La Zone à faibles émissions (ZFE), qui devait empêcher les Crit’air 3 de circuler dans l’Eurométropole au 1er janvier 2027, va finalement reculer l’échéance à 2028. Un souhait de Catherine Trautmann, qui met en avant l’absence de moyens de contrôle et une volonté de concertation.
« Le pouvoir de vivre et de pouvoir vivre en bonne santé doivent être compatibles. » Le 8 octobre dernier, Catherine Trautmann a profité d’un point presse sur le conseil de l’Eurométropole pour remettre le sujet de la ZFE sur la table, quelques mois avant l’interdiction supposée des Crit’air 3.
En effet, le bannissement d’environ 43 000 véhicules de l’Eurométropole [39 000 selon l’exécutif, ndlr], était initialement prévu au 1er janvier 2027. Mais l’Eurométropole a décidé de décaler l’interdiction d’un an. On vous explique.
Une année de plus avant d’interdire
Concrètement, Catherine Trautmann souhaite organiser une « consultation de partenaires » de deux mois, pour aboutir à un « calendrier plus réaliste » selon Thibaud Philipps, maire d’Illkirch et vice-Président de l’EMS.
Ce décalage d’une année est justifié par plusieurs raisons : d’abord, l’Eurométropole se trouve en-deçà des seuils de risques sur la pollution atmosphérique. Petit bémol là dessus : d’ici 2030, les seuils seront plus stricts, avec la nouvelle réglementation de la Commission européenne.
On veut éviter de rajouter une crise sociale à la crise écologique.
Ensuite, l’absence de moyens contrôles automatisés de la part de l’État rend compliqué le respect de la ZFE. Dans l’Eurométropole, il n’y a eu que 3 verbalisations depuis 2022 !
Enfin, les aides sont actuellement insuffisantes selon l’exécutif métropolitain : il ne reste environ que 10 millions d’aides pour proposer des coups de pouce pour les dérenteurs/rices de Crit’air 3, mais également pour les 11 000 ménages possédant encore une Crit’air 4, 5 ou non classée, désormais interdites. Catherine Trautmann souhaite donc « une année supplémentaire pour proposer des solutions plus robustes à l’alternative à la voiture. »
Une interdiction des Crit’air 2 qui s’écrit en pointillé
Si le calendrier des Crit’air 3 est décalé, celui de l’interdiction des Crit’air 2 est mécaniquement impacté. Surtout que celui-ci n’est pas le même pour toutes les communes de l’Eurométropole : seules 4 se sont engagées à bannir ces véhicules au 1er janvier 2028, dont Strasbourg, Schiltigheim, Holtzheim et Ostwald.
Changement de gouvernance à la tête de l’Eurométropole oblige, ce calendrier est désormais menacé. Thibaud Philipps ne s’en cache pas, en évoquant de futures « discussions sur l’interdiction des Crit’air 2 ». Seront alors mises sur la table le report du calendrier, le périmètre d’application voire même sa pure et simple abrogation.
Quelles réactions politiques ?
Alors que l’Eurométropole a attendu les derniers mois de l’année 2026 pour modifier le calendrier 2027 de la ZFE, les réactions politiques à ce sujet chaud ne se sont pas fait attendre. Dans un timing cocasse, en pleine annonce du report du calendrier, le groupe LFI à l’Eurométropole a transmis à la presse le courrier qu’il avait envoyé à Catherine Trautmann, demandant « le report du calendrier de l’interdiction des véhicules Crit’air 3, a minima au 1er janvier 2028. » Comme quoi, des terrains d’entente existent.
Côté Jean-Philippe Vetter, la réaction est sans surprise positive. L’élu d’opposition célèbre « une première victoire pour notre groupe et le pouvoir de vivre des Strasbourgeois », une de ses lignes rouges lorsqu’il avait récemment tendu la main à Catherine Trautmann.
De manière peu surprenante également, la réaction du groupe écologiste a été la plus négative. Elle dénonce un report qui « génère de la confusion et ne permet pas aux habitant·es d’anticiper les éventuelles restrictions. » Reste à voir les potentiels débats que le futur calendrier de la ZFE engendrera dans les arènes politiques strasbourgeoises.



