Après avoir exercé dans plusieurs quartiers strasbourgeois au cours de ces dernières années, l’équipe Tinta a finalement élu domicile en décembre dernier dans les anciens locaux de la célèbre Popartiserie. Avec un si bel espace à occuper, le salon peut enfin s’étendre et cumule aujourd’hui différentes activités avec : un barbershop, un salon de tatouage et un peu d’esthétique. Mais Tinta, c’est avant tout un lieu qui cultive l’ouverture et arbore fièrement des valeurs inclusives et ça, ça fait du bien. On vous invite à découvrir ce petit bijou joliment agencé qui permet aux Strasbourgeoises et aux Strasbourgeois, de soigner leur apparence, dans un lieu plein de bienveillance.


Tinta, “encre” en portugais, c’est une aventure qui a commencé en 2011, à la Petite France avec Mouss et Jessy. D’abord uniquement dédié au tatouage, le salon s’est finalement déplacé dans le quartier de la Krutenau pour accueillir Célestine, la sœur de Mouss, et ainsi ajouter un espace coiffeur et barbier au local. Mais l’envie de grandir se fait vite à nouveau ressentir. Alors, en décembre dernier, Tinta change encore de quartier. L’équipe s’installe alors dans les anciens locaux de feu la Popartiserie et sept membres permanents s’y côtoient. Si Mouss et sa sœur sont toujours au cœur du projet, des petits nouveaux ont fait leur apparition parmi lesquels Diana alias Sacro Corpus à l’esthétique, Alex en tant que barbier, mais aussi Zioumi et Acide Amer pour l’espace tatouage. 

© Caroline Alonso / Pokaa


Un lieu, trois espaces

S’il n’a pas été facile de convaincre les propriétaires d’oublier les aprioris qui collent à la peau du monde du tatouage, l’équipe a finalement pu investir les lieux dont elle rêvait, avec assez de place pour tout le monde et deux espaces distincts : un pour le barbershop et un pour le salon de tatouage. Mais c’est en fait trois univers différents qui composent Tinta. Le coiffeur et barbershop qui propose des coupes, rasage, soin du visage et entretien de la barbe ; le salon de tatouage avec les postes de travail de Mouss, Zioumi et Acide Amer, ainsi qu’un poste réservé aux tatoueurs guest ; et enfin un espace dédié à l’esthétique avec Sacro Corpus, au sein duquel Diana offre des prestations telles que le rehaussement de cils, le microblading, la restructuration de sourcils, ou encore le tatouage de tache de rousseur.


Des tatoueurs aux univers bien différents

Chacun des trois tatoueurs permanents de Tinta a une approche singulière de l’art du tatouage et mobilise un univers qui lui est propre. On peut donc choisir de se faire piquer par Mouss : “J’aime beaucoup travailler l’ornemental et les motifs sacrés. Et je ne travaille quasiment qu’en noir et gris. Je suis surtout inspiré par l’univers bouddhiste et hindouiste.” Ou bien par Zioumi, qui précise : “Dans les grandes lignes, je fais plutôt du néo-traditionnel donc des choses assez colorées. J’aime mixer des inspirations comics et BD avec un univers Art déco en combinant ces deux styles. Et pour ceux qui se laisseraient tenter par la technique ancestrale du hand poked tattoo, autrement dit un tatouage réalisé entièrement à la main, sans machine, Acide Amer en a fait sa spécialité : “Je ne travaille qu’avec du noir et du gris et je fais aussi du pointillisme, ce qui fonctionne bien avec le hand poked. Je m’inspire du rock au sens large, du punk et un peu du macabre aussi.


Mais si chaque artiste a un style bien défini, tous se disent prêts à échanger sur tout type de projets, du plus simple au plus original. On propose tous des flash mais on peut s’adapter à la demande des clients, à condition que ça corresponde à notre style et dans la mesure où on sait le faire. Ou alors, on redirige la personne vers le tatoueur qui lui correspond le mieux. explique Acide Amer. Par ailleurs, le salon reçoit régulièrement des guest. Ce mois-ci, c’est l’artiste mauricien Danilo Frankie qui posera ses valises à Strasbourg jusqu’en avril, pour proposer ses services. Et à l’avenir, l’équipe espère bien pouvoir organiser des journées flash pendant les beaux jours, ou même une inauguration, si le contexte sanitaire le permet enfin.


Un coiffeur/barber aux antipodes des salons traditionnels

À la tête du barbershop, Célestine le reconnaît : “Le principe de départ des barber, c’est d’être spécialisés dans les coupes et rasages pour homme.Pourtant, à la différence des barber traditionnels, elle a choisi de servir aussi bien les femmes que les hommes : “Je suis moi-même une fille donc j’estime que je ne me vois pas couper les cheveux qu’aux garçons.” En tant que cliente, elle se souvient avoir souvent dû passer son chemin lorsqu’elle voulait se rendre dans un barber. Chez Tinta, c’est donc dans un barbershop non genré où les clients mettent les pieds.On le précise pour que les gens sachent qu’ils ne sont pas acceptés ou refusés en fonction de leur genre et on cultive ça pour ne pas mettre les gens mal à l’aise au sujet de leur identité de genre.” précise Célestine.


Mais alors dans la pratique, qu’est ce que ça change finalement ? Et bien ça veut dire qu’il n’y a pas de coupes uniquement destinées aux hommes ou aux femmes. Célestine et Alex ne préjugent pas de ce qui devrait convenir davantage à l’un ou à l’autre de leur client en fonction de leur genre. Souvent, on te montre des photos de coupes liées à ton genre, alors que ce qui est important, c’est juste que la coupe aille bien à la personne et de trouver celle avec laquelle elle se sentira le mieux. indique la gérante. Même si, il faut le préciser, le salon est plutôt spécialisé dans les coupes courtes structurées et les styles rétro ou anglo-saxon. L’autre différence de taille, c’est le prix. Les tarifs des prestations sont les mêmes peu importe le genre : “Ce qui compte, c’est la quantité de travail, les produits, etc.” Un principe d’égalité, qui est loin d’être appliqué dans la plupart des salons de coiffure.

Alex et Célestine.


Des valeurs inclusives fièrement affichées

Le slogan Queer family business qui accompagne le nom de l’enseigne donne déjà une petite idée des valeurs défendues par l’équipe de Tinta. Mouss le rappelle : “Queer à la base, c’était un terme péjoratif que la communauté LGBTQI+ s’est réapproprié. Ça représente toutes les minorités de genre et d’orientation sexuelle.” Célestine ajoute : On revendique fièrement ce côté-là. C’est aussi pour faire un pied de nez à ce côté très viril et pas vraiment inclusif qui est souvent présent dans les barber et dans le monde du tatouage. Mouss reconnaît aussi que cela permet par la même occasion de faire le tri et d’éviter de recevoir des personnes seraient opposées à ces valeurs et a contrario d’ouvrir les portes à celles et ceux qui n’auraient pas osé entrer dans un salon classique. Et c’est d’ailleurs avec cette même ouverture et cette bienveillance que le frère et la sœur ont choisi les autres membres de l’équipe.


Qu’il s’agisse de la décoration intérieure ou bien de la vitrine, plusieurs éléments rappellent les engagements du salon. Identifier Tinta comme un lieu “safe” au centre-ville, soit un espace ouvert à la communauté LQBTQI+ où tout le monde peut se sentir en confiance sans être jugé ou stigmatisé, c’est essentiel pour Mouss, qui regrette : “C’est important, parce qu’il y a quedal à Strasbourg.” Et en effet, on ne peut que se réjouir de telles initiatives qui restent malheureusement trop peu nombreuses. 



Tinta Strasbourg

3 Rue de l’Ail, 67000 Strasbourg

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