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En ce moment au Shadok et jusqu’au 30 novembre, une exposition immersive pas comme les autres dérange les esprits et interroge les consciences. Cette expo gratos, proposée par le Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg et intitulée « Ayahuasca – Kosmik Journey », c’est l’œuvre du cinéaste Jan Kounen : un voyage spirituel dans l’univers des plantes médicinales mené par un Shaman Shipipo (guérisseur traditionnel) en plein cœur de la forêt amazonienne. Vous entrez dans la jungle grâce à la réalité virtuelle et pendant 20 minutes une voix vous guide. Aux confins du monde, vous rencontrerez peut-être votre « moi intérieur ». Épileptiques s’abstenir.

 » C’est une sotte présomption d’aller dédaignant et condamnant pour faux ce qui ne nous semble pas vraisemblable. »

Montaigne

Vous entrez dans une salle sombre bercée par de douces et chaudes lumières. Une intervenante vous propose de vous positionner près d’un ordinateur et d’un capteur 3D. Celui-ci est relié à un casque virtuel que l’on vous propose d’enfiler en position debout. Une fois équipé, le monde qui vous entoure est désormais celui de la réalité virtuelle. Vous fixez un point de départ, le chargement s’effectue, vous pouvez maintenant vous asseoir confortablement (sur un pouf tout moelleux). Vous allez partager la représentation visuelle qui correspond (entre autre) à l’expérience psychédélique vécue par Jan Kounen lors de son passage dans la jungle amazonienne (voir le film reportage – D’autres Mondes – plus bas avant la visite).

Mettez-vous à l’aise et faites tomber le pull, votre corps va réagir (doucement pas de panique) à ce que vous allez voir et ressentir (mains moites en folie).

L’expérience

Un sifflement se fait entendre : vous êtes assis dans l’obscurité d’une forêt luxuriante. Un chaman apparaît devant vous, flottant. Virtuellement vous consommez l’Ayahuasca, le rituel commence et votre expérience aussi…

Vous entrez en sons et lumières dans un univers kaléidoscopique sans repère avec comme seule guide une voix qui s’exprime dans une langue inconnue, une sorte de mantra. Cette voix nasillarde c’est celle du chaman qui vous emmène dans un monde animal anthropomorphique et multicolore. Vous divaguez dans l’épicentre d’un espace en constant mouvant circulaire, sans point de fuite et sans repère. Vos yeux se perdent et se laissent aller aux mouvements et à la voix, une voix qui correspond à votre fil d’Ariane tout au long de l’expérience, vous ne la quitterez jamais, heureusement.

Aperçu sur écran du monde dans lequel vous plongez en 3D

Les mondes s’entremêlent, faisant défiler une palette d’émotions douces puis plus vives, le serpent est une figure récurrente, glissante, il se mord la queue, vous entrez en lui, vous redéfinissez la notion d’infini. Le monde animal se mélange aux représentations que vous vous faites de votre corps et de son intérieur (littéralement). Le mantra s’arrête, vous changez d’univers graphique, le mantra reprend et l’image s’accélère. L’expérience suit son cours et le temps n’a plus d’importance…

Mon avis

Je connaissais Jan Kounen pour ses films bien-sûr, pour sa folie et celle de ses amis (il est très pote avec le génial réalisateur Gaspar Noé), pour sa sensibilité et sa vision poétique de l’inexplicable et de l’inexpliqué, notamment en matière de chamanisme et de spiritualité. Et puis un jour, je suis tombé sur ce reportage « D’autres mondes » qui me faisait étrangement penser au roman d’anticipation « Le meilleur des mondes  » d’Aldous Huxley. Alors je me suis lancé dans le visionnage de ce film qui retraçait son expérience avec l’Ayahuasca au cœur de l’Amazonie, en compagnie d’un véritable chaman. Et pour le dire poliment ça m’a troué le cul. Le récit est magistral, les images sont hallucinantes, le trouble et la peur sont palpables et le délire se ressent.

On prend part à sa folie, à ses dérives, à son voyage dans ce qu’il a de plus inconcevable et de plus beau mais aussi dans ce qu’il a de plus terrible. Et l’expo du Shadok nous offre ces deux sensations : l’extase et le doute.

Vous l’avez compris je vous conseille de voir le film ci-dessous avant d’aller au Shadok.

L’expérience n’est certes qu’une expérience virtuelle délivrée par un programme informatique mais elle est très réussie. Elle est réussie car elle n’a pas la prétention de vous plonger dans un délire psychédélique mais pourtant elle vous ouvre des portes sur ce qu’il est possible de voir. À ce titre, le casque et l’effet immersif vous suggèrent le trip sans vous brusquer, doucement, sans peur et sans rebondissement effrayant. On s’imagine aisément l’étendue de tous ces autres mondes que certaines substances ancestrales peuvent ouvrir.

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Note de l’auteur : Un grand merci au Shadok pour le travail qu’ils font, pour les belles découvertes qu’ils proposent, pour l’accompagnement qu’ils délivrent aux visiteurs et pour leur état d’esprit tout simplement.

LE SHADOK

25 presqu’ile André Malraux (Rivétoile)
67100 Strasbourg

expo entrée libre à découvrir pendant les horaires d’ouverture du Shadok :

de 14h00 à 19h00 du mercredi au samedi

La page Facebook
Le site internet
0368987035

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