Bill Noir. Derrière ce surnom doublé d’un jeu de mots, se cache un passionné d’image tourangeau. Après des études à l’école de l’image d’Épinal au début des années 2000, son intérêt pour la création le porte vers la photographie sténopé (caméra obscura), le film super 8 expérimental, la sérigraphie, la  collection d’images vernaculaires (photos de familles ) et depuis 2008, le collage. Aujourd’hui, ce Strasbourgeois d’adoption ne cesse de repousser les frontières de sa pratique artistique. Dans son atelier situé au Bastion XIV, il coupe, assemble, déplace, repense et colle des milliers de petits bouts de papier arrachés à des photos, magazines anciens ou livres d’une autre époque. On est allé rencontrer Bill Noir dans son petit paradis de papier pour en savoir un peu plus sur son processus de création.




D’une page de Paris Match au tableau d’art

Concrètement, le collage artistique consiste à réutiliser et détourner des matériaux d’édition existants qu’on va trouver dans des brocantes ou des greniers par exemple. Une fois la sélection faite, on découpe, détourne et assemble des parties prélevées, dont résulte finalement une œuvre. Bill Noir raconte : « Pour ma part, je puise beaucoup dans des vieux magazines type art ménager ou même Paris Match, plutôt des anciens parce que la matière et l’aspect mat du papier correspond à ce que je cherche. Là par exemple, j’ai un vieux livre sur les minéraux en trois exemplaires, les images sont grandes et ça représente une palette infinie de gris et noir. Au début je faisais beaucoup de portraits, avec plus de couleurs et de sourires, c’était un peu une sorte de pied à l’étrier, de facilité aussi. Puis au fil du temps, et à force de découvrir le travail de plein de personnes différentes, ma pratique s’est orientée vers d’autres formes de création, peut être un peu moins faciles, mais qui me correspondent et qui sont le fruit de mes recherches.« 


Aujourd’hui, Bill Noir travaille davantage avec des teintes noires, beiges, grise, blanche, des choses assez ternes finalement. Un peu partout dans son atelier, le papier s’entasse et s’entremêle. Si au premier coup d’œil, on voit un grand bordel, c’est en s’approchant un peu plus que l’on remarque que tous ses grands confettis sont découpés et triés de manière très méthodique, et ceci jusqu’à l’assemblage du tableau final. Il détaille : « Il y a toujours une forme humaine au départ, un corps ou un portrait qui va faire qu’on raccroche au sens classique ou narratif. C’est un peu le lien avec le connu. Pour ce qu’il y a autour, les courbes, la masse, je vais essayer de virer dans quelque chose de plus abstrait, de plus senti au sens de la composition. Du fait d’avoir tous ces classements de papiers fait en amont, je vais improviser et me laisser guider par l’assemblage. Je rassemble d’abord sur une grande table des petits tas de papiers qui se ressemblent, par la teinte ou la matière, puis je les organise sur un support sans les coller. Enfin, je les fixes les uns avec les autres, minutieusement et sans perturber l’assemblage initial, ce qui me permet de rester très libre dans ma création ».

© Samuel Compion pour Pokaa


Envie d’en savoir plus sur Bill Noir ?

À l’occasion de son exposition temporaire ADVITAM ETERNUE chez Avila, la journaliste Marie Labory a interviewé Bill Noir pour Pokaa, et ça se passe juste ici :

Vous pourrez aussi retrouver Bill Noir au Bastion XIV lors des Ateliers ouverts les week-ends du 22-23 et du 29-30 mai 🙂

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