Ils s’appellent Corto Koller et Loïc Bricka. L’un est peintre et dessinateur, l’autre était poète et scénariste. Artistes de la première heure, tout deux se sont lancés il y a quatre ans déjà dans l’écriture commune d’une bande dessinée muette. Un objet illustré comme une expérience cinématographique sur papier, une BD qui n’a que pour seule voix le dessin. Le pitch ? Un voyage dans l’intimité d’un billet de banque. Une œuvre à contempler et à vivre à travers le regard croisé de deux amis unis par le rêve, l’imaginaire et la poésie du coup de crayon. On vous présente « La vie d’un billet de banque », la première publication de Loïc et Corto.



L’histoire d’un billet de banque, une bande dessinée à contempler

Un univers onirique, des personnages presque cartoonesques, des traits de crayons de couleurs aussi subtils qu’abrupts : dans cette bande dessinée, c’est tout un univers surréaliste qu’il nous est donné de contempler. On entre dans un monde silencieux où les dimensions changent, où le billet de banque propre à chaque culture passe de main en main et de poche en poche. Ici, le billet voyage et nous transporte à travers le mouvement des scènes à la manière d’une caméra. Zoom, dé-zoom, contre-champ, contre-plongée, traveling avant, arrière, ce petit bout de tissu imprimé nous emmène avec lui entre les scènettes, comme un fil d’Arianne que chaque personnage voudrait tirer égoïstement vers soi.

Dans cet univers fantasque teinté d’exagération et de métamorphose, le coup de crayon de Corto et les couleurs qu’il apporte à ses personnages éphémères accrochent le regard. Ils nous plongent dans le vif du moment et chaque planche devient une forme d’œuvre d’art à part entière. Les couleurs, sur ce papier blanc, font transpirer chaque émotion, chaque hurlement, et finalement chaque sentiment. Et au milieu de tout ça, il y a nous les lecteurs, notre regard et surtout notre interprétation. Pourquoi faire parler des personnages si on peut leur faire dire ce que l’on veut ? Quelle belle idée. Finalement, Loïc et Corto nous proposent une fenêtre sur notre société, une forme de réflexion satirique douce, sans forcément montrer du doigt qui que ce soit, sans hurler au complot capitaliste mondial. On se balade ici assez simplement, dans une comédie noire rythmée par les pérégrinations d’un billet dont on ne perd jamais la trace.

© Bastien Pietronave / Pokaa


L’histoire croisée de Corto et Loïc


Il y a quatre ans déjà, fin 2017, Loïc et Corto écrivent, dessinent et échangent comme à leur habitude sur un potentiel projet artistique commun. Un rêve de potes qu’ils entretiennent presque silencieusement. L’un dans son atelier, l’autre dans sa chambre. Cette nuit-là, ils sont ensemble, ils partagent des esquisses et des dessins inachevés, des scénarios et d’innombrables idées. Autour d’une bière et d’un gueuleton, ils trouvent l’inspiration parfois, ils divaguent, souvent.

Mais un soir Loïc parle à Corto d’un scénario muet, celui de la vie d’un billet de banque. Un objet lyrique qui serait universel puisque sans texte, sans langue, une histoire commune à toutes les époques et à tous les Hommes. Tout le monde a déjà imaginé le passé et le futur d’un billet de banque tenu entre ses mains, pas vrai ? L’idée est naissante et les deux potes la gardent religieusement dans un coin de leur mémoire. Et puis ils retournent au travail, l’autre travail, l’un en tant que cuisinier au Philibar près de la gare, l’autre à L’Atelier du coté l’avenue des Vosges. Pas facile de se voir avec ce métier.

Et puis un jour la pandémie survient et les deux potes s’éloignent, chacun se renferme et fait vivre son art dans sa bulle, chacun chez soi. Les mois passent et le déconfinement arrive, le scénario de la BD était imaginé, les premières planches étaient posées et un jour Loïc disparait. « Il fallait que je continue et que je termine, c’était obligé. Cette création, c’est la sienne et c’est désormais la nôtre, ce projet c’est bien plus qu’une simple bande dessinée, c’est un hommage, » nous raconte Corto.



Une première bande dessinée à soutenir

L’histoire d’un billet de banque, c’est la première publication des deux artistes. Sur la page de financement participatif qu’ils ont lancé pour faire vivre leur projet, tous les deux ont reçu de nombreux soutiens et leur cagnotte est arrivée à son terme. Aujourd’hui, la bande dessinée est enfin terminée et elle sera bientôt éditée par Copy Média. Elle verra le jour au courant du mois de juin. Grace à pas moins de 122 donateurs le projet de Loïc et Corto sera palpable, enfin, 4 ans après les premiers traits déposés sur le papier.

La cagnotte est encore ouverte jusqu’au 7 mai et les dons sont encore possibles jusqu’à cette date. Davantage de soutiens, c’est plus de tirages et plus de force pour Corto et Geoffrey, son frère jumeau, qui chapeaute le projet avec la force et l’engouement qu’on imagine. Tous les deux promettent de réunir tous les donateurs lors d’une soirée-exposition qui aura lieu lorsque la pandémie le permettra. Ce sera un moment pour échanger, festoyer, picoler un bon coup et s’envoyer un bon gueuleton entre copains. Un moment que les deux potes attendent avec impatience pour remercier celles et ceux qui soutiennent le projet et qui font désormais vivre l’histoire de ce facétieux billet.

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L’histoire d’un billet de banque

Par Loïc Bricka et Corto Koller

>> Soutenir le projet <<

La page Instagram de Corto Koller


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