La veille du 1er avril, on aurait pu croire à une blague prématurée, mais il n’en est rien. Ce mercredi soir, pour la première fois de 2021, Emmanuel Macron s’avance devant les Françaises et les Français pour une allocution solennelle à 20h. Un moment que beaucoup d’entre nous attendent, dans la crainte et l’appréhension d’un nouveau resserrement de nos libertés. Dans la journée, de nombreuses hypothèses ont défilé. Face à l’envolée de la crise sanitaire, à Strasbourg comme ailleurs, le président de la République, qui voulait tout gérer tout seul, se retrouve à devoir prendre à nouveau des décisions. Qu’est-ce qui a été acté, pour notre ville comme notre pays ? On fait le point.

Strasbourg à nouveau reconfinée pour au moins 4 semaines

« Ces dernières semaines nous faisons face à une nouvelle donne : depuis les premiers jours du mois, nous sommes entrés dans une course de vitesse », constate le président de la République. Une course de vitesse que le pays est en train de perdre, ce que n’avoue pas le chef de l’État mais ce qui justifie de nouvelles mesures dans la France entière. Très concrètement, ce qui avait été décidé pour une petite vingtaine de départements il y a deux semaines est désormais la norme. Comme l’annonce Emmanuel Macron, « les règles qui sont en vigueur dans les 19 départements en vigilance renforcée vont être étendues à tout le territoire métropolitain, dès ce samedi soir, et pour quatre semaines ».

Du 3 avril au 2 mai, Strasbourg sera donc sous confinement. Qu’est-ce que cela va changer dans nos vies ? Tout d’abord, les déplacements interrégionaux seront interdits sauf motifs impérieux ou professionnels à partir du lundi 5 avril, le lundi de Pâques. Les commerces dits non-essentiels seront fermés. Rappelons d’ailleurs que les librairies sont désormais considérées comme essentielles. Ensuite, vous n’aurez pas besoin d’attestations pour vous déplacer, le tout dans un rayon de 10km autour de votre domicile en journée. Enfin, comme le rappelle le chef de l’État, « le couvre-feu à 19 heures sera maintenu partout et le télétravail sera systématisé et j’appelle tous les employeurs et les télétravailleurs à y avoir recours à chaque fois qu’ils le peuvent« , ajoute Emmanuel Macron.

Capture d’écran du live Franceinfo du 31 mars 2021


Une fermeture des écoles jusqu’au 3 mai et un avancement des vacances scolaires

L’une des grandes fiertés du gouvernement français était d’avoir maintenu les écoles ouvertes pendant très longtemps. Mais avec la situation sanitaire qui s’aggrave, il a fallu prendre des décisions supplémentaires. Désormais, comme l’annonce le président de la République : « Nous allons fermer durant trois semaines les crèches, les écoles et les lycées ».  Avec un calendrier qui sera « adapté« , comme le précise toutefois Emmanuel Macron. Ça veut dire quoi ?  Concrètement, la semaine prochaine, « les cours pour les écoles, collèges et lycées se feront à la maison, sauf pour les enfants des soignants et de quelques autres professions qui seront accueillies, de même que les enfants en situation de handicap ». La semaine du 6 au 9 avril se fera donc à distance et à la maison.

À partir du 12 avril, la France entière sera placée en vacances de printemps, et ce pour deux semaines. Ce qui donne une rentrée 26 avril, en présentiel pour les primaires et maternelles, en distanciel pour le reste. La semaine d’après, celle du 3 mai, les lycéens et les collégiens pourront revenir, avec des jauges qui seront « adaptées », comme le précise le chef de l’État. Quant à eux, les étudiants pourront continuer s’ils le souhaitent, à se rendre à l’université « pour une journée par semaine ».


La situation économique

Forcément,  la fermeture des écoles va chambouler la vie de pas mal de parents. À ce sujet, le chef de l’État annonce que « les parents qui devront garder leurs enfants, et qui ne pourront pas télétravailler, auront droit au chômage partiel ». Il précise également que, « pour les salariés, commerçants, les indépendants, les entrepreneurs et les entreprises, tous les dispositifs actuellement en vigueur seront prolongés »


L’accélération du calendrier de vaccination

Véritable cheval de bataille pour sortir de la crise sanitaire, la vaccination a « pris du retard » comme le concède le chef de l’État. Qui embraye rapidement sur le mois d’avril qui s’annonce décisif dans cette course contre la montre : « Nous mettons tous les moyens pour vacciner, vacciner sans répit, sans jours fériés. Le samedi et le dimanche, comme la semaine. » Pour réaliser cet objectif, ce seront « au total, 250 000 professionnels, médecins, pharmaciens, sapeurs pompiers, infirmiers, vétérinaires », qui sont aujourd’hui « prêts à contribuer à ce grand effort national » comme l’explique Emmanuel Macron.

Le calendrier de vaccination de ces prochains mois commence par ailleurs doucement à prendre forme.  En effet, « une stratégie de vaccination spécifique sera prévue pour toutes les professions les plus exposées, en particulier nos enseignants, mais aussi nos forces de l’ordre », comme le précise le président de la République. Cela devrait se faire à la mi-avril. Un mois plus tard, à partir du 15 mai, « les premiers rendez-vous seront ouverts pour nos concitoyens qui ont entre 50 et 60 ans. Et, à partir de la mi-juin, les rendez-vous seront ouverts à l’ensemble des Françaises et des Français de moins de 50 ans », ajoute Emmanuel Macron. Le tout pour arriver, d’ici la fin de l’été, à ce que « tous les Français de plus de 18 ans qui le souhaitent » puissent être vaccinés.

© Mathilde Piaud pour Pokaa


Des perspectives de réouverture du pays fixées à la mi-mai

La vaccination représente en effet « la clé pour renouer avec la ville, la clé pour rouvrir notre pays ». Et à ce sujet, le chef de l’État ne s’est pas privé pour nous donner un cap de sortie de crise, qui est fixé à la mi-mai, comme l’année dernière. À ce stade, « nous recommencerons à ouvrir avec des règles strictes certains lieux de culture, nous autoriserons sous conditions l’ouverture de terrasses et nous allons bâtir entre la mi-mai et le début de l’été, un calendrier de réouverture progressive pour la culture, le sport, le loisir, l’événementiel, nos cafés et restaurants ». On est toujours dans du flou, mais cela reste un cap qui fait plaisir à voir.

Depuis quelques mois maintenant, on attend des réponses claires de la part de celles et ceux qui nous dirigent. Perpétuellement engoncés dans un entre-deux sanitaire qui donne l’impression d’être là pour sauver les apparences, nos existences se résument en une lassitude qui rend compliqués les moments où l’on peut se projeter. Un an plus tard finalement, rien n’a changé et l’on redevient confinés. Une aventure de plus dans nos existences covidées.

1 commentaire

  1. Hello,
    donc si on résume, un strasbourgeois n’a pas besoin d’attestation, peut se réunir à moins de 6 et peut s’installer sur les quais pour boire du jus de pomme ? 😉

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