À 11 ans, Aya, une jeune boxeuse strasbourgeoise, enchaîne les victoires. En janvier, elle a remporté le championnat junior Grand Est de Muy Thaï. En décembre dernier, Aya Bozarhoun a aussi gagné le championnat Grand Est de Kickboxing. Inscrite au Strasbourg Thaï Boxing, la collégienne se prépare actuellement pour les championnats de France de K1 qui se tiendront en avril, à Paris.




C’est une histoire qui s’est jouée entre le tennis et la boxe. Quand elle avait six ans, le père d’Aya l’avait inscrite dans les deux sports, juste pour tester… Mais plutôt que les ambiances raquette,  courts de tennis et que taper la balle jaune, la jeune fille a très vite préféré taquiner le sac de frappe et monter sur le ring. Il faut dire que dans la famille Bozarhoun, Omar, le père, a lui-même pratiqué des sports de combat pendant dix ans.

Aujourd’hui à 37 ans, il suit de près les entraînements d’Aya : il l’accompagne et la soutient dans chacune de ses compétitions. Lorsqu’il parle de sa fille, sa voix et ses mots trahissent sa fierté. Il y a de quoi : à seulement 11 ans, la jeune sportive cumule les titres. En décembre dernier, Aya est devenue championne junior du Grand Est de Kickboxing. En janvier, c’est en Muy Thaï qu’elle s’est illustrée en remportant le championnat junior Grand Est ce qui la qualifie pour le Tournoi de France en mai prochain, à Paris.

Omar Bouzarhoun accompagne et soutient Aya dans chacune de ses compétitions.
© Document remis


Des médias marocains, le pays d’origine de son père, ont parlé des victoires d’Aya. La jeune sportive est même intervenue en duplex lors d’un journal télévisé. Elle lâche : « Au début, j’étais pas à l’aise pendant les interviews ». Le soir de février où nous la rencontrons, la boxeuse est en vacances scolaires. « Mes potes m’appellent Aya la boxeuse », raconte-t-elle en rigolant. Scolarisée en sixième au collège Solignac, Aya partage son temps entre les cours et les quatre à cinq entraînements chaque semaine. « Elle boxe mais le plus important ce sont les études, on suit les bulletins à fond », affirme le père d’Aya, qui fait le parallèle avec les centres de formation pour les footballeurs. « S’ils n’assurent pas dans les études, on ne les garde pas. Il faut des études à côté car il y en a un sur 100 qui sortira véritablement du lot ».

C’est Delf qui coache Aya au Strasbourg Thaï Boxing © Document remis


« On me pose souvent la question si j’ai peur de boxer des garçons.« 

Passée par différents clubs, la championne s’entraîne aujourd’hui sous la direction du coach Delf au Strasbourg Thaï Boxing. Souvent, ses sparring partner (ou camarade d’entraînement) sont des garçons. « On me pose souvent la question si j’ai peur de boxer des garçons. Non, ce sont des adversaires comme les autres », affirme Aya. Elle reconnaît malgré tout que jusqu’à présent, son adversaire le plus difficile à combattre était … Un garçon, justement : « Il était fort. Si j’avais moins stressé, j’aurai réussi à le battre ! », affirme-t-elle. « C’était sa première journée de combat, et elle s’était blessée lors de la première manche », nuance son père. « Les combats ne s’enchaînent pas forcément. Parfois, il faut attendre une heure et le corps se refroidit. Il faut ré-enclencher la machine et psychologiquement, c’est dur. Elle était pas bien, on l’a motivée, poussée. C’était plus le stress qu’autre chose », explique Omar Bozarhoun. Direct, Aya ajoute : « Moi j’étais dans mon combat, concentrée ». Son point fort : les poings et front kick. « Pendant un de mes combats je n’ai fait que mettre ça », se marre la jeune fille qui combat dans les catégories -37 kilos ou -34 kilos (un critère qui peut varier selon les fédérations).

À 11 ans Aya cumule les victoires et les titres. © Document remis


« La pépite à suivre »

Au Neuhof, où elle vit avec ses parents, sa petite sœur et son petit frère, Aya est très soutenue et sur les réseaux sociaux. Ses exploits sportifs ont été très partagés avec ces mots : « Aya la fierté », « la pépite à suivre », « graine de championne »… Suivie par plus de 12.000 personnes sur Instagram, « Aya la Louve », confesse que traîner sur les réseaux n’est « pas vraiment son truc ». « De temps en temps, elle fait des live avec sa sœur, mais vraiment sans plus », explique Omar qui gère les réseaux et l’image de sa fille. D’ailleurs c’est un de ses amis, Larouci Didi (acteur dans qu’Allah bénisse la France, le film d’Abd Al Malik, aussi connu comme rappeur sous le nom de L.A.R) qui lui a conseillé de se lancer sur les réseaux, pour plus de visibilité. « Il a été le premier abonné au compte d’Aya », ajoute Omar. Une visibilité qui permettrait aussi d’attirer des futurs sponsors…

« Je regarde toujours mes adversaires droit dans les yeux, un regard énervé, pour les impressionner. Ça marche ! ». © Document remis

Avant chaque combat, Aya a une habitude. « Le regard », explique-t-elle. « Je regarde toujours mes adversaires droit dans les yeux, un regard énervé, pour les impressionner. Ça marche ! ». L’une de ses ambitions ? Combattre Amira Tahiri, une Néerlandaise de 10 ans, considérée comme l’un des futurs espoirs du kickboxing. Plusieurs fois, Aya l’a défiée sur Instagram… avant d’être bloquée. Il en faudra sûrement plus à Aya La Louve pour se décourager et perdre son objectif de vue.

Ophélie Gobinet

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