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Attentat raciste de Trappes : hier soir, 500 personnes se sont rassemblées Place Kléber

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À Strasbourg, plusieurs centaines de personnes étaient rassemblées hier soir place Kléber pour rendre hommage aux victimes de l’attentat raciste de Trappes. Elles ont aussi dénoncé la banalisation des discours racistes.

« Nous ne voulons pas d’une société où la haine devient normale », scande Ingrid Boury au micro devant les 500 personnes rassemblées sur la place Kléber. Sur la statue, au-dessus de la présidente de la section de Strasbourg de la Ligue des droits de l’Homme, une banderole affiche « Justice pour Pengo ».

Le vendredi 23 octobre, Pengo Bossio Wangi a été assassiné lors d’un attentat raciste à l’arme automatique qui a également fait cinq blessé(e)s, dont une fillette de 12 ans, dans les communes de Trappes et de La Verrière.

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attentat trappes rassemblement contre le racisme
© Adrien Labit / Pokaa

Placé en garde à vue, Kevin T., l’auteur des tirs, a déclaré aux enquêteurs/rices avoir voulu « venger » les commerçant(e)s victimes des pillages en marge des manifestations du 17 octobre en s’en prenant « aux noirs et aux arabes ».

Dans un article de Mediapart, ses proches témoignent d’une personne raciste, radicalisée par des années de discours haineux à la télévision. Un exemplaire de Mein Kampf a également été retrouvé à son domicile. Une enquête a été ouverte par le parquet national antiterroriste, le motif raciste de l’attentat est clairement établi.

« J’étais en colère »

« Allumez tous vos flashs pour rendre hommage à toutes les victimes du racisme ! » Face à Biendi Nkewa, la place Kléber s’illumine de centaines de points lumineux alors que la foule se met à crier. Ce soir, le Strasbourgeois de 25 ans parle avec ses tripes : « Pengo Bossio Wangi, c’était un frère de notre communauté, je me suis levé et je me suis dit qu’en tant que noir, je me devais de défendre cette cause et lutter contre le racisme. »

Alors que la clameur retombe, que les téléphones s’éteignent, seule demeure la lumière vacillante des petites bougies déposées sur le socle de la statue.

attentat trappes rassemblement contre le racisme
Biendi Nkewa invite les participant(e)s à rendre hommage à toutes les victimes du racisme. © Adrien Labit / Pokaa

Biendi Nkewa témoigne avoir été extrêmement choqué par l’attentat. « J’étais très en colère, je me demandais pourquoi au 21ᵉ siècle, en 2026, il arrive encore ce genre de choses ? Ça me répugne qu’il y ait encore des fachos et des racistes aujourd’hui et qu’ils se permettent d’ôter la vie d’un humain gratuitement. »

Face à cette douleur, le jeune homme a trouvé du réconfort dans la foule rassemblée sur la place : « Ça me fait vraiment chaud au cœur et ça me rassure de voir qu’il reste encore de l’humanité, des gens avec un grand cœur qui sont capables de lutter contre ça. »

Le racisme n’est pas une opinion

Conseiller municipal de Strasbourg, Syamak Agha Babaei constate une banalisation des discours racistes en politique et dans l’espace public. « Même dans mon milieu professionnel, à l’hôpital, je commence à entendre des soignants tenir des positions qui étaient impensables il y a quelques années. »

Pour l’élu d’opposition, il est devenu quotidien d’entendre « de soi-disant républicains » stigmatiser des pans entiers de la société à cause de leurs origines ou de leur religion. « Plus on va être silencieux, plus on va céder, plus ces personnes qui portent la haine vont se sentir légitimes et autorisées. Il faut être là, il faut que les personnes concernées prennent la parole. »

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Syamak Agha Babaei, conseiller municipal d'opposition, prend la parole. © Adrien Labit / Pokaa

« Au-delà de la responsabilité de la personne qui sera jugée pour l’attentat en lui-même, il y a une responsabilité politique et médiatique, explique Ingrid Boury. Les idées racistes, xénophobes, islamophobes sont diffusées dans les médias comme des opinions, alors que ce ne sont pas des opinions. »

Emmanuel Fernandes, député LFI du Bas-Rhin, dénonce « un attentat qui ne vient pas de nulle part ». Il pointe lui aussi la responsabilité de la parole politique d’extrême droite, sans oublier les discours racistes qui sont jusque dans les rangs du gouvernement et des médias qui les relaient « sans filtres et souvent sans recadrage ». Pour l’insoumis, « le racisme est un délit et il amène à commettre des crimes ».

« Faire front commun »

« À quelques mois de l’élection présidentielle, il faut impérativement sensibiliser un maximum de monde vis-à-vis de ce qui s’est passé à Trappes, ça pourrait se passer également à Strasbourg », explique Leila Sihabi du Collectif décolonial pour la Palestine. Pour la militante antiraciste, l’attentat de Trappes puise ses racines dans un continuum de violence remontant à la colonisation. « Il n’y a toujours pas eu de rupture avec cette islamophobie, ce racisme et cette négrophobie qui viennent de l’époque coloniale. »

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Leila Sihabi du Collectif décolonial pour la Palestine prend la parole place Kléber. © Adrien Labit / Pokaa

La militante antiraciste témoigne de la peur qui saisit de nombreuses personnes issues des minorités, qu’il s’agisse des agressions racistes, des violences policières ou de la perspective de la présidentielle. « Ce que je veux dire à mes concitoyens, c’est qu’il ne faut pas céder à la peur parce que c’est ce qu’ils veulent. Ce qu’il faut, c’est se lever et qu’on fasse front commun. Ce n’est que comme ça qu’on pourra écraser le fascisme qui vient. »

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