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Rénovation de la cité U Paul Appel : des étudiants dans la peur de perdre leur logement

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La cité universitaire Paul Appell poursuit sa grande rénovation qui a débuté en 2019. Après le bâtiment A et le bâtiment F, c’est au tour des bâtiments B et C et D de fermer pour faire avancer ces travaux. Les immeubles doivent être évacués au plus tard le 31 mars, mais de nombreux étudiants disent n’avoir reçu aucune nouvelle de la part du CROUS et certains pourraient même se retrouver sans logement en pleine période d’examen.


Les travaux de rénovation se poursuivent dans la plus grande cité universitaire de Strasbourg et les étudiants logés dans le bâtiment C et D devront donc quitter les lieux le 31 mars prochain au plus tard. Mais alors que la date fatidique approche, ils sont nombreux à ne pas avoir reçu de nouvelles de la part du CROUS à propos de ce déménagement. Stress, flou et peur de ne pas être relogés, la situation se tend dans les chambres de la cité universitaire.

C’est assez flou en termes de communication et d’organisation. On est un peu prévenus à l’arrache !” assène Océane. Étudiante en BTS communication, elle loge à Paul Appell depuis maintenant deux ans, dans une chambre simple du bâtiment C. Elle explique avoir été mise au courant de la démolition du bâtiment en septembre dernier, puis avoir reçu un formulaire avec des propositions de relogement en décembre. Et puis plus rien : “Depuis, je n’ai pas eu de nouvelles, donc bon on ne sait pas trop. On reste dans le flou et ce serait bien de pas avoir des déménagements de dernière minute. Certains ont peut-être des examens, des cours, on reste étudiants. Personnellement je stresse.

Gilles* occupe une chambre de 9m2 dans le bâtiment C. Après avoir été informé en novembre qu’il devra quitter le bâtiment fin mars, il explique avoir tenté à plusieurs reprises par mail d’obtenir des informations sur la situation et de l’aide pour trouver un autre logement, sans jamais obtenir de réponse. Le jeune homme avoue être particulièrement stressé par ce manque de communication. Étudiant en kinésithérapie, Chaharman non plus n’a toujours pas idée de quand et où il va devoir déménager : Je ne suis au courant de rien alors qu’on est censé déménager le mois prochain.” Une situation particulièrement angoissante pour le jeune homme qui consacre déjà son énergie à la rédaction d’un mémoire et au suivi d’un stage, comme beaucoup d’autres étudiants.

© Laurent Khram


Des propositions de relogement pour certains

Présidente de l’AES (le syndicat étudiant Alternative étudiante Strasbourg) et élue au conseil d’administration du CROUS de Strasbourg, Eléonore Schmitt indique qu’elle et d’autres membres du syndicat ont commencé à faire du porte-à-porte dans les bâtiments B, C et D qui sont tous les trois concernés par les travaux de rénovation. L’objectif ? Faire le tour des étages pour recenser les étudiants et connaître leur situation. 

Selon le type de bail qu’ils ont signé, les étudiants de la cité U se trouvent dans une situation différente. La plupart ont signé un bail allant jusqu’au 31 août. Pour ceux-là, le directeur-adjoint du CROUS de Strasbourg assure qu’un logement de confort équivalent leur sera proposé. Les locataires du bâtiment D (un peu moins de 80 étudiants) seront déplacés dans le A, le F ou le E si celui-ci est libéré à temps. Et ceux du bâtiment C (140 étudiants) iront dans le B pour avoir des chambres similaires.

Cependant, comme des travaux sont aussi prévus dans le bâtiment B cet été, ils ne sont pas à l’abri de déménager à nouveau en mai ou en juin quand ces derniers débuteront. Et cette fois-ci, il faudra peut-être se tourner vers la Robertsau pour trouver des logements disponibles. Une situation qui s’apparenterait presque à un Tetris grandeur nature. “Une des difficultés qu’on a, c’est que le calendrier précis des travaux pour les bâtiments B et C n’est pas complètement figé, mais on espère l’avoir bientôt.” indique Jean Wisson, directeur-adjoint du CROUS de Strasbourg.

Pour éviter qu’il y ait un afflux et que tous les déménagements se fassent en même temps, il explique que le directeur de l’agence a décidé d’échelonner les départs du haut vers le bas : Là, on est déjà sur les étages 8 à 5, puis la semaine prochaine on passera aux étages 3 et 4, et la semaine du 14 février ce sera au tour des étages 1 et 2. Au 31 mars, il faut que tout le monde ait déménagé.” Côté tarif, le directeur-adjoint du CROUS assure que le prix du loyer restera le même pour les étudiants jusqu’à la rentrée 2022, qu’ils déménagent dans un logement rénové ou non.

© Chloé Moulin


Un potentiel départ pour les autres

Dans ces mêmes bâtiments, d’autres étudiants ont signé un bail en début d’année scolaire qui se termine le 31 mars, sans obligation de relogement. Ils sont une centaine à être concernés. “Eux ne peuvent pas dire qu’ils ne sont pas au courant car le bail était fixé à cette date.” souligne Jean Wisson. Il explique que si des baux plus courts que d’habitude ont été proposés cette année, c’était pour que certains étudiants puissent entamer leurs recherches après septembre : “On s’est dit que la pression est moins importante à cette période de l’année s’ils veulent chercher un autre logement. Finalement, ils avaient six mois pour trouver quelque chose.” Si des places venaient à rester ou à se libérer une fois les étudiants prioritaires relogés, elles pourront selon lui, leur être proposées. Mais aucune garantie ne peut être donnée.

Et ce sont justement ceux qui se trouvent dans cette situation qui inquiètent le plus Clémence Koch, première vice-présidente en charge des Affaires de Jeunesse à l’AFGES : “À la rentrée, le nombre de logements accessibles est très réduit à Strasbourg. Et pour ceux à bas prix, il y a un nombre dérisoire de logements disponibles. Finalement beaucoup d’étudiants ont signé un bail allant jusqu’au 31 mars dans l’idée d’avoir quelque chose ensuite. Très honnêtement, le CROUS a fait son travail en les prévenant du déménagement qui aura lieu fin mars. Mais dans l’urgence, les étudiants ont quand même pris le logement. Notre inquiétude, c’est qu’ils n’aient pas de solution de secours.

Selon la présidente de l’AES, Eléonore Schmitt, beaucoup d’étudiants étrangers sont concernés. Elle explique vouloir recenser les étudiants dont le bail prend fin dans moins de deux mois et qui se retrouvent sans solution.On a pris contact avec l’Eurométropole pour savoir si on peut trouver des logements en urgence. On ne peut pas imaginer que des étudiants se retrouvent dans la rue. On explore toutes les solutions qui peuvent être explorées.” assure la syndicaliste. De son côté, l’AFGES compte également contacter la Ville et des partenaires associatifs pour trouver une solution pour ces étudiants.

Personne de dos
© Bastien Pietronave / Pokaa


Après les travaux, fini les chambres à 175 euros

Si ces vastes travaux ont été engagés, c’est pour rénover la cité Paul Appell et proposer des aménagements similaires dans chaque bâtiment. Ainsi, alors que les bâtiments B et C proposaient jusqu’alors des chambres avec des sanitaires collectifs par étage pour un loyer de 175 euros, des sanitaires individuels seront systématiquement installés. Selon Jean Wisson, ces travaux sont une bonne chose : “55 000 euros sont investis dans ces travaux, ce n’est pas rien, donc c’est quelque chose de très positif. Et aujourd’hui, des étudiants qui veulent aller dans une résidence avec des sanitaires partagés, il n’y en a pas. Ou sinon c’est par rapport au tarif.

© Samuel Compion / Pokaa

Et c’est justement cette hausse du prix des loyers que regrette Eléonore Schmitt. À la fin des travaux en 2023, les loyers s’aligneront sur ceux des bâtiments déjà rénovés, soit 298 euros. “Bien sûr, ces rénovations sont nécessaires, un des bâtiments est particulièrement insalubre et délabré. Mais ce sont des logements 100 euros plus chers qui vont être installés à la place et donc les étudiants précaires ou étrangers ne pourront pas y accéder. Cumulé à la hausse des frais d’inscription pour les étudiants étrangers, il y a vraiment une partie de la population qui va être empêchée de faire des études. craint la Présidente de l’AES.

Pour Jean Wisson la situation illustre malheureusement bien la problématique à laquelle la ville doit faire face à chaque rentrée :On voit une fois de plus qu’à Strasbourg, il y a un vrai sujet concernant la disponibilité de logements à tarif social pour les étudiants.” Et cela ne risque pas de s’arranger à la prochaine rentrée universitaire, puisqu’une grande partie des logements habituellement en location seront en travaux : “On risque d’avoir de grosses difficultés à la rentrée parce que même si c’est toujours une bonne surprise d’avoir la possibilité de faire des rénovations, la résidence de la Somme [Ndlr. 160 chambres] sera, elle aussi, en travaux dès 2022. Donc ça risque d’être très difficile.

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