« L’opéra sur l’opéra », « le théâtre dans le théâtre ». C’est toute l’originalité d’Ariane à Naxos, la nouvelle production que présentera l’Opéra national du Rhin du 31 octobre au 9 novembre à Strasbourg. Jouant des codes de la comédie de mœurs et de ceux de la tragédie grecque, le chef-d’œuvre de Richard Strauss et Hugo von Hofmannsthal nous emmène dans les coulisses de la création. Une œuvre qui ne manque pas de résonner avec les défis rencontrés par les artistes, encore aujourd’hui.
D’humour et de rebondissements, la nouvelle production de l’Opéra national du Rhin (OnR) n’en manquera pas (en coproduction avec l’Opéra de Dijon).
Chef-d’œuvre du compositeur Richard Strauss et de l’écrivain Hugo von Hofmannsthal, l’opéra Ariane à Naxos nous entraîne tout à la fois dans les coulisses animées d’un spectacle, et plus largement, celles de la création artistique.
Son originalité ? Il se découpe en deux parties bien différentes. Dans un prologue qui est parlé, on assiste tout d’abord aux derniers préparatifs d’un opéra composé autour de la figure d’Ariane. Sauf qu’à quelques minutes de la représentation, le mystérieux commanditaire du spectacle en modifie les conditions de jeu, obligeant les artistes à s’y adapter et à se réinventer.
S’ensuit alors l’œuvre fusionnée, forme hybride imaginée entre la troupe lyrique et celle de comédie italienne, mêlant ainsi les codes des deux genres. « Une situation de théâtre dans le théâtre, teintée d’humour caustique et fascinante de véracité, tant elle nous plonge dans l’urgence de la création. »
Pourquoi voir « Ariane à Naxos » ?
Créé le 4 octobre 1916 au Hofoper de Vienne, mis en scène aujourd’hui par Myriam Marzouki, cet opéra n’a pas perdu de son propos. Si la nouvelle directrice de l’Opéra national du Rhin, Chrysoline Dupont, l’a choisi pour ouvrir la saison, c’est qu’il raconte encore « [les] tensions artistiques, [les] rapports de pouvoir [et les] arbitrages d’une institution ».
Une mise en abyme et en lumière des coulisses de la création artistique, face aux difficultés qu’elle rencontre de nos jours. Le tout exacerbé par le choix de Myriam Marzouki de « brouiller les pistes entre fiction et réalité », en nous plongeant dans le décor d’une somptueuse villa.
Quant à donner vie au génie de Strauss, on retrouve l’Orchestre national de Mulhouse, mené par Christoph Koncz, pour sa dernière saison à sa tête. Ainsi qu’une distribution internationale sur scène, avec quelques « talents de demain ».
S’y distingue ainsi la soprano française Eugénie Joneau qui s’empare de son premier rôle-titre (celui d’Ariane/La Prima Donna). Issue de l’Opéra Studio de l’OnR, elle a notamment été nommée Révélation artiste lyrique aux Victoires de la Musique Classique 2022.
Et face à elle, dans le rôle de Zerbinetta (de la troupe comique) : la soprano française Julie Roset, également récompensée comme Révélation artiste lyrique aux Victoires de la Musique Classique 2025.
Accessible dès 10 ans, Ariane à Naxos s’invitera à l’Opéra (de Strasbourg) du 31 octobre au 9 novembre, au Théâtre de La Sinne (Mulhouse) les 20 et 22 novembre, puis au Théâtre municipal de Colmar, le 29 novembre.
Pour aller plus loin : notons qu’en amont des représentations, auront lieu des « Prologues » 30 minutes avant, pour introduire le spectacle ; et le vendredi 30 octobre (à 18h), la Librairie Kléber accueillera une rencontre, pour discuter avec les équipes artistiques.
Événement
« Ariane à Naxos » – Opéra national du Rhin
Quoi ?
Opéra de Richard Strauss et Hugo von Hofmannsthal, mis en scène par Myriam Marzouki
En langue allemande (surtitrage en français et en allemand), dès 10 ans
Quand ?
- À Strasbourg : du 31 octobre au 9 novembre (samedi, lundi, mercredi et vendredi à 20h, dimanche à 15h)
- À Mulhouse : vendredi 20 novembre à 20h et dimanche 22 novembre à 15h
- À Colmar : dimanche 29 novembre à 15h
où ?
- À Strasbourg : à l’Opéra de Strasbourg, au 19 place Broglie
- À Mulhouse : au Théâtre de la Sinne, au 39 rue de la Sinne
- À Colmar : au Théâtre municipal de Colmar, au 3 rue des Unterlinden


