Julius Pepperwood a le sourire lorsqu’il rentre dans son bureau. Le soleil inonde Strasbourg d’une douce chaleur, le Racing se trouve toujours dans la course à l’Europe et les projets continuent d’arriver. Pour fêter ça, il ouvre son cabinet à liqueurs et se sert un verre de whisky, l’un des meilleurs qu’il ait. Alors qu’il se rapproche de sa fenêtre pour savourer les saveurs tourbées, chauffées par la lumière, il entend une petite mélodie au loin. Ce ne sont pas les oiseaux qui chantent le printemps, se dit-il, intrigué. En ouvrant la fenêtre, il semble reconnaître un air de musique classique, qui viendrait du quartier de l’Orangerie…



Dans l’imaginaire strasbourgeois, le quartier de l’Orangerie a la réputation d’être un quartier huppé. Très proche des institutions européennes, calme et avec un très beau parc dont il tient le nom, c’est un peu ze place to be quand on est un diplomate ou une famille bourgeoise. Le tout avec de hauts et beaux immeubles, dans la plus pure forme architecturale de la fin du 19ème siècle, alors que Strasbourg repassait sous domination allemande. Au sein de ce grand quartier, l’un des plus verts de Strasbourg, se trouve un petit secteur avec une particularité toute musicale : toutes les rues portent le nom de musiciens.

© Bastien Pietronave/Pokaa


Le quartier des Musiciens, l’un des joyaux de l’Orangerie

Ce quartier, les plus fins limiers l’auront deviné, se nomme le quartier des Musiciens. Selon Archi-Wiki, il aurait été érigé aux alentours des années 1910, soit la toute fin de la société de l’Allemagne wilhelmienne, ou « Deuxième Reich ». Au niveau de l’architecture, rien qui change réellement du quartier de l’Orangerie, puisque l’on retrouve les maisons cossues, les immenses jardins et les beaux immeubles caractéristiques du quartier. Il est d’ailleurs situé au nord de l’Orangerie, juste à côté du parc. Au-delà de son aspect musical, le secteur comporte également de nombreuses places de parking gratuites, qui servent souvent les Strasbourgeoises et Strasbourgeois habitant aux alentours.

Isolé des bruits de voiture, alors qu’il est entouré de grandes artères comme le boulevard de la Marne et le boulevard d’Anvers, le secteur offre un joli cadre de promenade, avec son calme, les nombreux arbres qui jonchent les rues et le parc juste à côté. On peut y croiser aussi plusieurs consulats, avec quelques plaques diplomatiques bien vertes. Un endroit où il fait bon flâner, avant de se balader à l’Orangerie, ou faire un petit bowling.


13 rues, boulevards et allées au nom de musiciens à l’Orangerie

Au sein de ce quartier des Musiciens se trouvent ainsi 13 rues, boulevards et allés portant le nom de compositeurs allemands, français, autrichiens, hongrois, moraves et même alsaciens ! Par ordre alphabétique :

  • Il y a d’abord la rue Beethoven, en hommage au compositeur et pianiste allemand, connu entre autres pour sa 5ème symphonie.
  • On retrouve ensuite la rue Berlioz, rendant hommage au chef d’orchestre et compositeur français, célèbre pour son Te Deum, ou encore La Damnation de Faust.
  • Puis vient la rue Brahms, pour le successeur annoncé de Beethoven. Le compositeur et pianiste romantique allemand a ainsi donné son nom à une rue où les bâtisses se doivent de faire honneur au talent du pianiste.
Quartier des musiciens rue Brahms
© Nicolas Kaspar/Pokaa
  • On continue notre périple dans la rue Chopin, du nom du compositeur polonais, lui aussi romantique, et pendant presque dix ans compagnon de George Sand. On remarque des immeubles aux couleurs orange et verte, dans un exercice de style périlleux.
  • Retour en France ensuite, avec la rue Charles Gounod, pour le compositeur français du 19ème siècle.
  • Par après, nos pérégrinations nous mènent à la rue Franz Liszt. Elle tient son nom du compositeur virtuose austro-hongrois qui, avec Chopin, est considéré comme le père de la technique moderne au piano. Pourtant, à Strasbourg, c’est avec Schubert que l’Austro-Hongrois partage une intersection.
Intersection entre les rues Schubert et Lizst
© Nicolas Kaspar/Pokaa
  • Arrive après la longue rue Jules Massenet, du nom du compositeur français. Il a légué quelques opéras célèbres, comme Manon, Werther ou encore Thaïs. Bordée de plusieurs consulats, la longue rue voit plusieurs beaux bâtiments se succéder les uns après les autres.
  • Évidemment, il ne pouvait pas y avoir un quartier des Musiciens sans une rue Mozart. Le compositeur de génie autrichien a même effectué un séjour de quelques semaines dans notre ville, comme on vous le racontait ici.
Quartier des musiciens rue Mozart
© Nicolas Kaspar/Pokaa
  • Petite touche locale ensuite, avec la rue François-Xavier Richter. En effet, le compositeur morave possède la particularité d’être mort à Strasbourg, en 1789.
  • La prochaine voie est la rue Schubert, du nom de l’un des compositeurs les plus emblématiques du romantisme allemand.
  • Enfin, la dernière rue du quartier des Musiciens concerne un compositeur strasbourgeois du 19ème siècle : Émile Waldteufel. Toute proche du parc de l’Orangerie et de son entrée avec l’ancienne boîte à livres, elle donne sur une longue allée pleine d’arbres.
Quartier des musiciens rue
© Nicolas Kaspar/Pokaa
  • En parlant d’allées, il y a ensuite une allée Richard Wagner, du nom du célèbre compositeur allemand de La Valkyrie, Tristan et Yseult ou encore L’anneau du Nibelung.
  • Enfin, pour terminer notre promenade, on peut flâner sur le boulevard Jean-Sébastien Bach, du nom du compositeur allemand du Le Clavier bien tempéré.

Sa promenade terminée, Julius Pepperwood rentre chez lui, la peau brunie par le soleil et la tête remplie de musique classique. Lorsqu’il se pose dans le fauteuil, devant son bureau, il se dit qu’il a de la chance de travailler dans une ville comme Strasbourg, qui a toujours des secrets à aller découvrir. Et après les musiciens, il semblerait qu’un autre quartier possède une particularité, d’ordre maritime cette fois-ci. Mais cela sera pour une prochaine fois.

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