« Rien à foutre, rien à branler, je me touche le pipou toute la journée » clame-t-il dans son clip sorti le mois dernier. Lui, c’est qui ? WESH TAUM, un Strasbourgeois qui sait bien se servir de ses dix doigts… Musicien talentueux et touche-à-tout, aujourd’hui, il nous invite à toucher notre Pipou. Découverte musicale d’un artiste original. On aime, alors on partage.




Wesh, t’es qui ?

La prise de contact se fait d’abord via le Messenger de la page officielle, après avoir repéré les clips et l’univers un peu dingue du Strasbourgeois quelques jours plus tôt. L’intro est aussi décalée que le personnage qui se cache derrière : je tombe sur le message automatique de « Roby le robot de WESH TAUM » : « Il n’y a personne à la maison pour le moment, mais ils ne vont pas tarder. Laisse ton message un vrai « humain » y répondra très vite », lit-on. Belle entrée en matière.

© Valentine Levy / @vav.lk



Croisement réussi entre un Lomepal et un Philippe Katherine, WESH TAUM est d’abord Tom, 21 balais et originaire de LingoLingolsheim, ndlr. Une voix plus posée qu’on y croirait, un brin jeune encore, mais déjà pas mal de choses à raconter. Musicien touche-à-tout depuis toujours et homme-orchestre à lui tout seul, il m’explique s’être mis dès son plus jeune âge à la batterie, aux percussions brésiliennes, au piano, au didjeridoo… Ainsi qu’au chant, au rap et au beatbox, à la guimbarde, et « un petit peu » à la guitare, à la basse et au saxo… Et « beaucoup » de looper et de musiques électroniques comme Ableton (un séquenceur musical logiciel). Rien que ça.

© Valentine levy @vav.lk



Alors qu’il a déjà plusieurs expériences dans des groupes de rock, ou de trance instrumentale avec TransVersal où il y faisait du didjeridoo, il a le déclic fin 2019 : « Wesh gros, vas-y viens on fait un truc tout seul, ça va être drôle », rapporte-t-il. Quelques premières vidéos barrées à son actif, en décembre 2019, bam, il se lance et le projet solo naît : « WESH TAUM ».

Un univers musical influencé par des artistes qu’il suit comme le déluré Marc Rebillet. Des concerts de l’ordre du spectacle, « des moments où y a rien d’autre qui se passe, à part voir ce p*tain de gars se mettre à poil sur scène et parler du fait qu’il veut devenir un flamant rose ou claquer des fesses. C’est incroyable ». Côté paroles ? Les Wriggles un groupe de musique française humoristique, ou MPL (Ma Pauvre Lucette), « qui jouent avec les mots ». Ou le premier EP de Chance The Rapper, « ACID RAP, qui a des inspirations ultra gospel ». « Tu mélanges tous ces trucs-là, bien fort, ça donne un peu […] avec toutes ces influences plus ma propre personnalité : WESH TAUM. »




Premiers sons : orgies, masturbation et bonne réception

Entre temps, le confinement passe par là, et en 3 jours, il monte un son et le clip qui va avec : NIKLECONFINMENT. Il collabore rapidement avec Peter Barn, un pote rencontré à la fac de Musiques actuelles. Le duo sort trois titres : Message à la vie, Fin et Rêve d’agrumes, dont le clip orgiaque a su trouver son public.



Depuis, tout s’enchaîne : un manager, une cinquantaine de sons… Et au final, 2 EP voient le jour en 2021. Zem la vie avec 6 titres en juillet, et État Dame, sorti en mai. Si le premier parle de brèves de vie, de petites histoires, le second parle de transidentité. Différentes facettes de son univers, loin d’être « linéaire », explique-t-il. En tout : une poignée de morceaux produits en solo (musique et texte), et deux en collab. Nuage, sur un son du Strasbourgeois Kumotora, et Pipou avec Moth.

© Valentine levy @vav.lk



Derrière l’histoire de Pipou, une anecdote d’un Nouvel an qui dérape. Celui du 1er janvier 2021 où un mec lui prend la tête, à une fête « pas incroyable » où il se barre à 1h30 (« pas ouf pour un Nouvel an »). Saoulé de sa fin de soirée ratée, il écoute le lendemain la prod’ de Moth qu’on lui a envoyée. Un coup de cœur qui le fait décrocher de sa rancœur de la veille. Un « petit bonheur simple de la vie », comme il dit, qui le fait réaliser que, allez, « rien à foutre, rien à branler » de ce gars. Un mec lambda qui lui a dit, la veille : « Je savais que toi et moi, on serait jamais potes le jour où tu t’es foutu de ma gueule parce que je mangeais pas mes croûtes de pizzas ». Pépite. Inspiré, il écrit les paroles dans la foulée. Le bonus : un clip déjanté, osé, réalisé par Chaise-Bleu-Production.




Et quand il se touche pas le Pipou ?

Depuis, deux premiers EP sortis, trois clips, et quelques concerts, comme au Grillen en juillet pour la Scène Off 2021 de la Foire aux vins de Colmar. Et puis un tremplin gagné où il aurait dû jouer sur une scène en Bourgogne, devant – improbable – un magasin de fruits et légumes. Devant un public inconnu, « sûrement des enfants et des vieux », il était déjà prêt à balancer un son « techno-disco à 180bpm qui s’appelle Carotte Pois chiche Courgette Choux-fleur où tout ce que je fais dedans, c’est dire Carotte Pois chiche Courgette Choux-fleur […], ça aurait été vraiment incroyable ».



Crise sanitaire oblige, l’événement a été annulé. À l’instar de celui de La Carte Blanche au NPL, originellement prévu le samedi 7 août au bar Le Local, et annulé/reporté, à la dernière minute, suite à une mise en demeure délivrée la veille de l’événement, par la préfecture du Bas-Rhin. Un coup dur pour WESH TAUM, jeune musicien en voie de professionnalisation : « C’est un peu ça le problème de la situation actuelle, c’est qu’on peut te proposer beaucoup de choses et aussi te les enlever des mains très très vite ». Difficile de se projeter sur les prochains mois mais l’envie est là. …Un artiste à suivre de près, et vous n’êtes pas prêts.


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Fanny Soriano

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