C’est un petit trésor qui éclot à chaque printemps, dans les allées des vignes de Mittelbergheim. L’emblématique tulipe sauvage et ses pétales jaunes, se fait pourtant de plus en plus rare dans les parcelles cultivées. Une tendance que certains habitants aimeraient voir s’inverser.




À Mittelbergheim, au pied des vignes encadrant les premiers mètres des chemins de randonnées menant au château d’Andlau, les panneaux de la commune arborent un emblème : la tulipe sauvage. Pourtant, si celle-ci dressait autrefois un manteau jaune sur le sol des viticulteurs du village, les allées où s’épanouit encore aujourd’hui la fleur aux pétales jaunes et pointus, se font de plus en plus rares. «Il y a une cinquantaine d’années, toutes ces vignes étaient couvertes de ces tulipes, surtout au moment de Pâques, fin mars, début avril», se souvient Jean-Paul Kretz, président de l’association du musée viticole.

L’habitant de cette commune de 600 habitants constate, année après année, la disparition de ces fleurs. « C’est un déclin progressif depuis des années, décrit-il. J’essaie de faire prendre conscience que, si ça continue, le panneau de Mittelbergheim, avec sa tulipe, bientôt plus personne ne le comprendra. Alors on a à cœur de la protéger ».

© Mathilde Piaud pour Pokaa


Une prise de conscience

Ce déclin pourrait en partie s’expliquer par certaines pratiques telles que l’usage de produits phytosanitaires et le fauchage des herbes et donc des plantes, empêchant leur reproduction, explique un habitant, pourtant loin de blâmer les viticulteurs. « Désormais la plupart sont en culture raisonnée. Ce n’est pas facile pour eux, c’est un travail contraignant, ils sont parfois en difficulté. Un viticulteur avait commencé à reprendre une méthode traditionnelle avec un cheval et une charrue, retournant moins profondément la terre. Mais il a rencontré des problèmes de productivité par rapport aux concurrents », explique ce dernier.

Certains tentent alors malgré tout de conserver quelques parcelles de fleurs, en adaptant leurs pratiques. Au milieu des vignes, si les tulipes naissent de moins en moins, les panneaux appelant à leur protection, eux, fleurissent. « Plante protégée » peut-on lire ici et là. « Il y a une prise de conscience mais pas encore une inversion de la tendance », témoigne l’animateur du musée viticole, qui espère malgré tout, pouvoir profiter de ce petit trésor pendant encore de nombreux printemps.

© Mathilde Piaud pour Pokaa

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