Du frometon et du bon son ? C’est la fête ! Ou plutôt : « La Faîte », un tiers-lieu rural lancé cet été par des Strasbourgeois en plein cœur des Vosges. Un projet qui mêle lieu de diffusion et de création de musiques électroniques et hip-hop, et produits de la ferme. Un combo original qui compte bien attirer rats des champs comme rats des villes. Une bonne idée de week-end au vert, pour allier nature et culture, à Laval-sur-Vologne, à 2h de Strasbourg.




La fête selon La Faîte : c’est quoi faire la bamboche à la montagne ?

Voulu comme un lieu de vie ouvert, de création et de diffusion artistique, La Faîte garde un pied dans le terroir tout en offrant une nouvelle expérience de fête et de culture. L’équipe derrière le projet explique qu’il s’agit d’« un prisme de regards, physique et symbolique, sur la création et la diffusion des musiques électroniques et hip-hop – et de pratiques connexes [comme] le graphisme, le mapping – en milieu rural ; ancré dans un rapport au naturel et au convivial, faisant la part belle au temps long, au paysage, au bien-manger et au rassemblement festif ». Un « tiers-lieu rural », en quelque sorte, puisqu’il continue à avoir une activité fermière, entre agriculture, maraîchage, et transformation de produits de la ferme. Alterner entre charcut’, brassage et ateliers mix, MAO et écriture, c’est ça, La Faîte.

Guinguette devant Faîte © La Faîte



Celle-ci se donne pour triple mission de « redonner vie » à l’ancienne ferme-auberge dans laquelle elle s’installe, de dynamiser le territoire qui l’entoure en accueillant les locaux comme les citadins, ainsi que proposer un lieu de création à destination d’artistes ou de collectifs. Équipée pour les accueillir en résidence (avec hébergement et matériel de création), munie d’une cuisine pro et d’un labo (pour la transformation des produits de la ferme), La Faîte s’ouvre aussi au public avec des temps forts. Guinguette, club, camping : ambiance teuf à la ferme.

DJset par Moo
© La Faîte




Mais c’est qui, La Faîte ?

Derrière La Faîte – le projet comme l’asso éponyme – on retrouve d’abord une équipe de Strasbourgeois qui se rencontrent notamment au sein de l’agence Candide (une entreprise de coordination événementielle, d’édition et de communication, derrière des projets tels que L’Ososphère, le Marché de Noël Off ou encore Strasculture).

« C’est pendant l’étouffement du premier confinement que nous avons décidé de nous lancer dans cette aventure », explique Ulysse Mercier Arles, qui répond à nos questions. Président de l’association La Faîte, en charge de la prog’ et en binôme sur la communication, son parcours atypique s’inscrit pleinement dans celui de La Faîte, faisant le lien entre art, gastronomie et territoire. Après un parcours en sociologie et économie sociale et solidaire, un master pro de Direction Artistique de Projets Culturels Européens, il fait ses classes au sein de L’Ososphère et l’agence Candide qu’il rejoint en 2019. « Sensible aux enjeux sociaux de l’art », mais aussi du goût du bon produit, il fut même jury expert de dégustation pour l’INRA (Institut national de la recherche agronomique).

© La Faîte



À ses côtés, un autre profil polyvalent : Emilien Azizi Bodaine, chargé de la technique, ancien chef boulanger, puis formé à la régie événementielle. Ou encore Nicolas Schelté, gérant de Candide, pendant plus de quinze ans, qui fait profiter son expérience (les magazines Poly et Bibouille, le festival L’Ososphère, le Marché de Noël Off, le spectacle Les Dictées de Papy Guy et l’édition d’une dizaine de livres), à la jeune équipe de La Faîte.

Dans l’aventure, on retrouve deux autres Schelté : son fils Tristan, entrepreneur individuel, passé du BTP à la restauration et l’événementiel, responsable de la partie restauration de La Faîte, ainsi que sa fille, Alice, chargée de l’administration aux côtés de Tristan.

Ulysse cite également Laure, Alexis et Enzo, et précise qu’ « autour du noyau dur gravite un écosystème aux compétences professionnelles variées dans les domaines de l’architecture, le graphisme, l’édition, les métiers de bouche, la régie technique, l’art contemporain, les « musiques actuelles », la coordination, la gestion et l’administration ». Une équipe plurielle qui se complète pour ce projet pluridisciplinaire.




Le sens de l’hospitalité en héritage

« La Faîte ». Au-delà du nom qui sonne bien, un lieu. Celui d’une ferme datant du 18ème siècle initialement implantée sur le domaine de la comtesse de Lapanouse, à Laval-sur-Vologne au cœur des Vosges : « la Ferme devant Faîte ». Rachetée vers 1930 par son régisseur, elle voit passer deux autres générations après celle du grand-père : le fils, qui y naît et y vivra comme agriculteur, et la petite-fille qui en hérite en 1974, Geneviève. Cette dernière, accompagnée de son époux, Gérard Remy, transforme la ferme familiale en auberge, en 1985. Un succès. Une tradition de l’hospitalité qu’elle doit à son grand-père qui accueillait déjà les bûcherons de son temps à manger et boire chez lui. La devise ? « Mais entrez donc ! ».

Guinguette devant Faîte © La Faîte



Depuis, les Remy ont cherché des repreneurs. Après avoir refusé plusieurs projets de reprise, celui mené par l’équipe de Strasbourgeois plaît. Séduit par la proposition de « tiers-lieu rural », le couple dit oui, et en août 2020, l’équipe vient y poser ses valises. Un coup de cœur mutuel, qu’Ulysse raconte :

« Nous [avions] établi une liste de critères pour orienter notre recherche du lieu (un grand terrain, un bâtiment rapidement habitable mais comportant des parties à rénover, une source, pas de vis-à-vis direct, à moins de 2 heures de Strasbourg…). Parmi ces critères il y avait celui-ci : l’implication, d’une manière ou d’une autre, des anciens propriétaires dans notre projet. Ce critère était très important pour nous car il est garant de la bonne transmission des expériences et de la connaissance des lieux et du territoire. Après avoir visité quelques biens, notre choix s’est rapidement arrêté sur la Ferme devant Faîte […], d’une part grâce à son cadre idyllique et son adéquation avec notre projet, d’autre part grâce à l’incroyable feeling qui est directement passé entre l’équipe et les anciens propriétaires. […] Aujourd’hui et après quelques années de sommeil, c’est nous qui reprenons les lieux pour en perpétuer la tradition d’accueil, à notre image. ».

Investie depuis toujours dans la vie de la commune de Laval-sur-Vologne, Geneviève conseille désormais les nouveaux, tandis que Gérard, leur transmet « sa connaissance des animaux de la ferme et son savoir-faire en tant que cuisinier/boucher/charcutier ». Une passation en douceur, et un nouveau chapitre qui s’ajoute à l’histoire de La Ferme devant Faîte.

© La Faîte




Temps forts à venir

Si le projet est dans les bacs depuis 2020, La Faîte a fait ses premiers pas cet été. Une « saison en bêta-test » inaugurée avec une guinguette, ouverte du jeudi au dimanche, avec restauration simple et maison, « un max de produits locaux » et des « tartes flambées fermières ». En parallèle, la programmation se construit petit à petit, autour de concerts, workshops, résidences, micro-festivals (on peut citer le collectif strasbourgeois MÂL.E.S qui y est passé pour poser du son). Et l’asso espère pouvoir achever ses travaux avant la saison hivernale, « pour continuer d’avoir une existence même quand il fera -15 ».

DJ set par Roylee et Makar © La Faîte



Avis aux intéressés : l’événement phare de la saison sera leur micro-festival, La Ferme électronique, qui se tiendra du 10 au 12 septembre 2021. À l’affiche, quelques noms de Djs de chez nous tels que James Djinn, Beatrice et Itaho. Mais les plus curieux d’entre vous pourront déjà s’échapper de la ville ce week-end avec Thrash the Guinguette, ce samedi 28 août.

….Oubliez la bamboche, dans les Vosges : c’est La Faîte.


Pour retrouver La Faîte

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Où ?
1 Chemin de Faîte, 88600 Laval-sur-Vologne


Fanny Soriano

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