Alors que les géants de la vente prennent encore et toujours plus de places dans nos vies, la viabilité des commerces de proximité est de plus en plus précaire. C’est particulièrement vrai dans le cas des librairies, qui incarnent pourtant une véritable histoire et une possibilité de passage de témoin entre différentes générations. C’est pourquoi quand de bonnes nouvelles arrivent, on est heureux d’en parler : la semaine dernière, Audrey, Stéphanie et Élodie, trois employées de la librairie jeunesse La Bouquinette, ont décidé de reprendre la petite entreprise et se lancer dans une belle aventure !

« La Bouquinette, c’est un lieu transgénérationnel »

Selon Audrey, Stéphanie et Élodie, La Bouquinette est un lieu transgénérationnel : « On a des parents qui viennent avec leurs enfants, des grands-parents qui viennent avec leurs petits-enfants… C’est un lieu d’échange. » C’est sans doute pour cela que les trois femmes sont aussi attachées à ce lieu, après avoir été employées pendant des années.

Il faut dire que La Bouquinette est une librairie jeunesse, mais avec une portée très large : « On vise l’ensemble de la jeunesse, de la petite jeunesse à l’adolescence. Mais il arrive aussi que des adultes trouvent leur bonheur, pour eux-mêmes ou pour offrir à d’autres. » C’est ce côté multicarte qui fait la spécificité de cette très belle librairie située au 28 rue des Juifs, une des premières librairies spécialisées jeunesse en France à sa création en 1977.

« Toucher le jeune public, toute la jeunesse, c’est former les adultes de demain » : tout un  travail (d’équipe)

Le côté jeunesse est indissociable de la petite librairie et c’est quelque chose qui tient particulièrement à cœur à Audrey, Stéphanie et Élodie : « C’est vrai que toucher le jeune public, toute la jeunesse, c’est former les adultes de demain.» Cette volonté d’accompagner la construction de l’enfant par la lecture de livres, de bande-dessinées ou encore d’autres ouvrages est une réelle conviction pour les trois femmes : « Donner un livre à un enfant, c’est l’ouvrir au monde. »

Cette tâche n’est pas aisée, la situation des librairies de proximité étant relativement précaires aujourd’hui. Et racheter une librairie implique tout une série de paramètres économiques et financiers qui peuvent vite se révéler très lourds. D’ailleurs, une tentative précédente, par une autre personne, avait avorté en 2014, à cause d’un incendie.

Ce qui est sûr en tous les cas, c’est que dans toutes les épreuves qu’elles traverseront dans le futur, les trois femmes mettront toujours le travail d’équipe comme valeur cardinale.

« On veut garder l’essence du lieu, tout en ajoutant notre patte »

Leur but désormais, après avoir racheté La Bouquinette, pourrait se résumer en un vieux slogan politique : le changement dans la continuité. « On veut garder l’essence du lieu, tout en ajoutant notre patte. » Conserver ce lieu d’histoire qui a bien vécu en quarante-deux ans, tout en proposant quelque chose de dynamique et de moderne : voici le défi que Audrey, Stéphanie et Élodie se sont lancé.

Il y a par exemple un espace d’exposition dans la vitrine qui tourne régulièrement ; mais le gros du travail réside surtout dans des séances de dédicaces et des rencontres organisées. « Quasiment tous les samedis, il y a une dédicace ou un atelier », me précisent-elles. Et si le mois de mars est dédié à une exposition d’Amandine Laprun – avec une dédicace le 30 mars – le mois d’avril sera davantage tourné vers le travail du papier, avec par exemples des pop-ups et des livres objets. Un joli programme, qui montre tout le dynamisme et la volonté des désormais propriétaires de La Bouquinette.

Avec Audrey, Stéphanie et Élodie, La Bouquinette est entre de bonnes mains. Fortement attachées au lieu et à ce qu’il représente, elles souhaitent le développer encore davantage, dans la joie, la bonne humeur, mais surtout en équipe. Avec Lexi Léopard, leur mascotte, qui veille au grain…

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