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« On manque de médecins » : à Strasbourg, trois quartiers sont considérés comme des déserts médicaux

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Lorsqu’on entend les mots « déserts médicaux », on pense souvent aux campagnes. Pourtant, les métropoles ne sont pas épargnées face à la pénurie de l’accès au soin, et Strasbourg ne fait pas exception. Dans notre ville, trois quartiers sont ainsi considérés comme des « déserts médicaux », alors que quatre autres sont considérés « sous tension ». En somme : même à Strasbourg, il est parfois difficile d’avoir accès à un médecin généraliste.

« C’est une annonce politique majeure ». Lors d’une conférence de presse au Port du Rhin, Alexandre Feltz, adjoint à la santé à la Ville de Strasbourg, a présenté la nouvelle cartographie des déserts médicaux, réalisée par l’ARS Grand Est. Sa particularité ? Pour la première fois, elle prend en compte le territoire strasbourgeois et permet de « reconnaître le besoin de médecins dans les grandes villes, dont Strasbourg », selon Frédéric Charles, délégué territorial Bas-Rhin de l’ARS Grand Est.

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Le point méthodo : c’est quoi un désert médical ?

Avant de passer à la cartographie en détail, revenons d’abord sur la définition d’un désert médical. Selon Frédéric Charles, elle s’apparente à celle d’une « zone d’intervention prioritaire », soit une zone où une personne a accès à moins de 2,5 consultations chez un médecin généraliste par an.

On arrive ensuite sur ce qui est défini comme des « zones en tension », soit « des zones où l’offre est fragile et risque de se dégrader ». Dans ces zones, un/e habitant/e a accès entre 2,5 et 4 consultations chez un/e généraliste par an. Enfin, au-dessus de 4 consultations chez un/e généraliste par an, l’offre de soins est considérée comme satisfaisante.

7 quartiers strasbourgeois sans offre de soins satisfaisante

La cartographie de l’ARS, disponible ici, permet de rendre compte de l’offre de soins sur le territoire strasbourgeois. Spoiler : dans les quartiers prioritaires, celle-ci est très faible. On remarque ainsi que trois quartiers de la ville sont considérés comme « des déserts médicaux » : Cronenbourg, l’Elsau et le Port du Rhin.

Ce dernier quartier est particulièrement évocateur puisqu’il ne possède qu’une seule médecin pour ses quelques 2 000 habitants, alors qu’il jouxte la Clinique Rhéna, clinique « de prestige » spécialisée dans des soins coûteux.

Au-delà de ces trois quartiers, quatre autres sont considérés comme « en tension » par le zonage effectué par l’ARS Grand Est. Dans l’ordre, on peut citer le quartier Ampère, le quartier Hohberg, Koenigshoffen Est et enfin le Murhof, situé dans la Montagne Verte. Un nouveau quartier grossira d’ailleurs les rangs dans quelques années, comme expliqué par Alexandre Feltz : « Dans 2/3 ans, la Laiterie deviendra un quartier prioritaire ».

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Exemple d'un quartier strasbourgeois considéré comme "désert médical". © Capture d'écran cartographie ARS Grand Est

« On manque de médecins » : les aides de Strasbourg et de l’ARS pour améliorer l’offre de soins dans les déserts médicaux

Le problème ? Il n’y a pas assez de médecins, particulièrement dans les quartiers prioritaires, alors même qu’ils regroupent les populations qui sont les plus touchés par les maladies. Pourtant, Strasbourg est en train de construire plusieurs Maisons Urbaines de Santé (MUS), notamment dans ces même quartiers.

Un exemple : la future MUS du Port du Rhin, qui ouvrira en 2024, et regroupera deux infirmiers/ères, deux sages femmes, deux orthophonistes et un médecin généraliste sur 270 m2. Mais la réalité est implacable, et résumée par Alexandre Feltz : « Il faut des murs mais il faut aussi des professionnels de santé ».

Néanmoins, la Ville et l’ARS ne baissent pas les bras : il existe des solutions pour augmenter l’offre de soin dans les quartiers prioritaires. Tout d’abord, les trois quartiers considérés comme « déserts médicaux » peuvent bénéficier de plusieurs aides publiques à l’installation de nouveaux médecins généralistes. Dans l’ordre :

  • 50.000€ d’aides à l’installation versés par l’Assurance Maladie
  • Un revenu mensuel garanti la première année d’installation versé par l’ARS
  • 5.000€ par an versés par l’Assurance Maladie pour valoriser l’exercice coordonné
  • Une aide aux médecins accueillant un confrère nouvellement installé versée par l’Assurance Maladie
  • Une exonération fiscale à hauteur de 60 jours de permanence des soins ambulatoires par an.
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Le quartier Port du Rhin. © Samuel Compion/Pokaa

Quant aux quartiers dits en tension, si des médecins généralistes souhaitent s’y installer, ils peuvent bénéficier d’une aide à l’installation de 50 000 euros, mais pas d’un revenu garanti.

Enfin, il existe le projet GEminstal, soit un dispositif d’accompagnement personnalisé des étudiants dans leur projet professionnel d’installation, mis en place par l’ARS. Concrètement l’ARS souhaite effectuer « des choix plus stratégiques », en proposant aux étudiantes et étudiants « des endroits où l’on a le plus besoin de médecins ».

Le manque de médecin généraliste se fait ressentir partout, et même à Strasbourg, où pas moins de 7 quartiers n’ont pas accès à une offre de soins satisfaisante. Une dure réalité pour les Strasbourgeoises et les Strasbourgeois habitant dans ces quartiers. Ainsi, la cartographie de l’ARS constitue une première étape intéressante pour se rendre compte de la situation. Désormais, il va falloir agir à tous les niveaux pour que les déserts médicaux n’assèchent pas toute l’offre de soins à Strasbourg.

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