Membre du Conseil de l’Europe qu’il a rejoint en 2004, Monaco assurera pour la première fois la présidence de son Comité des Ministres – du 15 mai au 10 novembre. Succédant ainsi à la Moldavie et précédant le Monténégro, ce petit pays au rayonnement international fera découvrir à Strasbourg, ville européenne, toute la richesse de son patrimoine. Cinéma, philosophie, musique, théâtre, architecture : de nombreux événements sont au programme, dont des rendez-vous gratuits ou à petits prix ! Le « Rocher » comme si vous y étiez !
Si Strasbourg accueille de nombreuses institutions européennes, depuis 2010 elle s’attache à valoriser les États qui les constituent.
Depuis un accord de partenariat signé avec le Conseil de l’Europe, notre ville met ainsi à l’honneur la programmation culturelle de l’État membre qui prend la présidence de son Comité des Ministres, pendant six mois.
Au travers d’événements variés (dont de nombreux gratuits), c’est tout un voyage culturel que l’on nous promet à chaque fois, afin d’en découvrir le patrimoine, l’histoire et la culture.
Et du 15 mai au 10 novembre, c’est à la principauté de Monaco de nous emmener chez elle.
Le Comité des Ministres : kesako ?
Pour comprendre ce qu’est le Comité des Ministres du Conseil de l’Europe, il faut rappeler ce qu’est le Conseil de l’Europe. Créé en 1949, celui-ci est une organisation internationale (basée en Europe) dédiée à la promotion de trois piliers que sont : les droits humains, la démocratie et l’État de droit.
Constitué de 46 États membres (dont Monaco qui l’a rejoint en 2004), il représente près de 700 millions de citoyen(ne)s. Différent de l’Union européenne, le Conseil de l’Europe est davantage un « cadre de coopération » qui vise à garantir des standards communs concernant les droits fondamentaux à l’échelle du continent. Se reposant par ailleurs sur la Convention européenne des droits de l’Homme.
Il se divise en plusieurs organes : l’Assemblée parlementaire (APCE), le Congrès des pouvoirs locaux et régionaux (CPLR), la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH), et le Comité des Ministres, l’organe décisionnel représentant les gouvernements.
Celui-ci voit sa présidence tourner tous les 6 mois, entre ses différents États membres ; et c’est ainsi que pour la première fois depuis son arrivée en 2004, Monaco en prend la tête. Si elle sera officiellement prise à l’issue de la session ministérielle de Chișinău (les 14 et 15 mai), la cérémonie de passation aura quant à elle lieu le 20 mai, à Strasbourg.
Outre la conduite des travaux institutionnels, la présidence permet aux États qui l’assurent de faire découvrir leur culture et leur engagement au cœur des grands débats contemporains.
Dans la principauté de Monaco comme à Strasbourg, de nombreux événements organisés participeront à faire connaître l’histoire, l’identité du pays, ses habitant(e)s, ainsi que les engagements du prince souverain et de son gouvernement.
Monaco : un ancrage européen, un engagement international
Et si on présentait Monaco ? Au cœur de l’histoire européenne, notamment par son emplacement – entre la France et l’Italie –, elle a été, nous dit-on, aussi bien une « terre de passage parfois convoitée, [qu’une] terre d’accueil et d’ouverture au monde » qui s’est façonnée « au fil des siècles et au gré des dynamiques politiques qui ont façonné l’Europe ».
Un héritage culturel composé de traditions qui lui sont propres, et d’influences françaises et italiennes. Comme l’écrit Catherine Trautmann, maire de Strasbourg, à l’occasion de cette présidence monégasque à venir : « C’est la Méditerranée qui s’invite à Strasbourg, mettant à l’honneur l’histoire singulière et la modernité cosmopolite du ‘Rocher’ ».
Monarchie constitutionnelle, la principauté est aujourd’hui un État de droit, doté d’un cadre constitutionnel stable qui s’appuie sur un équilibre des pouvoirs et une justice indépendante. Parmi ses actions au niveau national ? Une action publique forte en matière de protection sociale, de logement et d’emploi.
Petit pays par sa taille, son rayonnement est toutefois international. Si son territoire ne fait que 2,08 km², il y accueille près de 150 nationalités : une diversité unique en son genre.
Plus largement, elle mène, nous rappelle-t-on, « une diplomatie active, fondée sur la défense du multilatéralisme, la coopération et la solidarité internationale ». Elle profite également de cette présidence pour réaffirmer ses trois engagements majeurs : « protéger et servir sa population », « défendre les valeurs européennes » et « agir pour les grands enjeux internationaux ».
Parmi ces derniers : celle des enjeux environnementaux et maritimes, avec des actions en faveur de la protection des océans et de la biodiversité sur la scène internationale.
Monaco à l'agenda, dès ce mois-ci
Pour rythmer sa présidence, la principauté prévoit de nombreux concerts mettant à l’honneur ses institutions culturelles locales, et ce, dès ce mois-ci avec la cérémonie de passation (le 20 mai).
Celle-ci sera ponctuée d’un intermède musical de la talentueuse pianiste monégasque Stella Almondo, et d’une prestation de danse traditionnelle de la Palladienne de Monaco.
Vendredi 5 juin, place aux Petits Chanteurs de Monaco (sous la direction de Pierre Debat) qui feront résonner les grands airs de Bach, Mendelssohn, Fauré, Saint-Saëns, Casals, ainsi que de célèbres chansons françaises dans la nef de l’église Saint-Guillaume. En présence également de Jean-Cyrille Gandillet, titulaire adjoint du grand orgue de la cathédrale de Monaco.
Le jeudi 11 juin, l’église Saint-Pierre-le-Jeune laissera place au chœur Vox Clamantis, qui y fera entendre des œuvres de musique sacrée, de compositeurs/rices contemporain(e)s en lien étroit avec la Fondation Prince Pierre (Arvo Pärt, Valentin Silvestrov et Helena Tulve) – un rendez-vous gratuit.
Quant à l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo (dirigé par Maître Kazuki Yamada), il s’emparera de la scène du majestueux Opéra national du Rhin… Le lundi 15 juin avec un programme autour d’œuvres majeures de Beethoven – accompagné de plusieurs cantateurs/trices renommé(e)s et le Chœur de l’Opéra de Monte-Carlo.
Bon à savoir : le concert sera gratuit pour les moins de 26 ans, et à prix avantageux pour tout le monde.
Au cœur de son histoire
En septembre et en octobre, la programmation reprendra de plus belle… Avec notamment un axe plus réflexif, voire philosophique.
Ainsi, pour découvrir celui qui a changé la face de Monaco, en héritant en 1949 d’une principauté « à bout de souffle », le cinéma Le Cosmos nous invite à voir (gratuitement) le 23 octobre, Rainier III par lui-même. Un documentaire sur le prince Rainier, réalisé par Yann-Antony Noghès, et enrichi d’enregistrements sonores du souverain.
Tandis qu’à la salle Münsterhof, il nous sera présenté le 24 octobre Le Rêve de Mercier. Une pièce d’Alain Pastor (et une production du Théâtre Princesse Grace de Monaco) autour d’une improbable rencontre, en 1794 sous la Terreur.
Un face-à-face entre Françoise-Thérèse de Choiseul-Stainville, jeune aristocrate française, devenue princesse de Monaco par mariage, et en passe de comparaître devant le Tribunal révolutionnaire… Et l’écrivain Louis-Sébastien Mercier, qui avait rêvé d’une Révolution « la plus pacifique et la plus heureuse ». À l’instar du concert à l’Opéra, ce spectacle sera gratuit pour les moins de 26 ans, et à tarif préférentiel pour tout le monde.
Penser le monde d'aujourd'hui
À la BNU (Bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg), se tiendront le 17 septembre Les Rencontres Philosophiques de Monaco.
« Un espace de dialogue, de transmission et de partage d’une philosophie rigoureuse et accessible » (gratuit), qui réunira des penseurs/ses contemporain(e)s, autour d’un thème tout choisi : « L’Europe : héritage et promesse. »
« De Monaco à Strasbourg : quels enjeux pour les musées aujourd’hui et demain ? » C’est la question que se poseront avec nous les Musées de Strasbourg et leurs collègues monégasques (le Nouveau musée national de Monaco, le Musée d’anthropologie préhistorique et le Musée océanographique de Monaco).
Ces derniers présenteront (gratuitement) le 28 octobre, dans l’Auditorium du MAMCS (Musée d’art moderne et contemporain de Strasbourg), leurs institutions et missions, avant de s’interroger sur les enjeux auxquels les musées sont confrontés.
« Entre traditions et modernité » : le Monaco sensible
Si les précédents rendez-vous nous encouragent à la réflexion… Les deux suivants nous inviteront à rencontrer un Monaco sensible, aussi esthétique que gastronomique, et à l’image du pays : « Entre traditions et modernité. »
Lors d’une balade au centre, profitez ainsi d’une plongée dans la richesse architecturale de la principauté, lors de l’exposition photo qui lui sera consacrée sur les grilles de l’Hôtel de Ville de Strasbourg (du 15 septembre au 15 octobre).
Des vues de ses rues et ses bâtisses – dans l’objectif de jeunes de 11 à 25 ans – qui, pour la petite anecdote, ont été sélectionnées par un jury composé notamment par… Stéphane Bern, en tant qu’expert du patrimoine.
Quant à son patrimoine culinaire, cette fois, Monaco envoie Christian Garcia, chef du Palais Princier, pour nous le faire goûter au sein du restaurant Les Haras.
Il y composera du 28 septembre au 4 octobre des recettes emblématiques de la principauté – qui sentent bon la Méditerranée, entre « produits ensoleillés et […] saveurs marines » revisitées avec élégance.
On vous le disait : le Rocher comme si vous y étiez et le programme complet est disponible ici !
Événement
Présidence monégasque du Comité des Ministres du Conseil de l'Europe
Quoi ?
Rencontres et événements autour de la culture monégasque
Quand ?
Du 15 mai au 10 novembre 2026
où ?
Divers lieux à Strasbourg (et en principauté)



