À l’heure où le mercure flirte avec les 30°C, tournons le dos aux Hautes Chaumes et autres sommets ou crêtes désertiques et ensoleillées. Direction la fraîcheur calme et boisée des Vosges du Nord, au départ de Walscheid en Moselle, à une heure de Strasbourg en voiture.


Le départ a lieu au plan d’eau de Walscheid, avec une charmante vue sur le vallon. Ce samedi matin, les lieux sont calmes. Quelques familles profitent du soleil sur les berges. Lunettes de soleil sur le nez, me voilà partie pour un circuit d’environ 16 kilomètres, qui commence en longeant l’étang par la droite pour rejoindre la route en face de la résidence « la Vallée Verte ». C’est 30 mètres plus loin que les choses se corsent avec une montée plutôt raide. La mise en jambes n’en est que plus rapide.

Le sentier est balisé de deux bois de cerf entrecroisés sur une plaque blanche. Il emmène sur les hauteurs du Sinterthal, à travers des bois d’abord plutôt sombres, avant de déboucher sur un petit chemin qui serpente au pied de falaise de grès rouge. Commence un segment d’environ 4 kilomètres à la tranquillité idyllique : pas un randonneur en vue. Les rochers se succèdent le long du sentier. Quelques cavités aussi. Attention aux buissons de fougères si vous avez décidé de partir en short toutefois. De petites créatures à huit pattes avides de sang pourraient trouver vos jambes appétissantes – oui je parle des tiques.


Un peu d’histoire

Une fois sur la crête, le circuit offre la possibilité de poursuivre jusqu’au cimetière gallo-romain des Trois-Saints, par la route forestière du petit Hohwalsch. Entourée d’un muret, la trentaine de tombes vaut le détour. Chacune d’entre elles est constituée d’une pierre dressée en forme de maison sur une dalle rectangulaire, destinée à recevoir les cendres du défunt. Le bloc vertical servait à déposer des offrandes. Il est parfois décoré de trois visages : c’est ce qui a donné son nom au lieu-dit. Au moment de revenir sur mes pas pour reprendre la boucle de la randonnée, je découvre un abri sur ma gauche. Idéal pour casser la graine, il offre une vue sur les vallons boisés environnants.

Il est ensuite temps de quitter la route forestière pour un petit sentier qui descend légèrement avant de grimper en pente (très) douce jusqu’au rocher du Howalsch. Jolie vue, une nouvelle fois. Nouvelle pause café. La rando commence légèrement à tirer dans les pattes en raison des mini-dénivelés successifs – creux de quelques mètres puis remontée quelques pas plus loin. Le circuit emmène ensuite au pied du rocher, sur la place du même nom, pour continuer la route. Il faut remonter une nouvelle fois à travers bois pour retrouver les murs de grès, et arriver aux ruines du Château du Heidenschloss.

Si ces vestiges sont difficiles à distinguer au milieu de la végétation et des rochers, ils sont pourtant plein d’Histoire. Le Heidenschloss – littéralement château des Païens – est aussi appelé château égyptien. Il aurait en effet servi de refuge à des bandes de brigands « bohémiens », aussi appelés égyptiens au XI et XIIe siècles. Il aurait également servi de base fortifiée pour attaquer le château de Dabo, tout proche.


Une grotte miraculeuse

Un peu plus loin, retour sur une route forestière : celle des Bloecherplatz, pour deux kilomètres de marche en direction du hameau Saint-Léon. Si cette large route est bien dégagée et ensoleillée, elle est aussi suffisamment haute pour être rafraîchie par un vent descendu des crêtes. Parfait pour aller se promener au plus chaud de l’été.

Le bitume du hameau finit par remplacer le sable. Après dix minutes à longer de très jolis jardins – fleuris, en plein mois de mai – le lieu-dit se termine au promontoire de Saint-Léon du Durrenberg, offrant une très belle vue sur Walscheid. Il faut ensuite rebrousser chemin, pour descendre en direction de la grotte Saint-Léon. Elle se laisse découvrir un quart d’heure plus tard, au détour d’un virage. Et cela vaut le coup d’oeil. Il s’agit de la plus grande cavité naturelle du massif des Vosges. Elle est profonde de 32 mètres, et possède un porche haut de 8 mètres.

Après plusieurs jours de pluie, un ruisseau apparaît au fond de la grotte. Il y a deux siècles, la source était plus abondante et attirait les couples en mal d’enfants, car elle était réputée miraculeuse, guérissant la stérilité. Elle doit son nom au pape Léon IX, qui y aurait séjourné dans sa jeunesse, dans la première moitié du XIe siècle.

Au départ de la grotte, il ne reste plus qu’une vingtaine de minutes de marche pour revenir au point d’eau. Bilan de la journée : cinq heures de circuit au frais, sur des sentiers calmes et pleins de chants d’oiseaux.

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