Aujourd’hui à 9h, les opposants au GCO (Grand Contournement Ouest) se sont réunis devant le tribunal administratif de Strasbourg. Une cinquantaine de personnes étaient venue soutenir Maître François Zind qui défend les recours présentés par le collectif GCONonMerci. Suite à l’audience qui a commencé à 10h, deux gros recours devraient être jugés dans la journée ou demain. Ils sont cruciaux dans le combat que mènent ces élus, associatifs environnementaux et autres citoyens contre ce projet d’autoroute controversé (voir ici ou ici et ici plus plus d’informations).

Une première victoire était annoncée vendredi dernier. Le permis d’aménagement du futur viaduc de Kolbsheim est suspendu par le tribunal, mais des arbres continuent d’être coupés. Les opposants au GCO se sont réjouis à 2000 samedi dernier à Kolbsheim, réaffirmant leur détermination. Ce mercredi matin, c’est une nouvelle bataille judiciaire qui commençait. L’autorisation préfectorale unique permettant les travaux partout et une autorisation spécifique pour certains alignements d’arbres entre Pfulgrieshiem et Pfettisheim et entre Duppigheim et Duttlenheim notamment, sont en jeu. Le résultat prochain (probablement aujourd’hui et mardi 25 septembre) de ces recours pourrait mettre les travaux en suspend en attendant un jugement de fond.

Deux référés de suspension en cours de discussion

Le Syndicat des Avocats de France, dont fait partie Maître Zind, était présent. L’arrêté préfectoral permet à Vinci de déboiser l’ensemble de la forêt pour les travaux préparatoires, même si ce n’est pas nécessaire pour ceux-ci. Ce qu’ils se sont empressés de faire depuis la rentrée et l’autorisation unique donnée par le préfet du Bas-Rhin Jean-Luc Marx. Caroline Zorn, présidente de la section strasbourgeoise du syndicat, évoque, à l’instar d’Alsace Nature, un déni de démocratie et de justice :

« On est choqué de l’absence de respect d’un principe fondamental, celui du recours effectif. Lorsque vous avez un déboisement violent et accéléré, l’Etat aujourd’hui envoie des gendarmes mobiles pour défendre les intérêts de Vinci, alors qu’il y a un doute sérieux sur la légalité du projet, il est de bon ton d’accorder un moratoire et de ne pas gazer les citoyens. Surtout lorsque vous avez de telles contestations et des arguments sérieux opposés au projet et 7 avis négatifs de commissions…»

Une fois l’audience commencée, les militants restent devant le tribunal, attendant la visite plus ou moins surprise du député proche de la France Insoumise et ancien journaliste, François Ruffin. Le réalisateur de « Merci Patron » a tenu à soutenir le combat des opposants contre le projet d’autoroute controversé de 24km. « Ne baissez pas les bras, dès fois les victoires surgissent au moment où on s’y attend le moins » les encourage-t-ils. « Cette bataille vous pouvez la gagner », juridiquement, sur le terrain et au niveau de l’opinion.

« La lutte que vous menez doit avoir un écho pour l’Europe »

Aux côtés de Maurice Wintz d’Alsace Nature, il prend la parole pour un bref discours d’une dizaine de minutes avant d’échanger avec les opposants sous les caméras. Fait rare, il a salué le « courage de l’engagement » d’une député LREM du Bas-Rhin, Martine Wonner, qui continue à se positionner contre le GCO malgré les récentes prises de positions du gouvernement (François de Rugy, ministre de l’environnement et Elisabeth Borne, ministre du transport, ont défendu le GCO récemment dans les médias). »Lorsqu’elle déclare que ça ne sert à rien de faire de la pseudo-concertation avec F.DeRugy si sa décision est déjà prise, je pense que c’est un acte courageux », estime-t-il.

Les élections européennes à venir en Mai 2019 semblent également déjà au programme du discours du politicien: « Ce qui se passe ici prend aussi un sens européen. Quel Europe on veut pour demain? On veut celle des camions ou celle où on peut respirer? Il y a des jours où on dit à mes gamins qu’ils ne peuvent pas courir dans la cour de récréation parce que c’est pollué dehors. »

« Le fait de voir les bulldozers sur le terrain, les arbres qui tombent, les gens évacués, la police en appui à l’Etat et Vinci… je pense que tout ça amène les gens à choisir de quel côté de la barrière ils se trouvent et non plus au niveau local, mais bien national et j’espère européen. »

Il est ensuite allé sur place à Kolbsheim pour constater les travaux et mettre en scène une « commission d’enquête officieuse et décentralisée » où les citoyens (et essentiellement des associatifs et élus anti-gco) se font interroger par le député sur une colline déboisée avec le bruit des tronçonneuses et des machines en fond sonore.

Depuis la rentrée, le sujet du GCO prend de l’ampleur et intéresse de plus en plus les médias et politiciens nationaux, notamment depuis la présence de députés et d’eurodéputés (José Bové, Martine Wonner, sur le terrain pour montrer leur opposition. Plusieurs d’entre eux ont été gazés lors d’interventions des forces de l’ordre. Le maire de Kolbsheim, Dany Karcher, figure de proue du mouvement anti-gco, a même brûlé son écharpe d’élu la semaine dernière.

On vous tient au courant de la suite des événements, notamment du résultat des référés en cours…

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