Située à seulement 20 minutes de Strasbourg, la petite commune d’Achenheim compte parmi ses habitations un tout nouvel hôtel haut-de-gamme flambant neuf. Plutôt sélectif, l’établissement est réservé à une clientèle très spéciale : les félins des Strasbourgeois. On est allé à la rencontre de Florence, la maîtresse de maison, qui nous a fait découvrir les coulisses de son charmant petit hôtel pour chats.



© Les P’tits Pattons

Depuis son plus jeune âge, Florence est entourée de chats. Et après avoir consacré une bonne partie de sa carrière à la grande distribution, elle a finalement décidé de se lancer dans un projet un peu fou : ouvrir un hôtel pour chats.L’idée m’est venue de ma propre expérience. Je voulais partir en vacances et je n’avais personne pour garder mes chats. J’ai demandé à mon voisin, qui n’était pas vraiment fan des chats. En rentrant, mon chat avait grossi, j’avais de la litière et des poils partout. Je me suis dit qu’il manquait quelque chose comme réponse à cette problématique pour les propriétaires de chats.” explique-t-elle.

Alors quand la passionnée de chats a eu l’opportunité de quitter la société qui l’employait, c’est tout naturellement qu’elle a décidé de concrétiser son projet :Mes chats, c’est mes bébés. Et je sais que c’est souvent la même chose pour les autres propriétaires. En faisant cette activité là, c’est pas pour m’enrichir mais pour faire quelque chose qui me plaît. Florence a ouvert les P’tits Pattons en septembre dernier et se donne une année pour retomber sur ses pattes.

© Caroline Alonso / Pokaa


Les P’tits Pattons, c’est quoi le principe ?

Florence en est persuadée : Aujourd’hui, les gens ont envie d’avoir des choses personnalisées, pour eux et pour leurs animaux de compagnie. Et le faut aussi d’être chez moi, fait que je suis toujours sur place et que je peux adapter mes horaires en fonction.” Car oui, c’est au sein de sa résidence principale que la passionnée de chats a décidé de dédier un espace à son activité. Dans le sous-sol de la maison, on découvre un espace de jeux pour que les félins puissent se dépenser, ainsi que cinq chambres individuelles qui contiennent tout le confort nécessaire pour gâter son minou. Petit lit douillet, pont suspendu, jonc de mer au mur, litière et gamelles personnelles, mais aussi écran télé, aucun doute il y a de quoi faire ! Et ce n’est pas Philibert le pensionnaire du week-end, qui dira le contraire. 

Les luminaires installés permettent de s’adapter aux différents moments de la journée, jusqu’à simuler l’aube pour adoucir les matinées. Quant aux fameux écrans télé disposés dans chacune des chambres, ils permettent à Florence de diffuser des musiques zen ou bien des jeux, selon l’humeur des occupants. Et pour inciter les félins à nouer des liens d’amitié, des chatières communicantes sont également placées entre chaque chambre. Néanmoins Florence précise : “Si je dois m’absenter, chacun est placé dans sa chambre, chatière fermée. Et pour le soir, c’est pareil. Même si on s’adapte en fonction des saisons. En été par exemple, on veillera bien plus tard.Les chats ont également accès à plusieurs espaces extérieurs, l’un où ils pourront s’abriter et l’autre pour profiter du beau temps.

Avant la date fatidique, les propriétaires sont priés de signer un contrat, les conditions générales de l’hôtel et de remplir la fiche de renseignements. C’est notamment cette dernière qui permet la prise en charge personnalisée de chaque chat présent aux P’tits Pattons. Régime alimentaire, habitudes et comportement, la fiche comprend de nombreux détails à renseigner pour que la maîtresse de maison connaisse tout des matous à choyer.Quand j’en ai plusieurs, je suis évidemment plus souvent présente pour les observer, voir qui s’entend bien avec qui. De toute manière, je descends régulièrement. Mais il n’y a pas de journée type, c’est vraiment en fonction de leur caractère.” explique-t-elle.


Combien ça coûte d’être choyé de la sorte ? 

Pour séjourner aux P’tits Pattons, il n’y a pas de période minimale obligatoire. Mais Florence précise toutefois : “Si on pense au bien-être du chat, le déplacer pour seulement deux jours ça peut parfois être trop stressant à vivre pour une période aussi courte. Certains vont donc préférer rester chez eux, d’autres non, c’est en fonction de l’animal.Pour une chambre individuelle “all inclusive” il faudra alors compter 20 euros la nuitée si le séjour n’excède pas sept jours, 19 euros pour huit à 15 nuitées d’affilée et 18 euros pour 16 à 29 nuitées consécutives. Enfin, Florence propose aussi un pack de 30 nuitées, à consommer au gré des besoins pendant un an. L’offre est également valable pour une chambre double, dans laquelle s’installeront deux chats de la même famille. 

Mais alors que comprend la mention “all inclusive” ? À l’hôtel des P’tits Pattons, chaque pensionnaire a le droit à sa petite soupe aux filets le matin pour bien démarrer la journée, ainsi qu’à des croquettes à volonté, à un accès extérieur, à des jeux, à un écran de télévision, et pour les maîtres des nouvelles quotidiennes par messages. Et pour ceux qui voudraient satisfaire les plus goinfres, des repas spéciaux et des friandises sont proposés à la carte du Cats’bar. 


Prévenir les éventuels soucis 

Pour garantir la sécurité de tous les pensionnaires, Florence demande à ses résidents de venir castrés ou stérilisés et avec tous leurs vaccins à jour. Un anti-puces doit également avoir été administré avant le séjour ou bien il sera donné dès l’arrivée du félin. Quant à ceux qui auraient besoin de suivre un traitement pendant le temps d’accueil, la maîtresse de maison se dit prête à donner un cachet mais ne pourra pas prendre en charge des injections. Et en cas de souci de santé ou d’une urgence non anticipée, Florence n’hésitera pas à foncer chez le vétérinaire référent ou bien au plus proche selon la gravité de la situation : “En général, j’ai le vétérinaire référent qui est précisé sur les carnets. Et en cas d’urgence je file au plus proche, chez le mien, il est à même pas cinq minutes.

© Caroline Alonso / Pokaa

Côté sociabilisation, l’hôte est attentive aux personnalités de chaque pensionnaire et s’y adapte afin que son séjour se passe pour le mieux : La dernière fois, j’avais deux femelles qui ne pouvaient pas se voir ! Alors dans ce cas, on alterne les sorties, on fait des roulements, pour que chacun profite autant du lieu.Parfois aussi Florence utilise ses connaissances pour tenter de changer des comportements de chats agressifs ou bien craintifs : “J’avais une chatte qui était agressive, mais c’est simplement qu’elle avait très peur. Elle était extrêmement peureuse et son maître n’avait jamais eu de chat avant. Il ne l’a pas reconnu quand il est revenu la chercher ! Je lui ai donné quelques conseils. Dans un futur proche, Florence projette aussi de suivre une formation de comportementaliste pour chats.


Les p’tits plus

En complément des séjours à l’hôtel, Florence et son compagnon confectionnent et proposent à la vente quelques équipements, comme des petits jouets très résistants, imprégnés de cataire, une plante aromatique aux propriétés euphorisantes, aussi appelée menthe à chat. Ou encore des petites banquettes maison construites en bois et avec coussin personnalisable, pour que les matous puissent s’y reposer.

Mais pour pouvoir s’en sortir même en période de faible affluence, Florence propose aussi d’autres services comme la visite d’animaux à domicile jusqu’à 30km de chez elle, les promenades de chiens lorsque leurs maîtres ne peuvent pas le faire, ou encore le pet taxi : “Si demain vous devez, par exemple, emmener en urgence votre chat chez le vétérinaire, je peux venir le chercher et l’amener. S’il y a un temps d’attente je patiente une demi-heure et sinon je repasse le chercher plus tard.

© Caroline Alonso / Pokaa

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