Les 12 et 19 juin prochains, Strasbourgeoises et Strasbourgeois retourneront aux urnes, pour leur quatrième élection en un peu plus d’un an. Même pas deux mois après la présidentielle, on devra cette fois-ci voter pour élire nos député(e)s aux élections législatives. Des élections nationales, mais qui ont tout de même une certaine influence locale. On a donc essayé de comprendre à quoi elles servent.



577 députées et députés à élire en France. Trois à Strasbourg, 15 en Alsace, dont neuf dans le Bas-Rhin et six dans le Haut-Rhin. Ces 12 et 19 juin, les Strasbourgeoises et Strasbourgeois seront ainsi appelé(e)s aux urnes comme l’ensemble des Français(e)s pour élire leurs représentant(e)s au sein de l’Assemblée nationale. Des élections parfois obscures et qui n’intéressent que peu, alors qu’elles possèdent un enjeu important.


Les élections législatives, comment ça marche ?

Les élections législatives servent à élire les 577 députées et députés français(e)s qui siègeront à l’Assemblée nationale pour les cinq prochaines années. Depuis 2002, elles sont réalisées à la suite des élections présidentielles. Au niveau du scrutin, celui-ci s’organise au suffrage universel direct, au scrutin uninominal majoritaire à deux tours. Concrètement, 577 petites élections présidentielles se tiennent donc simultanément.

À ce moment-là, deux scénarios possibles. Le premier : un candidat/une candidate obtient la majorité absolue des suffrages exprimés et représente au moins 25% des électeurs inscrits sur les listes électorales. Du coup, c’est gagné. La personne élue peut donc réserver son billet pour le 7ème arrondissement de Paris et la rue de l’Université.

Néanmoins, le cas de figure le plus probable reste celui d’un deuxième tour, organisé une semaine après le premier. À ce moment-là, se maintiennent les deux candidates ou candidats arrivé(e)s en tête au premier tour. Mais également celles et ceux qui auraient obtenu plus de 12,5 % des suffrages des électeurs inscrits sur les listes électorales. Ainsi, selon la participation, on pourrait se retrouver, comme dans les municipales/régionales/départementales, dans des situations de triangulaire, voire quadrangulaire. À la fin, c’est plutôt simple : la personne qui arrive en tête devient député(e). Petite douceur démocratique supplémentaire pour terminer : si, par miracle, le nombre de voix est identique, la personne la plus âgée l’emporte.


À quoi sert un(e) député(e) ?

Puisqu’ils et elles vont nous représenter, autant savoir à quoi ils et elles servent. Un(e) député(e) se retrouve élu(e) dans le cadre d’une circonscription, c’est-à-dire une division du territoire effectuée dans le cadre d’une élection, dont il/elle est censé(e) représenter les intérêts. Concrètement, on attend du futur/de la future député(e) de la première circonscription de Strasbourg de représenter les intérêts de notre ville au sein de l’Assemblée nationale. Pourtant, en grande majorité, le rôle d’un(e) député(e) représente la Nation tout entière et exerce donc un mandat national.

Au niveau de ses prérogatives, un(e) député(e) doit ainsi participer au travail législatif et au travail de contrôle du Gouvernement. À ce titre, il/elle propose et vote les lois, et peut également proposer, par amendement, des modifications au texte examiné et prendre la parole. Il/elle peut également, avec 59 autres député(e)s, saisir le Conseil constitutionnel pour examiner la conformité du texte voté à la Constitution. Enfin, il/elle peut interroger le Gouvernement et même mettre sa responsabilité en cause, à l’aide d’une motion de censure. Il est donc très important pour un président de posséder une majorité absolue de député(e)s, afin de pouvoir gouverner selon ses principes.

L'Assemblée nationale de l'extérieur
© kimdokhac – Flickr – CC BY 2.0


En 2017, qui a gagné à Strasbourg ?

En effet, si l’opposition emportait une majorité de députés, cela enclencherait un processus de cohabitation. Pour le dire autrement, le Premier ministre viendrait de l’opposition, avec un gouvernement remanié. Néanmoins, généralement, les élections législatives suivant de près les présidentielles, le vainqueur des secondes remporte également les premières. Logique respectée en 2017, avec La République en Marche remportant une grande majorité des sièges après la victoire d’Emmanuel Macron. En effet, avec 308 sièges sur 577, le parti présidentiel détenait la majorité absolue, à laquelle pouvaient se rajouter les 42 sièges du MoDem. Globalement, les législatives de 2017 ont représenté un gros renouvellement de la classe politique française, avec 206 député(e)s sortant(e) battus et 415 élu(e)s arrivant pour la première fois sur les bancs de l’Assemblée nationale. Enfin, 224 femmes, soit 38,8 % du total, ont été élues en 2017, contre 155, soit 26,9 %, dans la précédente législature.

À Strasbourg, LREM a également tout raflé. Dans la première circonscription, la seule 100 % strasbourgeoise, du Bas-Rhin, qui regroupe les quartiers du centre et de l’ouest de notre ville, Thierry Michels l’a emporté face au députant sortant Éric Elkouby (PS), avec 59,95 % des voix. Bis repetita dans la deuxième circonscription, qui regroupe les quartiers sud de la ville de Strasbourg et Illkirch-Graffenstaden. Sylvain Waserman a en effet battu le député PS sortant Philippe Bies, avec 58,53 % des voix, devant par la suite vice-président de l’Assemblée nationale. Enfin, dans la troisième circonscription, qui regroupe Cronenbourg et la Robertsau, ainsi que les villes de Schiltigheim, Bischheim, Hœnheim, Reichstett et Souffelweyersheim, Bruno Studer l’a emporté face au député LR Georges Schuler avec 59,77 % des voix. Pour le reste, Les Républicains l’avaient emporté dans la 5ème, 6ème, 7ème et 8ème circonscription, laissant la 4ème et la 9ème à LREM.


Instant voyance : que disent les sondages ?

Pour terminer, un peu de voyance avec les sondages à moins d’une semaine du premier tour des législatives, que vous pouvez retrouver ici. Alors que l’élection présidentielle avait vu la gauche incapable de s’allier, la perspective des législatives a tout chamboulé. Désormais, une partie de la gauche (PS-EELV-PCF-FI) se présente sous la bannière de la NUPES (Nouvelle Union populaire écologique et sociale). Un changement qui a eu son importance dans les sondages, puisque la NUPES, qui compte faire de Jean-Luc Mélenchon le nouveau Premier ministre, se retrouve désormais au coude à coude avec Ensemble !, le mouvement de la majorité présidentielle. Selon le Huffington Post et son compilateur de sondages, Ensemble! sortirait ainsi en tête au premier tour avec 26,4 %, devant la NUPES à 25,5 %. Troisième, le RN aurait 21,1 %.

Néanmoins, comme le rappelle franceinfo, encore plus qu’en temps normal, il faut se méfier des sondages sur les législatives. En effet, ce sont l’équivalent 577 élections présidentielles qui auront lieu. Et les résultats globaux du premier tour n’indiquent en rien les résultats du deuxième, bien plus volatiles. Ainsi, toujours selon les projections du Huffington Post, Ensemble aurait 310 sièges, soit la majorité absolue, tandis que la NUPES obtiendrait « seulement » 163 sièges. Le RN lui, obtiendrait 38 sièges, soit moins que LR, crédité de 52. Néanmoins, le facteur clé de cette élection sera, encore une fois, la participation, et surtout celle des jeunes qui ont le pouvoir de faire basculer les élections. Car si plus de personnes votent, les chances de triangulaires augmentent et l’incertitude des résultats aussi.

Les législatives arrivent à Strasbourg comme en France à un moment politique charnière. Confirmation de la majorité d’Emmanuel Macron ou victoire surprise de la NUPES, l’enjeu national sera d’importance pour les cinq prochaines années. Néanmoins, à Strasbourg, ces élections possèdent également de l’importance. Elles permettent en effet d’élire des représentant(e)s censé(e)s représenter nos intérêts au plus haut de l’État. Et pour savoir pour quelles candidates et quels candidats on pourra voter, on vous les présentera dans un prochain article. Spoiler : ils sont nombreux.

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