Le blues du dimanche, c’est fini ! Tous les quinze jours, Pokaa te donne une info positive pour la planète, la société ou la culture. Une idée parfois toute bête, parfois novatrice, pour réconforter ton petit coeur,  et pourquoi pas l’appliquer à Strasbourg !

Dans les groupes Facebook des jeunes Strasbourgeois, il y a des individus que les étudiants craignent redoutent particulièrement, plus qu’un kebab au Morfal. Ils les signalent sur les réseaux dès qu’ils en croisent un, transpirent à grosses gouttes de peur d’affronter leurs machines infernales… Je parle bien entendu des “Mangemorts”.

Et si je te disais, cher(e) Strasbourgeois(e), que tu pourrais ne plus avoir à redouter l’amende? Mieux encore, que tu n’aurais pas à dépenser 1,70€ quand tu veux te déplacer?

Il te suffirait simplement de recycler.

Du plastique pour un ticket

Dans plusieurs endroits de la planète, l’initiative fait déjà fureur. Des villes comme Medellin, Istanbul, Pékin, Surabaya ou Taïwan proposent à leurs habitants de payer les transports en commun avec des bouteilles ou des gobelets en plastiques.

A Medellin, les collecteurs-distributeurs font sensation. (Luis Eduardo Noriega/ Le Parisien)

Les systèmes varient d’une capitale à l’autre, en fonction des moyens économiques dont elles disposent, mais le principe reste fondamentalement le même.
A Subaraya, les habitants donnent directement leur récipient en plastique au contrôleur. Les déchets ainsi récoltés sont alors revendus à des entreprises de recyclages.

A Pékin, Istanbul ou Sydney, les usagers du métro insèrent leurs bouteilles et gobelets dans des machines, qui créditent la somme équivalente sur la carte de transport. Même principe à Taïwan, où les récolteurs, appelés iTrash Kiosques, sont présents dans plusieurs rues de la ville.

Les collecteurs I.Trash sont partout dans Taïwan. (the associated press / Le fil rouge)

Il paraît que cette idée date d’une trentaine d’année. Pour lutter contre l’enclavement lié à la pauvreté, Jaime Lerner maire de Curitiba (Brésil), avait mis en place des containers de collecte des déchets (bouteilles, canettes…). En échange de ces emballages polluants, il distribuait des cahiers ou des tickets de transport.

Lutter contre la pollution

Dans ces villes la consommation de plastique atteint des sommets. Istanbul, capitale turque de 15 millions d’habitants, 17 000 tonnes de déchets sont produites chaque jour, pour un taux de recyclage qui atteint à peine les 11%.
A Pékin, sur les 17 700 tonnes de déchets quotidiens, produits par 20 millions d’habitants, 50% finiraient dans une décharge publique, sans être triés.

Dans le métro d’Istanbul, ligne 10, on se croirait dans un épisode de Star Trek. (Le Parisien)

Autant dire que ce système de collecte est un sérieux coup de pouce pour la réduction et le recyclage des déchets: il faut en effet plusieurs bouteilles ou gobelets pour parvenir à couvrir la totalité d’un tickets de transport !
Il faut ainsi compter une vingtaine de bouteilles à Pékin, et 86 bouteilles à Istanbul, pour que le trajet soit entièrement remboursé. Ça paraît énorme? Et pourtant, si on calcule on combien de bouteilles ou gobelets plastiques nous consommons chaque jour, le compte y est vite !

Sans compter que cette initiative permettrait aux plus modestes de se déplacer plus facilement, à moindre coût ! Sachant qu’un pack de six bouteilles d’eau de source coûte en moyenne 1,35€, on arrive vite au prix d’un ticket CTS … tout en encourageant l’économie verte

Et en France ?

Ben… nada. Zero. Pas de cocorico écolo à l’horizon pour le moment. Et dans le reste de l’Europe non plus.
Pourtant, en soit, l’installation de ces machines écolo-socio-friendly est peu coûteuse. Le magazine Challenge a fait le calcul: pour amortir les 2000€ que coûte un distributeur, et que l’affaire soit rentable sur le plan économique, il faudrait 105 000 bouteilles. On est d’accord, ce n’est pas énorme par rapport à tout le plastique qui circule ?

En tous cas, Istanbul prévoit d’élargir l’initiative à l’ensemble de ses lignes de métro, et Taïwan a prévu d’installer 10 000 iTrash Kiosques supplémentaires. Alors même si le mieux serait de ne plus consommer ni produire de plastique, de le bannir totalement de nos vie, cette solution est quand même plutôt ingénieuse pour se débarrasser de celui qui existe déjà, non

Alors, prêt(e) à faire un pied de nez aux « Mangemorts » strasbourgeois avec ton gobelet Starbucks ou ta bouteille de Coca-Cola ?

<<MARIE DEDEBAN>>

1 commentaire

  1. Comme vous le mentionnez, le meilleur déchet est celui qui n’est pas produit et les gens vraiment écolos évitent d’acheter des boissons dans des bouteilles en plastique. Ça part d’une bonne idée, mais à retravailler. Un tram où les gens pédaleraient pour payer leur ticket moins cher ? 🙂

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