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À J-3 de la réouverture : des terrasses strasbourgeoises déjà réservées

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« Nous sommes enfin en train de sortir durablement de cette crise sanitaire ». C’était la plus belle punchline de Jean Castex lors de son allocution début mai, alors qu’il nous promettait par la même occasion que le couvre-feu prendrait fin le 30 juin. Alors nous forcément, il ne nous en fallait pas plus pour déjà nous voir attablés en terrasse, à s’esclaffer entre amis sur fond de grosses pintes de blanche et de tartes flambées très moyennes. On a commencé à faire des plans sur la comète puis rapidement, comme tout le monde, on s’est rendu compte que le retour de notre lifestyle tant convoité, c’était pas vraiment pour tout de suite.


Entre les règles strictes imposées par la préfecture, celle du gouvernement, la météo capricieuse, les nombreuses tables déjà bookées ou encore l’absence de bières à emporter pour les établissements sans terrasses… Les contraintes sont lourdes, et il va falloir finalement un peu plus de chance et d’organisation que prévu pour profiter comme il se doit de notre 19 mai.


© Vivien Latuner


Retour sur les contraintes et les règles qui nous attendent

Partout en France, on s’apprête retrouver dans les bars et restaurants un protocole sanitaire similaire à celui qui s’appliquait à l’automne dernier. Le protocole révélé par le ministère ce mercredi soir instaure donc à nouveau la limite de six personnes par table, avec l’obligation du port du masque lorsque les clients se déplacent dans l’établissement – pour aller aux toilettes, par exemple. On trouvera également du gel hydro-alcoolique encore et toujours à utiliser obligatoirement à l’entrée et à la sortie du restaurant et des toilette, mais aussi des menus plastifiés ou proposés sous forme de QR code pour éviter la transmission d’une table à l’autre. Les paiements sans contacts seront à nouveau encouragés et se feront à table. Enfin, les terrasses tourneront avec une jauge de 50 % de la capacité d’accueil, sauf pour les établissements qui possèdent des petites terrasses (moins de 10 tables) pour qui la jauge limitée ne s’appliquera pas. Pour ces dernières, les tables devront être séparées par du plexiglas, un paravent ou des feuillages.

Dans un mail de l’UMIH à un restaurateur strasbourgeois, on peut lire ceci : « La surface de référence pour le calcul de la jauge d’une terrasse est soit celle prévue dans le titre d’occupation domaniale soit celle résultant de la mesure du périmètre de la terrasse, déterminé de la manière suivante : addition des surfaces de la voirie occupée par les tables et les chaises, des allées de circulation et du trottoir devant le restaurant« . Avec l’exemple suivant : « Si vous trouvez 100 m2, vous divisez le résultat par 2. Votre capacité est de 50 personnes« .

Des contraintes qui pèsent lourd pour les restaurateurs, au point que certains décident de reporter leur réouverture en juin, lorsque l’accueil en salle sera – théoriquement – autorisé, mais encore sous contraintes.


Oui, parce qu’une terrasse, c’est bien, mais tout le monde n’a pas la chance d’en avoir. La part des établissements qui ne pourront pas rouvrir le 19 mai reste conséquente. Pour faire tourner sa terrasse, il faut qu’il fasse beau, qu’il n’y ait pas de vent, pas de pluie. Et quand un établissement décide d’ouvrir, cela signifie qu’il réintroduit des dépenses sans connaître les recettes. Prenons l’exemple d’une terrasse avec 25 couverts ; réduite à 15 ou 10, on comprend vite que ce n’est pas possible de rentrer dans ses objectifs. On comprend donc que certains vont préférer ne pas rouvrir par manque de rentabilité et attendre l’ouverture complète du restaurant au mois de juin.

Toutefois, pour encourager les restaurateurs à rouvrir, le gouvernement a annoncé que le fond de solidarité resterait accessible même sans perte de chiffre d’affaires, et ceci pour tous les acteurs du tourisme, de juin à août. Le dispositif du chômage partiel sera quant à lui également maintenu au moins jusqu’en août mais avec une prise en charge dégressive.

© Coraline Lafon


Une offre qui pourra difficilement répondre à la demande

Ces derniers jours, on a vu un peu partout les restaurateurs s’activer comme dans une fourmilière. Sous la pluie, on les a vu astiquer, ranger, réparer, mesurer et installer leur terrasse pour qu’elle soit prête ce mercredi. Si on fait un calcul assez basique du nombre de soiffards qui vont prendre la ville d’assaut mercredi par rapport au nombre de places qu’il va y avoir de disponibles, on peut difficilement se projeter avec hâte.

Pour Romain, le propriétaire du Wawa Bar, mercredi risque d’être un sacré bordel : « Au Wawa, j’ai une terrasse qui fait 56 mètres carré, je me retrouve avec une jauge à 25 personnes au lieu de 130. On a déjà eu deux réservations de groupes d’étudiants, la terrasse est déjà presque à moitié pleine. L’année dernière avec les extensions je pouvais accueillir quasiment 140 personnes, sauf que cette année ça fait quatre semaines que j’ai fait la demande et que j’attends toujours une validation. Le service qui s’occupe des terrasses est injoignable, sûrement complètement saturé ».

Romain, propriétaire du Wawa
© Samuel Compion pour Pokaa

Même son de cloche du côté du Café des Sports, qui se prépare avec le sourire, mais non sans un petit goût d’amertume pour Geoffray, l’un des dirigeants : « On se sent une nouvelle fois un peu comme des pestiférés, on ne va pas revenir sur le débat, mais on laisse encore les gens s’entasser dans des transports en commun, tandis que les bars sont directement pointés du doigt comme des lieux qui font davantage circuler le virus. Toujours sans réponse pour notre demande d’extension, on va se retrouver avec une jauge de 20 places sur 40 initialement. On a tapé dans la tréso pour faire plein de travaux afin d’accueillir les gens dans les meilleures conditions, on a préparé une nouvelle carte des vins durant tout le printemps, on a le sourire et la patate, mais il faut sérieusement s’accrocher quand on voit le nombre de contraintes auxquelles on est exposé ».

Xavier et Geoffray
© Samuel Compion / Pokaa

Rappelons le, le 19 mai ne constitue que la deuxième étape de ce déconfinement en quatre phases, avec un couvre feu seulement décalé à 21h qui ne nous laissera finalement que peu de temps pour profiter du soleil (si il revient un jour) en terrasse en fin de journée.

Il faudra donc attendre le 30 juin, date suprême de la libération pour réaliser le rêve que l’on nourrit depuis plusieurs mois maintenant, à savoir se retrouver à 12 et trinquer en riant sur nos terrasse préférées. Lever la main pendant douze minutes avant que le serveur débordé nous voit, manger des frites et s’essuyer ses doigts tout gras sur son pantalon, fumer comme Gainsbourg, renter en titubant dans la nuit noir, et recommencer dès le lendemain. Voilà ce dont on rêve tous. D’ici là, on envoie des tonnes de love à tous les restaurateurs de Strasbourg, car c’est aussi eux qu’il nous tarde de retrouver.

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