Depuis le 23 janvier, tous les étudiants français peuvent demander deux fois par jour un repas à emporter à 1 euro dans les restaurants universitaires. Ce dispositif a augmenté le nombre de bénéficiaires des établissements strasbourgeois, pour atteindre l’affluence d’avant la crise sanitaire et des cours à distance. Nous avons interrogé des étudiants qui se disent tous satisfaits de la mesure. Certains d’entre eux estiment tout de même que les quantités distribuées ont diminué.


Suite aux nombreuses interpellations des étudiants quant à leur situation financière, le 21 janvier dernier, depuis l’université Paris Saclay, Emmanuel Macron annonçait qu’ils auraient tous accès, dans les restaurants universitaires, à deux repas par jour leur coûtant chacun 1 euro. Dès le 23 janvier, le dispositif était en place à Strasbourg. Sarah Boos, responsable de la communication du Crous Strasbourg, raconte : « On n’avait pas été prévenu par le gouvernement avant l’annonce du président. Il a fallu s’adapter rapidement, en anticipant l’afflux de nouveaux bénéficiaires. »

5 restaurants universitaires ouverts à Strasbourg et environ 5 500 repas distribués tous les jours en Alsace

Sur la petite vingtaine de restaurants et cafétérias gérés par le Crous, 5 sont ouverts en cette période de crise sanitaire, et distribuent des repas à emporter à 1 euro : le restaurant Paul Appell, le restaurant Illkirch, le restaurant Cronenbourg, le restaurant Esplanade et le restaurant Gallia. Tous sont ouverts de 11h à 13h45 du lundi au vendredi. Le Restaurant Paul Appell, 23 rue du Jura, est le seul site ouvert le soir du lundi au vendredi, de 16h30 à 18h. C’est aussi le seul restaurant ouvert les samedis et dimanches midi de 11h30 à 13h45. Les soirs de week-end, il n’y a pas de point de dépôt.

Selon la communicante du Crous, à Strasbourg, la fréquentation des restaurants universitaires avait baissé de 50% de septembre 2020 à janvier 2021, par rapport à la même période de l’année précédente. Depuis la réduction du prix des repas, leur fréquentation a fortement réaugmenté jusqu’à atteindre la même affluence qu’avant la crise sanitaire, malgré les cours à distance. « Notre activité à Strasbourg a donc doublé très soudainement », commente Sarah Boos.

Le resto U Paul Appell. © Thibault Vetter

Au restaurant Paul Appell, le 20 janvier – donc avant les repas à 1 euro -, 789 repas ont été distribués dans la journée. Depuis la réduction du prix des repas, en moyenne, 1 000 étudiants ont cherché des repas à midi et 600 le soir, soit 1 600 repas distribués par jour. « On a donc une augmentation de plus de 800 repas distribués tous les jours rien que sur ce restaurant, c’est très conséquent, on sent bien que cette mesure était nécessaire« , analyse Sarah Boos.

D’après le Crous, dans toute l’Alsace, ce sont environ 5 500 repas qui sont distribués tous les jours dans des restaurants universitaires depuis la mesure, soit le même chiffre qu’avant la crise sanitaire, contre la moitié pendant les mois précédents les repas à 1 euro. Pour rappel, l’université de Strasbourg à elle seule, compte 60 000 étudiants.

« Si la quantité n’est pas suffisante, les étudiants peuvent demander du rab »

Les jours qui ont suivi la mise en place de la mesure, des témoignages émanant de toute la France sont apparus sur les réseaux sociaux, critiquant la qualité des repas et les portions servies :

Nous avons posé la question à des étudiants strasbourgeois pour connaitre leur ressenti quant aux repas distribués dans la capitale alsacienne. Ils cherchent tous régulièrement leur repas au Restaurant Paul Appell ou celui de l’Esplanade.

Sur 10 personnes interrogées, 5 estiment que la qualité et la quantité sont restées identiques. 3 éprouvent que certains repas sont moins bien garnis en quantité depuis la mesure gouvernementale. Les deux derniers trouvent que les portions ont diminué presque systématiquement depuis la fin janvier. Mais tous insistent sur le fait que la mesure les aide beaucoup. C’est le cas par exemple de Mathieu*, étudiant en biologie, qui vient chercher « au moins une box par jour », depuis qu’il a accès au repas à 1 euro : « C’était une mesure nécessaire qui nous soulage beaucoup. C’est quasiment impossible de trouver un job étudiant en ce moment, donc financièrement, la situation est tendu. Parfois, la sortie au resto U pour chercher le repas est la seule respiration de la journée. On espère que ça va continuer. »

Jointe par téléphone, Virginie Rivière, secrétaire générale de la CGT Crous Strasbourg et salariée du restaurant universitaire du campus de Cronenbourg, explique qu’il n’y a eu « aucune consigne de diminution des quantités », et que elle et ses collègues « continuent à servir les étudiants de la même manière ». Évidemment, elle n’exclut pas que des erreurs ont pu être commises « avec l’afflux de nombreux étudiants et la difficulté logistique que représente le service à emporter dans des box ». Mais globalement, « les retours des étudiants sont positifs », selon elle. Aussi interrogée sur le sujet des quantités, la responsable communication du Crous répond :

« Pour financer les repas à 1 euro, la dotation de l’État augmente en conséquence donc il n’y a pas de raison pour que les quantités baissent. Nous faisons les commandes en fonction du nombre de personnes qui viennent et nous gardons une marge de manœuvre pour nous adapter en cas d’arrivée massive d’étudiants. C’est le métier des professionnels des restaurants universitaires que de savoir faire face à un afflux important et soudain d’étudiants. Peut être que le remplissage des box en avance a pu causer des portions plus petites. Si des étudiants ont peur de ne pas avoir assez à manger, ils peuvent toujours ouvrir leur box et demander du rab.« 

© Thibault Vetter

*Le prénom a été modifié

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