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manifestation féministe Strasbourg

Hier, des centaines de Strasbourgeois(es) étaient dans la rue contre les violences faites aux femmes

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Samedi 26 novembre, plusieurs centaines de personnes ont manifesté contre les violences faites à toutes les femmes – 500 manifestant(e)s selon l’organisation, 360 selon les forces de l’ordre. Un cortège jeune et inclusif, formé à l’appel du Planning Familial du Bas-Rhin et avec le soutien d’une douzaine de collectifs féministes locaux. Reportage.

Il n’est pas encore 14 heures sur le parvis de la fac de droit de Strasbourg que déjà, des dizaines de militant(e)s se saluent. Parmi eux, Jessica, salariée au Planning Familial 67 depuis cinq ans. Cette marche, son association l’organise au lendemain de la journée de lutte contre les violences faites aux femmes.

« On veut mettre le focus sur la lutte contre les violences à l’égard de toutes les femmes, notamment les femmes trans, racisées ou en situation de handicap qui sont encore trop invisibilisées dans les combats féministes », explique-t-elle. L’accent est mis sur la nécessité d’éduquer dès l’école primaire aux questions de genre, de consentement et d’égalité.

Les prises de paroles s’enchaînent : « Peut-être le gouvernement a-t-il déjà oublié la grande cause du quinquennat ». Depuis le 1er janvier, l’association Nous Toutes recense 122 féminicides en France : « C’est précisément parce qu’on ferme les yeux sur les petites violences que les plus grandes sont possibles », clame une militante.

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manifestation féministe Strasbourg
© Camille Balzinger

Un cortège jeune

Après plusieurs chansons de la chorale féministe devant la fac, la marche débute. En tête de cortège est prévu un espace en mixité choisie. Les hommes cisgenre sont invités à le respecter et à se mettre derrière les drapeaux. Parmi les participant(e)s, Capucine, collégienne, n’aurait manqué la marche pour rien au monde.

« Je suis là pour me battre contre le patriarcat et pour mes sœurs qui se font violer et agresser sexuellement alors que ce sont des enfants, et j’en fais partie », entame-t-elle. « Je ne veux pas avoir peur, juste vivre ma vie tranquillement sans me demander si ma vie est en danger lorsque je prends le tram ».

Déjà au collège, elle sent le regard de certains hommes sur elle lorsqu’elle se met en jupe. « Il y a un moment où on en a marre », poursuit-elle. Être qualifiée de « féministe lesbienne végétarienne » par ses camarades de classe ne la dérange pas : « Au moins les gens savent ce que je porte comme valeurs, même s’ils en ont marre, je préfère être trop que pas assez ».

Noé, Romane et Teanna font partie de l’association étudiante Arc.en.Cielles. À 20 ans, ils marchent comme Capucine contre le patriarcat. « Le climat de violence augmente tous les jours, les violences faites aux femmes ont augmenté l’an dernier, donc il faut absolument être là », estime Romane.

« C’est des violences qu’on constate aussi au niveau individuel mais qui font partie d’un système global, insidieux, c’est difficile de se battre contre », poursuit Teanna.

« On remarque que dans l’enseignement supérieur il y a quand même plus de profs hommes, qu’il peut y avoir une grosse ambiance masculine » estime de son côté Romane. « C’est un système global, de domination sur les minorités sexuelles – les femmes, les personnes trans, racisées, non valides… » poursuit Noé : « Il y a un truc à renverser ».

manifestation féministe Strasbourg
© Camille Balzinger

Représenter toutes les femmes

Après avoir emprunté le boulevard de la Victoire, en respectant le sens de circulation des voitures, le cortège s’arrête face au palais Universitaire, à côté de la statue de Goethe. Cornélia, co-fondatrice de Support Transgenre Strasbourg, rappelle que « le féminisme , ce n’est pas exiger le séparatisme des sexes et des genres ».

« Les violences faites aux trans sont des violences faites aux femmes, et rien que pour cette raison, il ne peut pas exister de féminisme sans les trans », assène-t-elle. L’assemblée applaudit longuement son discours, gardant en tête certains évènements des dernières semaines où des militantes excluaient du mouvement féministe les personnes trans.

Dans la marche, les réponses sont formelles : cette manifestation est faite pour dénoncer les violences faites à toutes les femmes et aucune transphobie ne sera tolérée. Dans le monde depuis octobre 2021, 327 personnes trans ont été victimes de crimes transphobes.

manifestation féministe Strasbourg
© Camille Balzinger

La prise de parole continue : le Bloc Révolutionnaire Insurrectionnel et Féministe (BRIF) rappelle la nécessité de continuer le combat féministe. « Cette semaine à Strasbourg a eu lieu un colloque sur la pornographie où aucune travailleuse du sexe n’était invitée », déplore une militante.

« Le lendemain, un lobby organisait une conférence au parlement européen contre l’avortement », poursuit-elle, suscitant un murmure de mécontentement. « Ce sont deux exemples de misogynie institutionnelle », conclue-t-elle.

manifestation féministe Strasbourg
© Camille Balzinger

Une lutte internationale

Toujours à côté de Goethe, c’est désormais Helene Erin qui s’exprime, du mouvement des femmes Kurdes : « Les manifestations ne suffisent pas, il faut s’organiser pour unir et protéger nos résistances », estime-t-elle, après avoir scandé plusieurs fois « Femme, vie, liberté », en hommage aux femmes iraniennes.

Après l’arrestation et le décès de Jîna Amini par la police des moeurs en Iran il y a deux mois, les actions de soutien et d’opposition à l’État se multiplient. Des manifestation lourdement réprimées par l’état iranien, « qui incarne directement ce qui constitue le contraire d’une société libre », estime Hélène.

Elle poursuit : « Il s’agit d’une lutte internationale, sans frontière ». Non seulement toutes les femmes donc, mais aussi les femmes où qu’elles soient : « nous appelons à une action collective dans l’espoir d’une transformation en une organisation à long terme ».

manifestation féministe Strasbourg
© Camille Balzinger

La marche se poursuit et emprunte le pont d’Auvergne. Les slogans fusent, accompagnés de plusieurs tambours et porte-voix : « Darmanin au fond du Rhin », « La rue est à qui ? Elle est à nous ! », « Nous sommes fières, radicales, féministes, en colère »Lorsqu’elle passe autour de la place de la République, certains touristes font les gros yeux.

C’est finalement vers 16 heures que les centaines de militants arrivent sur le parvis du tribunal. Après avoir remercié celles et ceux qui ont pris part à la marche, les organisatrices laissent, à nouveau, la paroles aux différents collectifs. Parmi eux, le piquet féministe, qui se bat pour qu’un élu municipal, Serge Oehler, soit démis de ses fonctions.

La chorale féministe prend le relais. Avec plusieurs chansons appelant à la fin de l’état policier, du patriarcat ou de la transphobie, c’est peu à peu toute la foule qui se met à danser. « On sait jamais comment finir, les gens aiment nos chants », conclut une militante en riant.

manifestation féministe Strasbourg
© Camille Balzinger
manifestation féministe Strasbourg
© Camille Balzinger

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