Ce dimanche 9 mai, des Strasbourgeois et Strasbourgeoises se sont retrouvés pour une marche allant de la Laiterie au musée alsacien. Une manifestation qui rend hommage aux lieux culturels fermés depuis le début de la pandémie. Cette mobilisation ensoleillée a ravi ses initiateurs et les acteurs de la culture, mais rappelle que cette année a été très difficile pour le monde de la culture.



« Je suis fière d’avoir du public aujourd’hui » ironise Antonia de Rendinger, actrice et comédienne. Habillée d’une longue robe fleurie et de lunettes de soleil en forme de cœur, elle donne le départ devant la salle de concert de la Laiterie. Elle commence par un discours écrit par le collectif du 23 janvier, le mouvement à l’initiative de la marche fleurie. Des marches comme celle-ci, il y a en a eu plusieurs en Alsace, à Nancy ou à Reims explique Sébastien Troendlé, membre du collectif de l’antenne locale de Strasbourg et du comité de coordination du Grand Est.

Le collectif du 23 janvier est né d’une initiative citoyenne qui a pour objectif d’imaginer l’après-pandémie pour le monde de la restauration et de la culture. C’est suite à une première manifestation qui s’est tenue le 23 janvier dernier, que certains participants ont décidé de créer un collectif. Sébastien ajoute : « ça mêle les citoyens et le public, car les salles manquent aussi au public ! » Ensemble, ils se demandent comment prendre part aux négociations avec les acteurs publics et politiques de la région.


Le pouvoir des fleurs

Le mode d’action du collectif est simple : prendre des fleurs et les déposer devant les lieux de culture et de rencontre touchés par la pandémie. Un choix fort de symbolisme comme l’explique Nicolas, artiste de rue. « Les fleurs ça fait à la fois cortège funéraire, mais ça montre aussi qu’il y a de l’espoir ».

Des fleurs sèches, fraîches, ou dessinées à la craie, marquent le passage des manifestants. Devant le Musée d’Art moderne et contemporain, ils sont plusieurs à dessiner sur le sol, accompagnés d’un violoniste et d’un guitariste.


« L’art : l’inutile nécessaire »

Mais alors, pourquoi organiser une marche qui revendique la réouverture des établissements publics, alors que la plupart rouvriront le 19 mai ? Pour Aude, comédienne, membre du collectif et organisatrice de cette marche, c’est le moment de « pousser un coup de gueule car ils ont été bâillonnés pendant un an ». Fred, artiste de théâtre, la rejoint : « on veut dire que ce qui s’est passé pendant un an, n’est pas normal, que c’était grave ».

Antonia reste méfiante vis-à-vis des annonces du gouvernement, une des raisons pour lesquelles elle manifeste aussi aujourd’hui. « Les annonces sont conditionnées et provoquent des inégalités entre le public et le privé ».


La jauge de 35 % de spectateurs ne rend pas l’ouverture des petits lieux de spectacle rentable d’après elle. La salle de spectacle L’Espace K, a notamment décidé d’annuler sa réouverture pour cette raison. Antonia regrette : « les annonces sont trompeuses, car on donne l’impression que tout va bien ».

Même si les consignes de la préfecture étaient claires et précisaient que la manifestation ne devait en aucun cas se transformer en spectacle de rue, « ça fait du bien de se remettre dans des énergies généreuses et nombreuses » admet Aude. Une bonne humeur et une convivialité que les participants espèrent retrouver lorsque ces lieux rouvriront à partir du 19 mai. 

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