À Strasbourg, la municipalité écologiste a su se distinguer par sa volonté de faire les choses autrement. Nouveau marché de Noël, nouveau carnaval et nouveaux arbres place Kléber, elle cherche à faire bouger les choses. Pour cet été, il semblerait que la municipalité ait décidé d’anticiper, en préparant déjà les Docks d’été. Avec un allié récemment tombé sur notre ville : j’ai nommé le sable du Sahara.

Impossible d’être passé à côté du sable du Sahara ces dernières semaines. Avec ses voitures et ses places ensablées, notre ville ressemblait à s’y méprendre à la dune du Pilat. Une ambiance estivale en plein mois de mars, qui a inspiré la municipalité. Celle-ci semble avoir du sable dans les idées. En effet, elle a dévoilé par voie de trois communiqués de presse – sans compter les erratums – les futures animations estivales. 

© Lucas Muré


« Plage Kléber », un projet de « co-construction, inclusif et respectueux de l’environnement »

Parmi elles, une a particulièrement retenu notre attention : la création de « Plage Kléber ». Une plage qui, comme son nom l’indique, se trouvera sur la place Kléber du 28 mai au 31 juillet prochain. Dans une volonté de bousculer les codes des événements établis et de déplacer chaque événement d’un endroit à un autre, la municipalité a donc décidé de revenir au centre-ville de Strasbourg, délaissant pendant un an au moins leur écrin du quartier Danube/Deux-Rives. Dans un communiqué de presse supplémentaire, la Ville met en avant « un projet de co-construction, inclusif et respectueux de l’environnement, qui souhaite réinventer l’été strasbourgeois dans une approche bienveillante ».

Ainsi, vous pourrez retrouver au programme de « Plage Kléber » : transats, concours de Môman de sable, révision du bac dans le sable, dégustations de sablés, mais également plusieurs événements dédiés à la sensibilisation écologique et citoyenne sur le recyclage, qui restent encore sous embargo. On pourra également, dans le respect du pilier démocratique cher à la municipalité, participer à un atelier de conception de son propre paréo, en matériaux recyclés. De plus, si vous souhaitez vous baigner, la Ville ouvrira les fontaines de la place Kléber à toutes et tous, dans une démarche sociale et inclusive. Enfin, les cinq arbres plantés sur la place Kléber apporteront toute la fraîcheur demandée, même si des îlots de fraîcheur ne sont pas à exclure.

La Place Kléber ensablée
© Nicolas Kaspar/Pokaa


Le sable du Sahara, vainqueur de l’appel à projet pour peupler « Plage Kléber »

Mais la grande question qui demeure : d’où provient le sable que fouleront nos pieds une fois « Plage Kléber » arrivée ? Voulant respecter son pilier écologique, la municipalité a décidé de ne pas importer son sable du sud de la France. À la place, elle compte réutiliser celui tombé récemment sur notre ville, venu tout droit du Sahara. Une position justifiée dans un autre communiqué de presse, publié après les trois autres : « Le sable du Sahara répond aux critères du cahier des charges de la Ville et apporte un projet « augmenté » en ce qu’il formule une vision forte, singulière et incarnée d’un lieu de plage d’aujourd’hui, dans une approche transdisciplinaire, tout en sanctuarisant, comme socle du projet, l’offre de détente et en renouvelant la mise en valeur des dalles de bitumes strasbourgeoises ».

Ce changement de lieu des Docks ne fait pas néanmoins pas que des heureux. En effet, l’opposition n’a pas tardé à réagir à cette décision, par les réseaux sociaux. Si un conseiller municipal d’opposition salue « le jeu de mot inspiré », il n’en dénonce pas moins « les sables mouvant dans lesquels la municipalité semble se débattre constamment, dans un concours Lépine de l’idée la plus farfelue ». Un autre élu de l’opposition admet « qu’il est positif de voir que les commerçants de notre centre-ville, délaissés depuis l’arrivée de la municipalité écologiste et communiste, soient pris en compte dans la décision ». Néanmoins, pour lui, la décision de « Plage Kléber » « ne fait néanmoins rien, ou trop peu, pour l’attractivité du territoire, qui semble encore être reléguée au rang de gros mot ».

Pour le reste de la programmation des Docks d’été, il faudra néanmoins attendre un peu. La Ville a en effet choisi d’espacer ses conférences de presse, pour se laisser le temps d’émettre des appels à projet. Pour « Plage Kléber », le projet sera débattu puis voté au prochain conseil municipal.

7 COMMENTAIRES

  1. Alors quand on parle du sable du Sahara, on nous parle du cesium 137 déplacé avec et maintenant on créer des plages avec ce même sable. On devrait également récupérer les eaux usées, les filtrer et en faire des bacs où les gens pourraient se baigner.

    • Bonjour,

      L’article est un poisson d’avril 🙂
      Mais très bonne idée de récupérer les eaux usées, ça nous inspirera peut-être pour l’année prochaine 😉

      Bonne journée à vous,
      Nicolas Kaspar

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