Avec un prix moyen de 2,077 euros pour le Gazole, 2,018 euros pour le SP95, 2,069 euros pour le SP98, les prix du carburant flambent en Alsace, comme dans le reste de la France. Guerre en Ukraine, reprise post-Covid, ou taux de change, plusieurs raisons peuvent être invoquées. Un contexte qui offre peu de choix aux automobilistes et qui force les Strasbourgeoises et les Strasbourgeois à s’adapter.

Si le prix du carburant augmente depuis plusieurs semaines et même depuis plusieurs mois, la hausse est particulièrement exceptionnelle cette semaine. Après des mois d’arrêt dû au Covid, la demande reprend de plus belle. Mais la guerre en Ukraine et les craintes quant aux hydrocarbures russes y sont aussi pour quelque chose. Les acheteurs se détournent du gazole russe et préfèrent acheter le gazole nord-américain ou celui du Moyen-Orient, faisant ainsi augmenter leurs prix.

Enfin, le prix du baril est fixé en dollars, le taux de change entre le dollar et l’euro peut donc le faire varier. Le prix du baril doit être converti en euros et si l’euro est plus fort, alors le prix du pétrole sera moins cher en Europe. À l’inverse, si l’euro est plus faible comparé au dollar, le prix du pétrole sera plus élevé pour l’Europe. En ce moment, 1 euro équivaut à 1,10 dollar, l’euro est donc plus faible.

© Thibault Vetter / Pokaa


Privilégier le covoiturage ou le vélo

En dernière année d’alternance à l’EM, Andréa n’hésite pas à enfourcher son vélo pour se rendre en cours. Mais quand il s’agit de se rendre dans l’entreprise où elle travaille située à Fegersheim, difficile pour elle de se passer de la voiture : “Quand je vais bosser à Fegersheim, je prends la voiture. Je pourrais le faire à vélo, mais c’est 45 min versus 10 min en voiture.” Parmi ses collègues, la grande majorité fait le même choix. Aucune gare à proximité directe et il faut près d’une heure de bus depuis Strasbourg. “On sort des périodes de confinement avec le Covid Et là on revient à du 100% sur site au travail, mais ça nous coûte tellement cher qu’on a limite de nouveau envie de faire du télétravail. ajoute-t-elle

Entrepreneuse depuis un an, Mathilde P. se déplace régulièrement en voiture en dehors de Strasbourg “soit pour des tournages, pour des événements de réseautage, pour se faire connaître, etc.” Pour elle, la voiture est un outil indispensable au fonctionnement de son entreprise. Pas question donc de s’en passer, mais la vidéaste avoue faire davantage le tri : Je limite un peu plus les choix des événements. Je ne fais que les plus importants ou les moins loin. Et quand elle fait le choix de s’y rendre, Mathilde P. opte maintenant pour le covoiturage : “Des fois, on est plusieurs entrepreneurs à vouloir y aller donc on s’organise et on alterne les trajets entre nous. Ça permet de diviser le coût, parce que ça pique un peu quand on fait le point sinon.

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© Hugo Favre – Napoli / Pokaa


Bien choisir sa station

Mathilde a pour habitude de parcourir près de 300 kilomètres pour rendre visite à sa mère dans sa ville natale. Alors quand il faut faire le plein, l’étudiante strasbourgeoise y réfléchit à deux fois : “Hier j’avais environ moitié de mon plein dans ma voiture, mais comme j’ai observé la montée en flèche des prix de l’essence j’ai préféré compléter mon plein, car je pense que ça va continuer d’augmenter dans les semaines à venir, même si je n’ai pas particulièrement prévu de me servir de ma voiture.” 

Et pour éviter les surprises à la pompe, Mathilde prend le temps de comparer les prix sur internet. Même si cela demande parfois de rouler quelques kilomètres supplémentaires pour atteindre la station qui affiche les prix les plus bas : “Il se trouve qu’une pompe à essence est réputée pour être moins chère, elle se trouve au supermarché Match de Bischheim, donc à un peu plus de 5km de chez moi, alors que je vais souvent à la station Total à 5 minutes de chez moi. Mais la le prix affiché était à 2€30/L environ contre 2€12 là où je suis allée.


Passer le cap de l’électrique 

Pour Doriane, cette hausse des prix est finalement le déclic pour passer à l’électrique. “C’est quelque chose que je voulais faire depuis longtemps, mais je n’avais pas de borne de recharge près de chez moi et puis c’est pas donné non plus.” reconnaît-elle. Alors quand elle doit remplacer son ancienne voiture il y a un an, elle fait son choix se porte à nouveau sur un véhicule thermique classique. Mais avec les prix qui flambent, la conductrice utilise de moins en moins sa voiture. Pour elle, c’est le moment de passer le cap : elle a revendu sa voiture thermique et a commandé une voiture électrique.

Doriane sera livrée cet été : “Je ne pensais pas changer de voiture avant au moins trois ou quatre ans, mais je me suis dit que c’était le moment ou jamais ! Ça ne pourra pas être plus cher que ce que je peux payer actuellement.D’après ses calculs, les dépenses dédiées à sa voiture seront réduites de moitié avec l’électrique. Une économie conséquente dans le budget de la Strasbourgeoise.

Pour inciter à passer à l’électrique, le Grand Est va lancer un appel à projets à hauteur de 10 millions d’euros pour acquérir 3 000 voitures et 10 000 vélos à assistance électrique. La région pourra octroyer jusqu’à 4 000 euros d’aide pour l’achat d’un véhicule électrique. Les particuliers, les entreprises, les agriculteurs et les artisans vivant en zone rurale pourront notamment y prétendre. Des précisions seront communiquées dès le 17 mars prochain, lors de la séance plénière du Conseil régional du Grand Est.

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© Coraline Lafon / Pokaa


Un impact sur le moral

Ça va, je m’en sors, mais il faut revoir le budget et faire des concessions.” indique Andréa. Au-delà du point de vue purement économique, c’est sur certaines activités qu’elle doit faire une croix, comme voir ses proches ou pour les sorties. J’aime prendre des photos en forêt par exemple. Et ça, c’est souvent un peu éloigné de Strasbourg. Alors maintenant, je me limite. Et même, je me contrains à moins voir la famille” explique-t-elle.

Le plus gros impact pour Andréa, c’est surtout sur le moral : “On sort d’une période Covid, on se dit qu’enfin c’est la fin de cette pandémie et maintenant qu’on peut sortir on se retrouve à se restreindre en activités. C’est un peu un problème qui en remplace un autre, on ne s’en sort pas. Autour de moi, tout le monde en parle.” 

Invité sur BFMTV, Michel-Édouard Leclerc, PDG du groupe E. Leclerc, a annoncé ce vendredi une baisse de 35 centimes du prix du litre de gasoil dès lundi 14 mars. Quant au SP95 et 98, la baisse devrait être de 8 à 10 centimes.

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