Edith Piaf voyait La Vie en rose. Alexiane Magnin, elle, la voit en bleu. Cette jeune artiste nous fait découvrir à travers son projet « La Parure Bleue », un art un peu oublié qui requiert un peu de chimie et pas mal de créativité : celui des cyanotypes. Installée à Strasbourg depuis 4 ans, la Bourguignonne s’est laissé séduire par la ville qu’elle s’amuse aujourd’hui à reproduire et détourner. Ce mois-ci, deux expositions sont consacrées à ses créations, mais avant d’y filer, on vous fait les présentations.



L’art du DIY [*Do it yourself]

Sa découverte des cyanotypes, c’est au travers de ses études qu’elle la fait. Aujourd’hui graphiste et illustratrice, Alexiane Magnin passe d’abord par un BTS de Design graphique à Paris avant d’enchaîner avec une licence pro de Graphisme et Conception éditoriale à Chaumont. Gravure, sérigraphie, photo… Elle touche alors un peu à toutes les techniques d’impression, dont celle du cyanotype. Depuis un an, elle a ressorti bacs et produits pour se remettre à cette drôle de chimie.

Ce qui lui plait, dit-elle, outre l’esthétisme qui s’en dégage, c’est que « d’un bout à l’autre du procédé, on peut tout faire soi-même, […] et développer à l’infini [ses] créations ». Inventée en 1848, cette technique photographique s’est fait connaître quand la botaniste et photographe Anna Atkins commence à l’utiliser pour son herbier, en usant du procédé chimique – assez facile et rapide à reproduire chez soi – pour immortaliser et référencer des végétaux. Encore de nos jours, les gens découvrent la technique à travers l’impression de plantes. Si Alexiane commence elle aussi par ce biais, elle s’en démarque rapidement, en détournant des photos, et en y rajoutant ses illustrations.

Cyanotype en cours de rinçage © Alexiane Magnin



Une goutte de chimie et beaucoup de poésie

Si elle ne se dit pas photographe, elle use toutefois de la photo, comme des vues de la ville, des autoportraits… Qu’elle réinterprète avec son trait d’illustratrice, et une approche personnelle en mélangeant les techniques et savoir-faire.

En quelques coups de pinceaux, ou un petit tour sur Photoshop avec un montage, ou en rajoutant une plante, elle twiste une image, la rend énigmatique ou ludique. Elle créé ses propres paysages, des mondes inventés. Un joli mélange de chimie et de poésie.

Autoportrait © Alexiane Magnin



Deux expositions à Strasbourg

À l’année à la boutique de créateurs et artisans du Générateur, elle y fait en ce moment-même une exposition visible encore quelques jours, aux côtés des cyanotypes de végétaux de Nathalie Chapuy / le Héron Graveur. Conçue comme une immersion dans un atelier d’artiste, cette petite expo explique aux curieux et aux badauds le processus de création d’un cyanotype.

Expo au Générateur © Alexiane Magnin



En parallèle, on retrouve en binôme avec son compagnon Corentin Denos, également artiste visuel, dans des créations conjointes, accrochées au bar Le Local. Une expo autour des Vosges, avec des montages de photos, de cartographies des lieux visités ou des itinéraires. Des expérimentations créatives en cyanotype, pour une découverte originale et moderne de cet art qui voit le monde en bleu.

Avis aux curieux… Les deux expos s’achèvent dans quelques jours, pour un finissage prévu début décembre. Mais vous pourrez retrouver ses créations au Générateur, ou à son événement : le Marché de Noël à la maison. …Pour aller, pourquoi pas, y choper un cadeau qui sort du lot.


Pour retrouver Alexiane Magnin

Son Instagram illustration
Son Instagram La Parure Bleue
Sa boutique Etsy


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