Depuis le 17 décembre, la Fondation de l’Œuvre Notre-Dame ainsi que dix-sept autres ateliers de cathédrales et d’églises sont inscrits au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO, plus précisément, sur le registre des bonnes pratiques de sauvegarde. Une reconnaissance de plus de nos savoir-faire locaux. 


Accompagnée de dix-sept autres ateliers européens, la Fondation de l’Œuvre Notre-Dame de Strasbourg est inscrite depuis le 17 décembre dernier au patrimoine culturel immatériel des bonnes pratiques de sauvegarde. La candidature portait sur les savoir-faire, la transmission et les nouvelles techniques mis en œuvre par des ateliers de cathédrales et grandes églises situés en France, mais aussi en Suisse, en Autriche, en Allemagne ainsi qu’en Norvège. 

© Caroline Alonso / Pokaa


Les bonnes pratiques de l’UNESCO : quézako

Pour rappel, le patrimoine immatériel est une notion apparue en 2003. À l’époque, l’UNESCO se rend compte que la sauvegarde de la culture ne passe pas seulement par la conservation des édifices, mais concerne également les savoir-faire. Trois catégories sont ensuite créées pour inventorier le patrimoine immatériel :  la liste du patrimoine immatériel nécessitant une sauvegarde urgente, la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité, et enfin, le registre des bonnes pratiques de sauvegarde, qui met en avant certaines pratiques pour leur exemplarité et qui incite à les reproduire ailleurs.

Depuis 2009, ce sont près d’une quinzaine de bonnes pratiques de sauvegarde qui ont été ajoutées au registre et c’est dans cette dernière catégorie que figure aujourd’hui “les techniques artisanales et les pratiques coutumières des ateliers de cathédrales, ou « Bauhütten », en Europe, savoir-faire, transmission, développement des savoirs, innovation” qui sont mises en œuvre au sein de la Fondation de l’Œuvre de Notre-Dame. 

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La fondation de l’Œuvre de Notre-Dame c’est quoi ? 

La Fondation de l’Œuvre est tout aussi ancienne que la cathédrale de Strasbourg puisqu’elle se consacre à l’édifice depuis maintenant près de 800 ans. Sur la base d’une gestion tripartite qui réunit la maire, la préfète et l’archevêque de Strasbourg, elle veille à sa conservation et à sa restauration grâce à un atelier qui est en activité depuis que le bâtiment a été érigé. À Strasbourg, l’atelier qui regroupe des apprentis et des maîtres-d’œuvre se compose d’une trentaine de personnes qui travaillent au sein même de la Fondation de l’Œuvre de Notre-Dame, soit au plus proche de l’édifice.

La particularité de notre atelier local, c’est aussi d’être sous la tutelle de la Ville et d’entretenir ce lien laïc depuis le Moyen Âge. Tous les professionnels qui y travaillent sont donc considérés comme des personnels de l’Eurométropole de Strasbourg et ont donc le statut de fonctionnaires territoriaux. Chaque année, le budget de fonctionnement global de la fondation s’élève à près de 3,5 millions d’euros. Une somme colossale qui repose sur trois types de ressources : l’exploitation du patrimoine reçu en héritage depuis le Moyen Âge soit 1 000 hectares de terre, l’exploitation touristique, mais aussi les subventions allouées par la Ville tous les ans.

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Que faut-il préserver ? 

Préserver les bonnes pratiques qui sont mises en œuvre par la fondation d’accord, mais de quoi s’agit-il concrètement ? Ces fameuses « bonnes pratiques », c’est avant tout la collaboration entre les différents ateliers, afin de partager l’expérience accumulée durant plusieurs siècles. Mais aussi la transmission des savoir-faire en faisant perdurer les techniques artisanales traditionnelles, tout en utilisant les dernières connaissances notamment sur le travail de la pierre, du bois ou du métal. À Strasbourg par exemple, on comble les fissures afin de gagner en solidité, à Vienne, les sculptures sont travaillées au laser et Cologne est la seule ville à avoir un atelier consacré au vitrail.

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Enfin, la mesure de sauvegarde la plus importante concerne donc la formation professionnelle, soit l’apprentissage des sculpteurs ou encore des tailleurs de pierres. Chaque année, ce sont deux à trois apprentis qui viennent se former à l’atelier de la fondation de l’Œuvre de Notre-Dame. Et pour transmettre ces pratiques de génération en génération, les professionnels s’appuient sur une collection documentaire d’une richesse exceptionnelle, constituée et enrichie depuis le XIIIe siècle. La collection des moulages de la cathédrale de Strasbourg, appelée la gypsothèque, a permis et permettra dans le futur aux maîtres-d’œuvre, de conserver une image fidèle de la cathédrale.

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