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« Des mesures urgentes sont nécessaires » : l’AFGES alerte sur la précarité étudiante à Strasbourg

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L’AFGES a présenté le bilan de son dispositif de logement provisoire ce mardi 27 octobre. Sans surprise, les chiffres témoignent d’une précarité étudiante grandissante. À Strasbourg, parvenir à se loger quand on veut faire des études ressemble de plus en plus à un véritable parcours du combattant.

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Après avoir passé la sélection de Parcoursup, c’est avec son dossier de location qu’il faut espérer être sélectionné. Chaque rentrée, des étudiant(e)s débarquent à Strasbourg pour débuter leurs études et ne parviennent pas à trouver un logement. Pour leur éviter de se retrouver à la rue, l’AFGES réserve depuis plusieurs années des lits en auberge de jeunesse et les accompagne dans leurs recherches grâce à son dispositif de logement provisoire.

D’après l’AFGES (Association fédérative générale des étudiants de Strasbourg), un(e) étudiant(e) paie aujourd’hui en moyenne 631€ de loyer par mois. Un montant en hausse de près de 9%. Le logement reste, de loin, leur premier poste de dépense. Du côté des résidences du Crous, les places se font rares, avec une seule place pour 17 étudiant(e)s. Pour les autres, il faut se tourner vers des locations privées, aux loyers souvent bien plus élevés.

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© Laurent Khram / Document remis

Cette année, le dispositif a été mis en place à partir du 2 septembre et jusqu’au 4 octobre, soit 33 nuits au total. Les bénéficiaires ont été accueilli(e)s à l’auberge de jeunesse HI France des 2 Rives, rue des Cavaliers, au sein de laquelle neuf dortoirs de quatre lits ont été réservés. Pour rappel, le dispositif est ouvert aux étudiant(e)s majeur(e)s de l’Eurométropole. Pour en bénéficier, il faut être inscrit(e) pour l’année en cours, hors formation à distance et n’avoir aucune solution d’hébergement à Strasbourg ou dans les environs.

Le dispositif ne se limite pas à la proposition d’hébergement, avant d’être accueilli(e) à l’auberge de jeunesse, chaque étudiant(e) passe un entretien individuel avec un(e) chargé(e) de mission spécialisé(e) dans l’accompagnement social. L’occasion de faire le point sur sa situation, les démarches entamées, mais aussi d’éviter les arnaques. La chargée de mission présente ensuite les aides au logement possibles et les autres aides alimentaires et financières. Ce rendez-vous permet aussi d’aborder des difficultés qui vont au-delà du logement comme l’isolement ou la santé.

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© Chloé Moulin

Des étudiant(e)s qui viennent de loin

Cette rentrée, 353 étudiant(e)s ont sollicité l’AFGES. Parmi eux, 138 ont déposé un dossier et 87 ont finalement été hébergé(e)s, jusqu’à 25 nuits. En moyenne, les bénéficiaires ont passé 13 nuits à l’auberge de jeunesse, le temps de souffler et de continuer à chercher un logement.

Huit bénéficiaires sur dix viennent de pays situés hors de l’Union européenne. La moitié commence tout juste leurs études à l’université et leur moyenne d’âge se situe autour de 24 ans, contre 22 ans l’an dernier. Pour l’AFGES, ces chiffres traduisent les difficultés particulières de celles et ceux qui ne sont pas originaires de la région. En moyenne, les bénéficiaires peuvent consacrer au maximum 415 € par mois à leur loyer, soit 216 € de moins que le loyer moyen à Strasbourg.

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© Laurent Khram - Longvixay / Document remis

« La situation du logement est tellement tendue »

À la sortie du dispositif, 59% des bénéficiaires disent avoir trouvé un logement durable. La moitié d’entre eux emménagent dans un logement du Crous, 40% trouvent un logement dans le parc privé et 10% sont logé(e)s chez un(e) proche. Cette rentrée, les demandes ont augmenté de 8,6% et l’AFGES a quant à elle augmenté le nombre de bénéficiaires et le nombre total de nuits proposées.

« La réalité de cette précarité étudiante est alarmante, on sait qu’on donne notre possible pour accompagner les étudiants et étudiantes dans le besoin, mais la situation du logement est tellement tendue qu’on ne sait pas dans quelle mesure ils trouveront quelque chose derrière. Des mesures urgentes sont nécessaires, on ne comprend pas comment c’est possible de laisser des étudiant(e)s dans cette situation », alerte Maroussia Dhume, présidente de l’AFGES.

Face à ce constat, l’association appelle à ce que plusieurs mesures soient mises en place. Ses membres demandent notamment un encadrement des loyers, mais estiment aussi que la municipalité devrait créer sa propre bourse à destinations des étudiant(e)s les plus précaires. L’AFGES plaide également pour une aide à l’installation, sur le modèle de la Ville de Paris, qui verse entre 500 et 1 000€ aux étudiant(e)s en difficulté au moment d’emménager. Enfin, l’association souhaite la construction de nouvelles résidences Crous, comme celle attendue place d’Islande pour 2028 et que les jeunes soient mieux pris en compte dans l’attribution des logements sociaux.

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