Un rapport du Réseau Action Climat (RAC) publié le 15 octobre alerte sur les impacts concrets du réchauffement climatique sur le patrimoine. Cela concerne aussi la cathédrale de Strasbourg, qui voit sa flèche et son grès passer sous surveillance, à cause d’un phénomène d’érosion accéléré par les changements de température.
La cathédrale de Strasbourg est-elle menacée ? Le monument strasbourgeois fait partie du récent rapport du RAC, qui expose les risques encourus par le patrimoine français vis-à-vis du réchauffement climatique.
Pour la cathédrale, les risques proviennent principalement de son matériau, le grès. Il est depuis toujours soumis à l’action de l’eau, du gel, des variations de température et de la pollution atmosphérique. Des phénomènes qui sont amenés à se répéter et à s’amplifier dans les prochaines années. Les risques pour le grès sont alors une perte de cohésion de la pierre, l’apparition de fissures ou encore l’accumulation de sels, à même de le fragiliser sérieusement.
La flèche sous constante surveillance
Particulièrement sensible aux dérèglements du climat et des températures, la flèche de la cathédrale est placée depuis avril 2024 sous surveillance, dans le cadre d’une thèse d’Adèle Cormier, menée avec le laboratoire EPITOPOS. Des capteurs permettent de suivre l’humidité et la température sur deux faces de la flèche, tandis que 70 parements en grès ont été étudiés afin de comprendre leur état de dégradation.
L’enjeu n’est plus seulement de prédire l’évolution du climat autour du patrimoine, mais de comprendre comment chaque matériau perçoit et traduit cette évolution à son échelle propre.
Concernant les températures, les résultats ont permis de constater d’importantes variations à la surface des grès, entre 9 et 39°C, ainsi que de fréquents épisodes de condensation. Des changements qui ne sont pas sans conséquence sur les grès les plus anciens, davantage soumis à des cycles d’humidification et de séchage, et qui présentent beaucoup plus de dépôts de sels à leur surface. La cristallisation de ces sels dans la pierre peut exercer des pressions susceptibles de fragiliser le matériau.
Alors que le réchauffement climatique est amené à s’intensifier dans les prochaines années, cette surveillance continue permet alors d’anticiper et de mieux comprendre comment protéger la cathédrale de Strasbourg. Pour que le monument érigé depuis plus d’un millénaire continue de veiller sur sa ville.



