu.

Crédit Photo : Patrick Bart (SOS Méditerranée)

Les moyens de surveillance qui sont donc en place n’ont pas pour but le sauvetage, il faut le savoir. Mais des moyens aériens qui ont pour objectif la surveillance des frontières, celle des passeurs et le contrôle des trafiques, que ce soit de drogues, d’armes ou d’êtres humains. Les moyens maritimes sont donc amoindris, l’Aquarius avait sauvé beaucoup de vies, pas loin de 30 000. A ce jour (le 7 novembre, date de l’interview), avec l’Ocean Viking, nous en sommes à 936 depuis début août. Un énorme chiffre depuis le début des opérations de sauvetage en 2016.

Et puis, au-delà du droit maritime qui stipule que tous les marins du monde doivent secourir une personne à l’eau, c’est aussi un devoir d’assistance à personne en danger, c’est un devoir d’humanité.

  • Qu’est ce que l’association représente pour vous personnellement ?

Elle m’a encore un peu plus ouvert les yeux sur la grande mobilisation citoyenne. Je suis très agréablement surpris par cette France, par tous les bénévoles qui s’engagent. Je suis actif dans beaucoup d’associations mais chez SOS c’est la jeunesse qui prime, pour moi c’est quelque chose de grand. Il y a une prise de conscience des jeunes vis à vis du devoir d’humanité justement. Ce devoir d’humanité n’est pas réservé aux régions côtières, on a des antennes en Bretagne, en Rhône-Alpes, à Lyon ou à Saint-Étienne et maintenant à Strasbourg.

La société est multiculturelle et cela fait aussi partie de notre histoire, reconnaissons le. Nos parents, nos grands parents, certains ont été amené à partir pour vivre, pour survivre. Il ne faut pas l’oublier. Pour des raisons diverses beaucoup de jeunes partent pour vivre ailleurs, c’est encore une fois le propre de l’Homme. Bien évidemment eux ne partent pas dans les mêmes conditions, ils ont des visas, des passeports, ils ne prennent pas les risques que ceux qui traversent la Méditerranée.

Ce que je vois c’est donc une association qui grandit, une société française qui est très présente, mobilisée, beaucoup de jeunes et citoyens, c’est un signe positif par rapport à tous ces messages négatifs qui sont véhiculés, c’est formidable.

  • Une nouvelle antenne ouvre à Strasbourg : c’est de la détresse en plus ? Faut-il réellement se réjouir d’une nouvelle antenne strasbourgeoise et donc des besoins humanitaires qui s’accroissent ?

Bien-sûr, la France est un grand pays, il est important de sensibiliser, de témoigner de la réalité du sauvetage dans toutes les régions de France. Il faut expliquer ce que l’on fait, beaucoup de personnes sont « désinformées ». Nous sommes là parce que des gens se noient, ils mourraient peut-être si nous n’étions pas là, le nombre de morts augmente, c’est donc important de témoigner de cette réalité et de rétablir une certaine forme de vérité.

La mer est un espace de liberté, un espace de loisirs et de joie, les côtes sont reliées par cette mer et c’est donc un espace de passage, il est donc très important que les gens qui vont sur la plage sachent qu’il y a aussi de la détresse. Parmi certaines personnes que nous sauvons certaines n’ont jamais vu la mer, cette immensité, ça leur fait peur mais ils l’affrontent.

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Crédit Photo : Patrick Bart (SOS méditerranée)
  • Quel a été votre meilleur souvenir chez SOS

Difficile à dire j’en ai tellement…

Quand on sait que des personnes ont été torturées en Libye, qui ont souffert, qui ensuite ont passé des heures voire des jours sur une petite embarcation pneumatique, qui ont peur, qui ont failli se noyer, qui arrivent à bord démoralisées, fatiguées, épuisées… on ne peut pas leur dire où ils vont aller, mais la seule chose qu’on peut leur dire c’est : on ne vous ramènera pas en Libye. On ne peut pas leur dire qu’on va les débarquer parce que nous même nous ne savons pas quel port va nous accepter… et quand on nous annonce qu’on va pouvoir les débarquer… c’est… une joie indescriptible. Pour eux, pour les équipes à bord, pour moi aussi.

Quand l’Europe arrive à trouver des accords pour éviter que nous attendions trop longtemps c’est aussi un signe positif. Après il y a aussi les « petits » plaisirs. Quand je reçois des photos qui nous sont envoyées par les personnes du bord et que l’on voit des regards qui veulent tout dire… quand on leur annonce que leur voyage est terminé, lorsqu’on arrive à les faire sourire, je ne peux pas décrire ce sentiment…

J’ai vécu des drames, des Hommes à la mer, des suicides, des personnes que l’on ne retrouve pas, on les connaît, on pense à l’équipage, on est une famille, on est traumatisés… Je l’ai vécu ça, une personne s’est jetée par dessus le bord et je pense toujours à lui, je pensais à sa famille. Les sauveteurs sont aux premières loges, ils vivent ça de l’intérieur.

  • Comment aimeriez-vous voir évoluer l’association ?

En 2014, sous pression de l’UE, l’opération « Mare Nostrum » mise en place par les Italiens s’est arrêtée. En avril 2015, il y a eu un drame en Méditerranée, plus de 800 morts… un chalutier qui s’est retourné, 28 survivants seulement. À ce moment-là, Sophie, une humanitaire française, et Klaus Vogel (marine marchande) se sont rencontrés. Il fallait stopper ce type de drames, ils se sont alliés, mobilisés. Ils ont crée un réseau d’amis et de citoyens qui a permis en six semaines de récolter 275 000 euros. Ils se sont mobilisés et cet argent a donné confiance à un armateur allemand pour louer un bateau, et à un mécène allemand de se porter comme caution.

C’est donc comme ça que l’Aquarius a débuté ses opérations en 2016. Depuis cette date les drames ne se sont pas arrêtés, SOS a donc grossi, on a de plus en plus d’antennes c’est vrai, aujourd’hui nous sommes 28 salariés, 17 antennes, 600 bénévoles, et c’est surtout une association européenne. Il faut savoir que la France a la place la plus importante car toutes les opérations sont gérées d’ici, la majorité des personnes étant à Marseille.

Nous témoignons de manière apolitique d’une réalité, avec des chiffres, des chercheurs qui travaillent dur, il y a de nombreuses compétences qui sont partagées pour avancer. Bien-sûr on aimerait que personne n’ait plus besoin de nous. Si l’UE remettait les mêmes moyens que dans l’opération Mare Nostrum ce serait bien, nous pourrions aller voir ailleurs, faire de l’humanitaire ailleurs… mais nous sommes toujours là et on a besoin de nous. Depuis le début de l’année en Méditerranée centrale il y a eu 700 morts… 700 vies humaines, 700 visages, c’est énorme… et sur l’ensemble de la méditerranée on est à plus de 1000 morts.

Crédit Photo : Pietronave Bastien (Pokaa)
  • Le principal levier à débloquer est donc l’UE ?

La solution ne peut passer que par l’Europe, il faut reconnaître que l’Italie, la Grèce, Malte, l’Espagne sont les premiers pays d’arrivée de ces personnes, ces pays font beaucoup d’effort, donc il faut davantage de solidarité européenne. La seule possibilité pour que ces personnes que nous sauvons n’attendent pas à bord c’est que l’Europe mette en place une solution pérenne, prévisible, pour pouvoir débarquer toutes ces personnes dans les meilleures conditions, sans discussions interminables.

  • Est-ce que vous subissez des pressions ? Des attaques de quelques manières que ce soit ?

J’ai eu des échanges surprenants avec des personnes, vraiment surprenants. Des personnes du milieu maritime qui disaient qu’ils avaient des réserves quant à notre travail, ils ont des informations erronées, il faut donc faire de la pédagogie. C’est décevant. En fait le sauvetage en mer est politisé et il ne devrait pas l’être, le sujet de la migration aussi, il ne faut pas tout mélanger. Je sais aussi qu’il y a des attaques sur les réseaux sociaux mais je ne les regarde pas, je connais l’extrémisme de certains qui étrangement parlent plus que d’autres, je ne les regarde pas, j’ai d’autres choses à faire.

Crédit photo : Lison (bénévoles SOS Strasbourg)
  • Est-ce que vous avez l’espoir que SOS ne serve plus à rien ? Que plus aucun cri ne se fasse entendre, en gros que ces drames s’arrêtent ?

Malheureusement quand on voit ce qui se passe… j’ai vu des chiffres… depuis 2014 il y a eu 18 000 morts… vu la situation en Afrique de l’Ouest, au Sahel, en Afrique subsaharienne, je pense qu’on va encore être là longtemps. Mais il y a des traversées partout, à Cuba, à Haïti, en Indonésie, il faut mobiliser encore et partout, on voit des signes positifs c’est certain mais malheureusement on a encore du travail pour un moment. Et puis ça coûte très cher de naviguer, 14000 euros par jour pour l’Ocean Viking, c’est aussi pour cela que l’on mobilise les citoyens.

  • Dernière question : je suis un jeune homme à la fac, je ne connais rien de SOS ni des causes que l’association défend, qu’auriez-vous à me dire ?

Je te dirai qu’il y a un drame en Méditerranée, que si tu n’as pas de connaissance de ce qui se passe on va te l’expliquer, que si tu as de fausses informations on va les décortiquer pour les démonter. Mais… ne sous-estimons pas la France et sa jeunesse, on en parle pas assez de ce visage là de la France, je suis persuadé que si demain une personne tendait la main à ce jeune il tendrait la main en retour, sans même hésiter une seconde. Alors que l’on soit à Strasbourg ou à Marseille, s’engager c’est déjà tendre la main.

***

Merci à monsieur François Thomas pour son abnégation et pour le temps qu’il m’a dédié. Merci à Alice (une bénévole marin sauveteur dont vous pouvez retrouver le portrait ICI) et merci aux salariés ainsi qu’aux bénévoles qui se mobilisent partout et à chaque instant pour SOS méditerranée.

SOS MEDITERRANNEE

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Crédits photo : Laurin Schmid (SOS Méditerranée) ; Patrick Bart (SOS Méditerranée) ; Lison (bénévole SOS Strasbourg).

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