Le mois de décembre vient de débuter, il n’y a désormais plus moyen de se cacher : le compte à rebours de Noël a officiellement débuté ! Vous regardez votre compte en banque et réalisez que votre PEL ne sera peut-être pas suffisant pour tous les cadeaux, entre la Wonderbox de belle-maman et le nouveau truc à la mode pour vos nièces et neveux. Mais il y a une raison pour laquelle Noël ne rime pas avec ruine ; l’important n’est pas la dépense, mais bien l’intention derrière. Ça tombe bien, il est possible à Strasbourg de réaliser des achats de jouets de seconde main. Dans l’idée de donner une deuxième vie à des jouets qui n’ont pas forcément pu vivre pleinement leur première…

Tu n’es qu’un jouet, un pantin désarticulé !

À première vue, on peut se demander pourquoi on irait acheter un jouet de seconde main. Après tout, on vit dans une ère du neuf, du brillant, du shiney même. Il faut tous les nouveaux trucs, et l’espérance de vie diminue avec chaque année qui passe. Tout devient dispensable, la concentration est une denrée rare et les modes passent et trépassent en le temps qu’il faut pour faire un vlog ou une vidéo d’unboxing.

Regardez toutes ces peluches toutes fluffy ! Crédit @Carijou

Après tout, il est normal que les jouets soient dans cette mode ; ce sont des cadeaux, généralement offerts aux jeunes, qui vivent d’une manière totalement différente qu’on a pu le faire – mon dieu que cette phrase fait vieux con. Beaucoup de jouets sont donc laissés pour compte, devant les possibilités de consommation presque infinies, que redoutent chaque parent une fois décembre arrivé.

Dès lors, forcément, les jouets déjà utilisés revêtent un caractère obsolète, comme s’ils étaient déjà passés de mode. Pourtant, il y a plein de possibilités de trouver de super jouets de seconde main, surtout que les établissements qui promeuvent cette pratique sont généralement bien plus éthiques que les grandes enseignes.

Un jouet de seconde main, c’est beaucoup mieux qu’un Ranger de l’espace !

J’ai retenu deux magasins qui incitent une consommation de jouets de seconde main – quoique le mot « consommation » ne soit peut-être pas le plus adapté.

Carijou, ou la réinsertion par les jouets

Le premier s’appelle Carijou. Situé au 45 rue du Faubourg National, le magasin reçoit des jouets collectés auprès de différents réseaux humanitaires, tels que CARITAS, la Croix Rouge, ou encore les Restos du Cœur, mais également de différentes associations, entreprises ou institutions. Les de particuliers ne sont pas en reste et jouent un rôle important.

Le magasin Carijou. Cré[email protected] Carijou

En plus de cela, Carijou offre à des personnes en situation d’éloignement de l’emploi de se réinsérer dans le monde du travail, en leur proposant des contrats aidés. Les travaux réalisés par ces personnes sont de qualité, puisque les jouets reçus doivent être triés, nettoyés, et même complétés, si besoin est. C’est tout un mécanisme de réinsertion qui se met en place pour ces personnes-là, souvent celles en situations de grande difficulté.

Vous pourrez donc vous offrir – ou offrir aux autres – des jouets de très bonne qualité, le tout dans une perspective humaine. De quoi réchauffer les petits cœurs gelés à l’approche de Noël.

Lien vers les jouets.

Des Berthes et des pas mûrs : jouets et jeu de mots

Des Berthe et des pas mûrs a le mérite d’accrocher l’œil dès le départ. Il est impossible de passer à côté de son nom. Sa genèse vient d’un surnom moqueur lors d’un pique-nique familial quand Frédérique, la créatrice, avait huit ou neuf ans. A travers son enseigne, elle cherche à mettre au centre des préoccupations la démarche d’acheter des jouets de seconde main : « La démarche de seconde main n’a pas du tout commencé, et surtout pas pour les enfants. C’est tout une population qu’il faut convaincre. »

Dès lors, Frédérique essaye de mettre les petits plats dans les grands, et ce depuis deux ans et demi. Ses produits sont repérés ou récupérés, puis lavés, retapés parfois aussi. Elle propose même de la recherche à la demande, sans jamais demander à ses clients un engagement quelconque : « Je fais une sélection personnelle des jouets que je reçois. J’ai toujours eu un œil pour redonner de la vie aux choses, et cela depuis toute petite. » Une exigence qui se propage dans la tenue de sa boutique, absolument impeccable : « Je fais aux autres ce que j’aimerais bien qu’on me fasse. » ajoute-t-elle en riant. Et dès qu’un client la complimente sur sa boutique, on sent que cela lui fait plaisir.

Il faut dire que Frédérique y a mis toutes ses économies ; elle ne touche pas encore de rétribution pour son travail : « dès que je toucherais mes premiers 20€ de salaire, cela part en bouteille de champagne ! » m’a-t-elle dit, dans un sourire. Un sourire qui cache aussi la difficulté de s’établir dans le milieu de la seconde main, qui ne jouit pas d’une renommée considérable. « Pourtant, mon produit plaît, j’ai plein de bonnes remarques sur mes pages Facebook et Google… je pense que c’est surtout un problème de communication. »

Elle manque en effet grandement de visibilité et, à terme, cela menace Des Berthes et des pas mûrs. Pourtant, ce ne sont pas les idées qui manquent : entre des projets de DIY de seconde main (« do it yourself » dans la langue de Shakespeare, à savoir des choses que l’on peut fabriquer soi-même) et d’autres comme un happy-hour de jouets, les idées fourmillent pour continuer de faire vivre la boutique. Aujourd’hui, néanmoins le nerf de la guerre se situe au niveau de la communication ; sans cela, sans bouche à oreille, les petites enseignes qui tentent d’instaurer un changement dans nos pratiques meurent à petit feu.

Et justement, Frédérique situe son engagement du côté écologique : « Je ne suis pas une aficionado de l’écologie, mais la problématique de la planète est une des raisons pour laquelle je me suis lancé dans cette aventure. » Cette mère de famille, créatrice de nature, mène à sa façon une lutte pour l’environnement, de façon à incarner le mieux possible à cette phrase qui guide sa passion : « Nous n’héritons pas de la terre de nos parents, nous l’empruntons à nos enfants. »

 

Acheter des jouets de seconde main est un moyen de faire plein de bonnes petites choses. Soutenir des associations qui œuvrent à donner une seconde vie à des jouets, et dans le même temps permettre à la réinsertion de certaines personnes. Carijou, des Berthe et des pas mûrs ou encore d’autres enseignes que vous connaissez, les alternatives existent, il faut juste faire le premier pas. Gardez en tête que Noël est une période où le plus important est de faire plaisir aux autres et à soi-même, et qu’on n’est pas obligé de partir dans une course au cadeau le plus stylé. Et déjà joyeux Noël (Flantier) les amis !

 

Dans cet article, j’ai cité deux boutiques, qui font des choses très différentes concernant les jouets. Mais bien évidemment, cela n’a pas de valeur d’exhaustivité. Dès lors, si vous en connaissez d’autres, n’hésitez pas à les mettre en commentaire !

 

3 COMMENTAIRES

  1. J’achète mes jouets et livres (beaucoup de livres pour enfants) dans la boutique Oxfam (5-7 rue de la Division Leclerc) et chez Emmaüs (j’utilise particulièrement celui de montagne verte 5 Chemin de la Holtzmatt mais il y en a d’autres autour de Strasbourg. Pendant le mois de décembre en particulier, chez Emmaüs ils proposent de gros « kits » de playmobils par exemple (un château avec tous les accessoires etc…) en plus des jeux/jouets/livres qu’on trouve toute l’année.

  2. Merci TWeber! Je ne connaissais pas Oxfam, j’irais y faire un tour 🙂
    Carijou et Berthe sont à côté de chez moi… J’adore! Je n’achète plus que de l’occasion ou presque. Je vais également au Sémis, rue Brulée pour les vêtements ou à la Toute Petite Librairie à la Meinau !

    Merci pour cette article !

  3. Il existe aussi une très belle boutique de dépôt vente sur schiltigheim qui s appelle les bébés trocoeurs.
    Cela fait des années que j y vais (mon fils a 18 ans)
    Il y a un choix incomparable de jeux ,livres, habits en excellent état proche du neuf.
    A voir.

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